Il faut sauver le soldat télé

Je prolonge l'excellent post de Jean-Pierre, sur LeWebObserver, suite à une conférence commune Havas/Google mardi. Et me questionne. La télévision en est-elle arrivée à ce point de doute, de peur sur ses fondamentaux qu'il faille, pour rassurer les annonceurs, leur vendre les plus improbables couplages? En effet, l'écran du PC s'est de plus en plus rapproché de celui de la télé. Il l'a même parfois poussé et remplacé, ou du moins mis au rebut. Combien de jeunes couples passent désormais le plus clair de leur temps à surfer, regarder de la vidéo en ligne, tchater, réseauter...? Une fois toutes ces activités accomplies, que reste t-il au dieu télé? Pas grand chose, ou la simple place, tolérée, d'un zonzon en arrière fond sonore. Comme d'une présence d'un "vieux" qu'on ose pas encore envoyer à l'hospice, ou dont les ritournelles nous rappellent quelques périodes de jeunesse. Alors on le garde.Deuxième observation : la convergence tant et tant vendue au début des années 2000 ne se déroule pas comme prévu. L'écran unique et fusionnel n'est pas. L'Ecran Ultime reste pluriel. Le net-télé-spectateur veut sa liberté sinon de choix, du moins de vadrouillage. Il veut que ses yeux regardent la télé, que ses doigts pianotent sur son PC et que son cerveau suivent en même temps des pages web. Il veut surtout de la logique, de l'ordre, ne finalement pas tout mélanger. Et suivre quelque part le principe global ce qu'on lui demande (suggère pardon) d'acheter à longueur d'année : s'il s'équipe d'un télé à écran plat, d'un portable wifi qu'on peut utiliser de partout et aussi de baladeur multimédia... hé bien il ne recherche pas forcément l'appareil unique qui les intégrerait tous. Ou les hybrides qui font deux fonctions.Donc, pour revenir au sujet de la conférence que je suivais mardi avec Jean-Pierre, le positionnement commercial face à ces pratiques est un vrai casse-tête. Il doit tenir compte de cette fragmentation, de ce dilettantisme généralisé, de cette zapette-mania optimisée... Si le contenu média doit être de partout, la publicité aussi évidement. En fait, ce n'est pas tant la convergence que... l'agilité qui revient au devant de la scène. Microsoft nous l'a vendu il y a quelques années, pour les entreprises "agiles". Il pourrait le ressortir pour parler des médias et des plans médias agiles. Je n'aimerai pas être un pubard ou un média planner de demain : "Bonjour M. le client. Je vous propose une campagne avec un site communautaire, un videocast on line, des SMS sur mobiles, un tchat event sur messagerie... ah oui et j'allais oublié éventuellement un pub télé et dans les journaux".
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