Il ne faut pas oublier la situation sécuritaire de la ville de Goma (Nord-Kivu, RDC), pour parler des vagabondages des enfants n'importe quand et où dans la ville.

Personnellement, le sujet du film "I CANNOT" me concerne.

Moi et un des producteurs du film, Kiza TUSIME Yves, étions dans une discussion concernant les enlèvements des enfants dans notre ville qui deviennent de plus en plus fréquents et font la une de médias locaux. Quand on s'interrogeait sur la cause qui facilite ces kidnappings des enfants de notre âge et de moins encore que le nôtre, je me suis souvenu d'une expérience que j'avais vécu quand j'avais 10 ans, en cinquième année primaire. Je ne me souviens pas bien du jour, mais c'était un certain matin vers 7h 15' quand j'étais arrivé à l'école en retard parce que les cours commençaient à 7h. Arrivé à l'école, notre clôture n'avait pas encore de portail, alors de loin, je guettais le directeur entrain de fouetter les autres retardateurs avec un fil électrique aux jambes avec force. Alors, la peur avait dominé mon esprit. Je m'imaginais comment ce fil allait taper sur mon tibia, et je sentais en moi cette douleur regardant comment les autres gémissaient en pleurant. Je m'étais alors dit que c'était insupportable. Une idée m'était venue en tête : au lieu d'être frappé 10 coups de fouet au tibia, vaut mieux encore aller passer mon temps dans les vagabondages dans toute la ville, puis aller dans une salle de cinéma si pas au terrain de basketball, et à 12h quand les cours finissent, je rentre à la maison comme si je venais de l'école. J'avais vu que c'était une bonne idée parce que je ne serai plus fouetté ce jour-là et que le jour suivant je viendrai à temps à l'école. Alors, j'avais dévié l'école et me suis dirigé vers le cinéma avec quelques autres retardateurs qui étaient avec moi. Ce jour-là, on m'avait fait de l'argent pour payer les frais scolaires, mais c'est cet argent là que mes amis et moi, avaient payé pour voir les films. Après le cinéma, on était partis en ville au cercle sportif de Goma où on voyait un match de basket en consommant cet argent par l'achat des galettes.

Le jour suivant comme prévu, très tôt matin, j'étais parti à l'école à temps. Tout juste quand j'étais à la clôture de l'école, je m'étais souvenu de la façon dont le directeur frappait les retardateurs le jour précèdent et j'eus peur. Des pensées éphémères commencèrent à me venir en tête me demandant si quand notre enseignante me demanderait où j'étais hier, que-ce-que je répondrai? A cause de la peur d'être encore fouetté cet autre jour cette fois par notre enseignante, alors, aucune idée ne m'étais venue en tête pour justifier même par un mensonge mon absence. Alors, cette journée aussi j'avais esquivé les cours par crainte du fouet et c'est devenu une répétition, une habitude, pour moi jusqu'à ce que l'année avais pris fin. A la maison, on m'avait attrapé et j'ai refait de classe, cette fois à une école toute proche de chez nous pour que l'on me surveille bien.

La question à se poser alors: si à cette époque il y avait des guerres comme aujourd'hui dans notre province du Nord-Kivu, on ne m'aurait pas kidnappé pour aller devenir un enfant soldat le temps que je vagabondais dans toute la ville au lieu d'être aux cours?

On remarque que ce serai possible, et cela, à cause de la forme de l'enseignement en vigueur dans le territoire national où on permet aux enseignants de fouetter les élèves à l'école s'ils sont en erreur. Et si c'est dans la ville que cela m'étais arrivé, dans les villages c'est comment? C’est bien sûr plus pire.

C'est dans cette optique que j'avais conçu ce film d'une minute où les enfants de l'Est de la RDC sont très fatigués avec les kidnappings qui sont fréquemment observés dans la ville de Goma, mais ils réclament par le titre du film en interpellant le gouvernement et la communauté internationale à travers son programme de l'Unicef, de leur sécuriser comme c'est dans leurs droits et les garantir une éducation qui leur permettra à avoir un espoir au futur et bien grandir, et non pas une éducation basée aux fouets qui risque de conduire les enfants à fuir les cours, et là-bas, dans la rue, ils sont exposés à tout danger qui pourrait se présenter.

 

                                                                                     Alif Buterinote.

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