CNRS-Ecole Polytechnique.FRANCE

Une récente étude suggère que les « supertempêtes » que produisait notre Soleil encore jeune il y a 4 milliards d’années ont pu nous conduire à la vie en favorisant le réchauffement de la Terre.
Il y a 4 milliards d’années, le Soleil était jeune. Il brillait avec moins d’intensité et la Terre n’avait alors que 70% de l’énergie qu’elle reçoit aujourd’hui, ce signifie qu’elle devait être gelée. Une véritable boule de glace. Mais aussi surprenant que cela puisse paraître, notre planète était en fait un corps chaud avec de l’eau liquide, comme en attestent les preuves géologiques. On appelle ça « le paradoxe du jeune Soleil faible ». Alors, comment expliquer les conditions plus clémentes qui régnaient sur Terre ?
Notre Soleil, rappelons-le, était alors jeune. Mais bien que sa luminosité ait était plus faible qu’aujourd’hui, il n’en était pas moins agité. Dans une récente étude, des chercheurs de la Nasa, emmenés par Vladimir Airapetian, du Goddard Space Flight Center, attestent que les nombreuses tempêtes solaires, qui étaient à l’époque 10 à 50 millions de fois plus énergétiques, avec des vents solaires 50 fois plus forts qu’aujourd’hui, ont pu être au centre du réchauffement global de la Terre, et même une « clé pour la vie sur Terre ».
En effet, il y a 4 milliards d’années ces méga-tempêtes se produisaient environ 10 fois par jour ! Rien à voir avec le débit de nos tempêtes actuelles. Un martèlement qui, selon nos experts, aurait modifié la chimie de l’atmosphère, créant ainsi un climat propice à l’apparition de la vie.
CNRS
En ce temps-là, le champ magnétique terrestre était plus faible et l’enveloppe atmosphérique était composée à 90 % d’azote moléculaire. Ces éjections puissantes et constantes de masses coronales successives auraient alors accéléré ces particules énergétiques, jusqu’ici pas très réactives, comprimant ainsi la magnétosphère de la Terre primitive. Les ouvertures en capuchon situées au niveau des pôles, affaiblis, offraient alors une voie royale à ces particules énergétiques qui, en pénétrant l’atmosphère, auraient réagi sur le dioxyde de carbone (CO2) ou le méthane (CH4), pour former notamment du monoxyde de carbone (CO) et du protoxyde d’azote (N2O).
Selon les chercheurs, cette modification de la composition chimique de l’atmosphère aurait également pu initier une chimie prébiotique, grâce à l’apparition du cyanure d’hydrogène (HCN). Ce composé, très réactif, peut en effet conduire à des composés azotés, comme les acides aminés. Ensemble, cinq molécules de HCN peuvent aussi former de l’adénine. De plus, l’énergie quotidiennement apportée par le vent solaire pourrait être celle qui a permis à la chimie prébiotique d’aller jusqu’aux grandes molécules, comme l’ARN.
Un tel processus, précisent les chercheurs, a pu également se dérouler sur Mars, qui abritait de l’eau il y a quatre milliards d’années. Mais ces bourrasques incessantes de vent solaire ont pu faire voler en éclats son atmosphère. Sur Terre, celle-ci fut suffisamment forte pour résister et en même temps suffisamment poreuse pour que les particules solaires s’immiscent et interagissent avec elle.
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Anthony Konaté

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