Interview Glodé Francelin

 « Voici pourquoi je suis candidat contre Guillaume Gbato »

 Sauf changement de dernière minute, le Syndicat national de la presse privée de Cote d’Ivoire (SYNAPP-CI) sera en congrès électif les 6, 7 et 8 avril 2012 à Abidjan. Avant cette cérémonie, votre site préféré a rencontré, Francelin Glodé le seul candidat déclaré pour l’heure contre le sortant Guillaume Gbato.

Vous êtes membre du Bureau exécutif national du SYNAPP-CI et de l’administration de Mayama éditions et productions. Vous avez récemment démissionné de ces différents postes. 

Qu’est ce qui explique cela. 
Avez-vous d’autres ambitions ?
 
Il faut dire que j’étais le premier secrétaire général adjoint du bureau exécutif national du SYNAPP-CI. J’étais également le Responsable des ressources humaines de Mayama Editions et Productions. J’ai démissionné de ces différents postes, respectivement le 07 février et 20 février derniers. 
Pour revenir à la deuxième partie de votre question, je suis candidat au poste de secrétariat général du SYNAPP-CI. 

Qu’est-ce qui motive votre candidature ? 
Vous avez constaté avec moi que, les journalistes ont été abandonnés par leur syndicat. 
Beaucoup d’entre eux se sont tournés vers le Comité ivoirien de Protection des journalistes (CIPJ) pour défendre leurs causes en cas de violation de leurs droits. 
Les problèmes fondamentaux qui concernent leur vie ont été oubliés. Bref, le Syndicat n’a existé que pour faire des déclarations dans la presse et encaisser des chèques. 
C’est donc pour mettre fin à tout cela et permettre au SYNAPP-CI d’être un véritable outil de défense des intérêts de ses syndiqués que je suis candidat. Je vais amener le SYNAPP-CI (si Dieu le veut) à être proches des travailleurs, à être à leur écoute. 

Quels sont vos atouts pour être secrétaire général du SYNAPP-Ci ? 
Il est très difficile de parler de soi-moi. 
Quelqu’un d’autres confrères auraient pu le faire à ma place. 
Mais puisque vous posez la question, je vais m’y essayer. 
Je suis membre du SYNAPP-CI depuis sa création. J’ai été secrétaire général de la section de Mayama Editions et Productions de 1999 en 2007. De mai 2007 à février 2011 j’ai été secrétaire général adjoint du bureau exécutif national. C’est dire que je connais la maison SYNAPP-CI et je pense que c’est mon premier et principal atout. Par ailleurs, J’ai été responsable des ressources humaines du groupe de presse Mayama Editions et Productions pendant sept (7) ans. Ce poste m’a permis de côtoyer nos patrons et de savoir ce qu’ils peuvent faire pour nous et ce qu’ils ne peuvent pas faire. J’ai été aussi responsable des ventes de la même société. Ce qui me permet d’avoir une idée précise de l’économie de la presse ivoirienne et je pense que ça c’est mon deuxième atout. 

M. GLODE, si les confrères portaient leur choix sur votre personne que serait la première chose que vous feriez pour les journalistes ? 
Mon équipe de campagne et moi, vous donnerons à l’occasion, notre programme pour la presse privée de Côte d’Ivoire. 
Pour l’heure je peux vous dire simplement qu’il y a une chose que tous les travailleurs des médias privés attendent. La revalorisation de leur condition de travail et une assistance dans l’exercice de leur fonction. 
Dès que je serai élu, nous demanderons aux patrons de reprendre les négociations pour la revalorisation du traitement salariale des agents de la presse. Nous réorganiserons le SYNAPP-CI dans les rédactions d’Abidjan et de l’intérieur du pays. Aujourd’hui, le SYNAPP-CI est comme un syndicat sans base. Comme les rédactions existent et les travailleurs ont besoin de leur syndicat, il faut les organiser depuis la base. 
Je profite de vos colonnes pour revenir sur l’organisation de ce congrès dont mon frère GBATO a fixé la date. 
Je pense que nous n’allons pas fonctionner comme dans les démocraties africaines où les présidents, à la fin de leurs mandats organisent eux-mêmes les élections. Les statuts du SYNAPP-CI disent que le bureau exécutif national fait partie des instances qui peuvent convoquer le congrès à condition de réunir les ¾ de ces membres. 
Mais ici, tous les membres du bureau ont démissionné. 
GBATO, à lui tout seul qui forme le BEN. Il serait comique qu’il veuille organiser le congrès. Il doit être organisé par une structure neutre. C’est en cela que je salue la naissance du comité des journalistes qui veulent prendre en main la vie de leur syndicat. 

Que reprochez-vous au bureau sortant ? 
Le bureau sortant a été géré exclusivement par le Secrétaire général, GBATO qui, je ne sais pour quelle raison, faisait souvent des tournée dans les rédactions avec des jeunes de son village qui ne sont même pas de la presse. 
Pis il a abandonné la vraie lutte syndicale. Des journalistes et des entreprises de presse ont eu des problèmes sans que le SYNAPP-CI n’intervienne. Dans certains cas où j’ai été informé j’ai assisté des confrères. Notamment ceux des Echos d’Abidjan, le Matin d’Abidjan etc. 
Vous vous souvenez, suite à l’incarcération des journalistes du Nouveau Courrier d’Abidjan nous avons dû contourner le SYNAPP-CI pour intégrer un collectif qui a organisé une marche pour demander leur libération. C’est ce collectif qui est aujourd’hui le Comité ivoirien de défense des journalistes (CIPJ). 
Les seules fois où Gbato s’est prononcé lorsque des journalistes étaient en danger, ça été la catastrophe. Figurez- vous qu’il a eu à dire ici que ‘’nos confrères du courrier avaient volé des documents administratifs’’. 
Aussi récemment lors de l’incarcération des patrons de Notre Voie, Gbato se promenait avec un document sous les aisselles pour montrer une décision que notre confrère César Etou avait prise contre lui. 

A quelle fin ? 
Aux fins de diaboliser son patron. Ce que ne ferait jamais un syndicaliste digne de ce nom. 
Avec tout ce que vous reprochez au bureau sortant pourquoi c’est seulement en février que vous avez démissionné. 
Nous étions engagés dans les négociations avec les patrons de presse pour l’application de la convention. Ma démission aurait fragilisé le syndicat. Il fallait simplement attendre la fin du mandat du bureau pour partir. 
Et c’est ce que j’ai fait. 

On vous reproche d’être le candidat du RDR. Que répondez-vous ? 
Je pense et je souhaite même que les journalistes laissent le syndicat en dehors des chapelles politiques. Nous avons tout à gagner en le faisant. Les difficultés du journaliste n’ont pas de couleur politique. Qu’on soit d’un journal proche du RDR ou du FPI, on a les mêmes difficultés. Pour preuve mon Directeur de campagne est un journaliste qui écrit dans un journal proche du Fpi. Les problèmes de salaires, de couverture sociale, de précarité de l’emploi etc. 
C’est à ces problèmes que nous devons nous attaquer pour le bonheur des employés de la presse privée. Notre souci, c’est l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents des medias. 
Mais pour ceux me qui connaissent bien, j’ai commencé ma carrière à Soir Infos et ensuite je suis allé au groupe de presse Mayama Editions. 
Ceux qui m’ont côtoyé savent que je ne parle jamais politique et je ne suis pas un politicien.

                        Interview réalisée par SERIBA KONE 

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