Hongrie : la démocratie en danger ?

Par Charline Vasseur

 

Le 11 mars, le Parlement hongrois a approuvé une modification de la Constitution. Une victoire pour le très conservateur et autocrate Premier Ministre, Viktor Orban. Réduction des pouvoirs de la Cour constitutionnelle, limitation de la liberté de circulation des étudiants hongrois... Ce sont quelques uns des amendements constitutionnels votés et entérinés par le président hongrois quelques jours plus tard. 



C’est la quatrième modification de la Loi fondamentale hongroise depuis son entrée en vigueur le 1er janvier 2012. Viktor Orban avait alors assuré qu’elle était « gravée dans le marbre ». Et pourtant… la dernière réforme a, comme les autres, été votée sans difficulté, puisque la majorité des 2/3 au Parlement est issue du parti conservateur au pouvoir, le Fidesz. Les députés socialistes eux ont boycotté le vote, laissant sur leurs pupitres des feuilles de papier avec un grand point d’exclamation noir.

La perspective de cette réforme a tout de même fait réagir en Europe. Quelques jours avant le vote, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a mis en garde Viktor Orban. Et lundi, avant le résultat du vote, la porte-parole de la Commission, Pia Ahrenkilde-Hansen, a rappelé à Budapest qu’elle se devait de respecter ses "obligations légales" envers l’UE et de protéger l’Etat de droit.



Le 9 mars, à Budapest, l’opposition et plusieurs organisations de défense des droits de l’homme ont protesté contre la réforme. A leurs yeux, la Constitution et ses révisions successives sont des coups de poignard dans les acquis démocratiques. Judith Wirth, militante hongroise de l’association Les Femmes pour les Femmes, estime qu'"ailleurs qu’en Hongrie, la constitution est le catalogue des droits fondamentaux. Désormais chez nous, elle sera le catalogue des violations des droits fondamentaux". Elle était dans la rue le 9 mars.



Avec entre autres une loi sur les médias très restrictive, entrée en vigueur il y a un peu plus d'un an, la nouvelle Constitution était déjà le premier signe d’une dérive en Hongrie. Et cette nouvelle série d’amendements met une fois de plus en lumière le "problème hongrois". L’expression n’est pas nouvelle. Elle a déjà été utilisée, notamment par Daniel Cohn-Bendit. L'eurodéputé vert est l'une des voix les plus sévères contre le gouvernement Orban. Devant le Parlement européen, en janvier en 2012, il invectivait vigoureusement la politique menée par le Premier ministre hongrois.



L’opposition continue de se mobiliser, l’Union européenne préoccupée n’en finit pas de brandir des menaces... Rien ne semble pourtant empêcher Viktor Orban de maintenir la Hongrie sur le fil rouge de la démocratie.

Merci au site d’actualité hongroise en français HU-LALA.org pour ses traductions.
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Chaque semaine, le Buzz du Carrefour de l'Europe est repris et diffusé sur l'Atelier des médias. Cette chronique explore les vidéos et les histoires décalées qui ont fait le Ramdam en Europe et qui, souvent, sont passées inaperçues en France et dans le reste du monde.

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