Crédit photo: Elhombrenegro (flickR)

Après la première session à Abidjan qui s'est déroulée du 12 au 16 mai 2014, Internet sans Frontières organise (en collaboration avec l'Université de Clemson) une seconde session de formation sur la sécurité informatique qui se tiendra du 2 au 6 juin. Elle s'adresse aux journalistes, aux blogueurs et ou aux activistes originaires ou vivant dans un pays du Golfe de Guinée. J'ai eu la chance d'être sélectionnée parmi les candidats qualifiés pour suivre cette formation aux outils de contre-surveillance basés sur les logiciels libres. Les séances de formation sont animées par le Dr Brooks, professeur à l'université de Clemson et son équipe.

Seize journalistes, blogueurs ou activistes venus du Tchad, du Sénégal, d'Ouganda ou encore vivant en France sont en ce moment à Paris, plus précisément à  Mutinerie pour une formation proposée par "Internet sans Frontières" et l'Université de Clemson. Il s'agit d'une série de modules, des séances d'échanges et des exercices sur la sécurité en ligne. Les participants apprennent à faire attention à leur activité sur le web, à envoyer des mails en toute sécurité, à conserver des informations délicates sur leurs ordinateurs et à naviguer de façon anonyme sur le web.

Au cours de la formation, des outils comme Psiphon sont aussi utilisés par les participants afin de sécuriser leurs conversations mobiles. 

Chaque jour, un nouvel aspect de la sécurité en ligne est abordé afin de permettre aux participants d'assimiler progressivement les aspects tels que le chiffrage souvent technique de la formation.

Vous vous demandez si nous sommes devenus paranonaïques depuis l'affaire Snowden? On pourrait non? Mais ce n'est pas le cas, certaines personnes, et de plus en plus, diffusent des informations sensibles sur Internet et il vaut mieux prévenir et être informés des outils disponibles pour conserver "notre liberté" sur le web.

Au delà de ces séances enrichissantes, c'est surtout la rencontre entre personnes exposées ou potentiellement exposées sur le web. J'ai fais la connaissance d'un philosophe djiboutien exilé en France depuis quelques années mais aussi du célèbre blogueur Makaila Nguebla obligé de quitter son pays pour la France. Ils visent tous un seul objectif: ne plus craindre le pire à cause de leurs publications sur Internet.

Je reviendrais dans un prochain article sur le parcours de ces personnes.

Sur le site d'Internet sans Frontières, voici les objectifs et la présentation de ce projet.

Pourquoi ces séminaires de formation sont-ils nécessaires? 

Un nombre important de cas prouvent l'utilisation accrue des médias sociaux par des régimes répressifs, afin d’identifier et d’attaquer les défenseurs de la démocratie et les droits de l’homme en Afrique de l'Ouest, notamment ceux qui sont novices dans l’utilisation de ces médias. Il est facile pour des gouvernements répressifs de trouver des entreprises de télécommunications prêtes à leur fournir des systèmes de surveillance sur Internet et des technologies de filtrage qui peuvent être employés contre des journalistes et des activistes web. 


La surveillance du réseau permet aux régimes répressifs de suivre les internautes, ce qui peut mettre en danger non seulement des journalistes et des activistes mais également des utilisateurs de médias sociaux. Un débat a d’ailleurs lieu actuellement quant à savoir si Internet et les médias sociaux sont plus avantageux pour les défenseurs de la démocratie et des droits de l’homme, ou pour les gouvernements répressifs. Les troubles récents au Moyen-Orient et en Afrique fournissent des exemples de gouvernements se servant des médias sociaux pour identifier des dissidents. Il est important pour les journalistes et activistes web du Golfe de Guinée d’apprendre le fonctionnement des systèmes de surveillance sur Internet et les meilleures façons de les contrer. 

Les objectifs du projet “Soutien Internet à la Démocratie en Afrique de l'Ouest” 

L’objectif principal du projet «Soutien Internet à la démocratie en Afrique de l'Ouest» est de permettre l'accès à Internet sans entraves aux habitants des pays dont les régimes cherchent à restreindre la liberté d’expression, la liberté de la presse, la démocratie et les droits de l’homme. Le but des séminaires de formation est de former des publics dits “à risque” (journalistes, activistes du web et des médias sociaux qui cherchent à protéger les droits de l'homme et défendre la démocratie) à l’utilisation des technologies contre la censure (Counter-Censorship technologies). Après les séminaires, les participants seront intégrés dans la communauté en ligne du projet (réseau sécurisé) et recevront des mises à jour régulières des technologies contre la censure avec lesquelles ils auront été familiarisés lors des formations. Au terme de ce projet, davantage de journalistes et d’activistes web pour la démocratie et les droits de l'homme du Golfe de Guinée auront les outils et les connaissances dont ils ont besoin pour contourner la censure actuelle sur Internet, ainsi que les technologies de surveillance. 

Durée du projet 

Le projet est dans sa deuxième année (pour une durée de trois ans). A la fin de cette période, des partenariats entre l'équipe du docteur Brooks à Clemson, des universités d'Afrique de l’ouest et des groupes d’utilisateurs activistes auront eu pour résultat de rendre le projet autonome. Les personnes qui participent aux séminaires de formation au cours de la première, deuxième et troisième année continueront à recevoir un soutien technique à travers un forum sécurisé.

Tous les participants sont invités à partager leurs nouveaux savoirs dans leurs communautés respectives afin de permettre la diffusion large de tous ces outils.

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Commentaires

  • Merci Abou! On se retrouve sur Friendica? ;)

  • Merci bien Sinatou pour ce bon point de cette deuxième  session 2014 à Paris.

      Effectivement j’étais aussi bien présent à la première session ici à Abidjan entant que blogueur-webmaster faisant exclusivement du web au quotidien.

    Pour la formation elle a été vraiment  très utile pour touts les participants venus de toutes la sous région. Parfois très technique pour ceux qui sont un peu fragile en informatique.

    J'ai aussi fait la rencontre et la connaissance de pas mal de blogueurs, web-activistes et de Journaliste professionnel,   notamment le célèbre blogueurs webmaster en chef et Cyber-activiste Sénégalais Cheikh Fall  qui ne manque pas les evéns TIC et Web ici à Abidjan. 

    J'ai vraiment aimé les outils techniques comme Psyphon   et  Tails (un système d'exploitation "live" taillé pour l'anonymat sur le web) tournant sur une clé USB. Un outil très pratique...

    Bon je salut au passage le Docteur Brooks, le formateur et tout son équipe.

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