Chargé de la communication du Mouvement Progressiste (Mp) du député jean Jacques Ekindi, Hilaire Dzipan rencontré quelques heures avant la prorogation de la date buttoir des inscriptions sur les listes électorales au Cameroun fait une analyse de ce processus qui avance timidement et dénonce pareillement les différents maux qui le gangrènent

Que pensez-vous du processus d’inscription sur les listes électorales ?

Je dirai à titre de rappel que, lorsque nous nous sommes vus au mois d’octobre pendant la rencontre entre Elecam et les acteurs du processus démocratique au palais des congrès à Yaoundé, à la veille de cette rencontre, le Directeur général des élections Sani Tanimou dans ses compétences a demandé qu’on devait ouvrir les inscriptions sur les listes électorales. Cela était en violation des dispositions de la loi qui demandait que les inscriptions commencent le premier janvier et s’achèvent le 31 aout. Ça c’est la première, nous étions au mois d’octobre. Donc, Il y avait une violation de la loi. La deuxième chose c’est que, Sany Tanimou a demandé que le processus d’inscription sur les listes électorales devait s’arrêter au mois de février. Cela indique à suffisance qu’il y avait une deuxième disposition de violation de la loi. Hors, s’il est accepté qu’au mois d’octobre on devait violer la loi pour commencer un peu plus tôt, il n’en demeure pas moins que sans la convocation du corps électoral, monsieur Tanimou peut se donner le devoir d’arrêter le processus des inscriptions sur les listes électorales. Il se porte en faux par rapport au processus démocratique. Ce qui fonde son pouvoir c’est la loi donc, il y a eu violation. A la question de savoir si les acteurs du processus électoral que nous sommes sont satisfaits, je dirai que, c’est une avancée et nous sommes en démocratie. Même les Usa qui sont une démocratie sont en construction permanente. Et vous avez vu aux Usa aussi il y a quelques mois des quiproquos qu’il peut avoir dans le processus démocratique. Qu’à cela ne tienne, nous sommes mi figue mi raisin satisfait ,en ce sens que le processus électoral va une fois de plus demander à tout électeur une fois inscrit, de pouvoir voter puisque le processus est informatisé. Pour moi, c’est une avancée formidable.

Est-ce que le chiffre de sept millions d’électeurs avancé par Elecam sera atteint ?

Pour avancer le chiffre de sept millions cinq cent électeurs à inscrire, il faut faire allusion à la démographie camerounaise. Hors, nous avons mis trois ans pour produire le nombre de camerounais que nous étions. S’il faut faire la comparaison entre le taux de croissance dans nos villes ça veut dire qu’on peut osciller entre 10 millions. Mais, ce ne sont que des estimations. Car, vous savez que la direction de la statistique n’existe pas au Cameroun et seule la présidence de la république dispose les chiffres exacts de la démographie au Cameroun. Qu’à cela ne tienne, nous allons livrer bataille. Livrer bataille signifie veut dire que, s’il y a deux camerounais qui sont inscrits, on va livrer bataille avec ces deux camerounais là. Je tiens à rappeler à mes amis du Rdpc naturellement, qui se sont accaparés de ce processus en faisant croire que s’inscrire c’est militant du Rdpc. Que non ! Un pour cent des camerounais seulement sont militants des partis politiques au Cameroun. Et, la plus part sont les sympathisants. On ne devait pas dire inscriptions sur les listes électorales, mais on devait dire enrôlement sur le processus démocratique. Parce que, l’inscription se passe à partir du moment où, on a effectivement sa carte électorale. Donc, dans le processus de l’enrôlement, atteindre le chiffre de sept millions, c’est extrêmement difficile. Si on n’arrive pas, c’est une insuffisance et cela signifie que la communication d’Elecam n’était pas bonne. Qu’à cela ne tienne, je dis aux camerounais inscrivez-vous car, la bataille cette année sera la nouvelle bataille qui fera arriver au pouvoir une nouvelle classe d’hommes politiques qui vont certainement changer ce processus.

Selon vous, qu’est ce qui plombe le processus d’inscription sur les listes électorales au Cameroun?

Je l’ai relevé tantôt dans mes propos. Le Rdpc s’est accaparé de ce processus là. On a vu en colonne à la Cameroun radio en télévision (Crtv), payées par l’argent du contribuable camerounais, des commissions, des sous commissions, des missions du Rdpc pour sensibiliser et inviter les populations à s’inscrire sur les listes électorales. C’est ce qui a plombé le processus des inscriptions sur les listes électorales. Mais, les camerounais ont pris conscience, ça je m’en réjouis parce que, je vois l’engouement qu’il y a dans les marchés pour aller s’inscrire sur les listes électorales, je vois l’engouement qu’il y a dans les carrefours, pour s’inscrire sur les listes électorales, je vois l’engouement qu’il y a dans les lieux de deuil pour aller s’inscrire sur les listes électorales, dans la région du littoral. Mais, ce qui me réjouit, ce qui me va droit au cœur, et j’en suis très fier, c’est que la génération qui s’inscrit aujourd’hui et d’une manière massive sont la plus part des jeunes qui n’ont pas connu les années 1992 avec les années de gloire des leaders finissant, mais qu’ils vont voir des leaders qui vont se mettre en première ligne. Et ces leaders là vont avoir les appuis de la jeunesse en quête de dignité et la dignité c’est l’emploi. Quand vous pouvez avoir des gens digne ayant la capacité de créer l’emploi à un jeune, vous pouvez en être rassuré. Ils vont complètement changer la donne de ce pays. Ce pays a du potentiel, il y a énormément de la matière première. On ne peut pas être la première diaspora africaine aux Etats Unis, on ne peut pas avoir des jeunes suffisamment pensants dans tous les domaines et secteurs d’activité et être à la traine. Quand vous faites une comparaison avec un pays comme la Côte d’Ivoire qui sort de la guerre, ça me fait mal au cœur. Ce que je vais demander aux jeunes camerounais, c’est de s’inscrire sur les listes électorales et désigner les gens suffisamment compétents qui vont résoudre vos problèmes de proximité. Et non voter un président de la république qui ne sera là que pour servir les intérêts des autres.

Comment appréciez-vous le fort déploiement d’Elecam que nous observons à Douala de nos jours ?

C’est à la dernière minute qu’on se rend compte qu’on a rien fait que l’on commence à travailler effectivement. Après trente ans du Rdpc, on se rend compte qu’on n’a pas fait assez, c’est maintenant qu’il s’emploie à vouloir faire quelque chose. Monsieur Tanimou est un militant du Rdpc, Fonkam Azuh est un militant du Rdpc, c’est toujours à la fin qu’ils comprennent. S’il avait tenu compte de la démarche de l’opposition, je suis sure qu’on n’en serait plus là. S’il avait tenu compte de la proposition que nous avons faite en octobre dernier on n’en sera plus là. Ce n’est pas un réveil tardif, parce qu’il fallait bien cela. Ils sont tout simplement en train de prendre conscience de leur défaite qui s’annonce.

Sany Tanimou vient de proroger la date buttoir des inscriptions sur les listes électorales au 29 mars 2013. Quelle réaction ?

Ils ne sont pas en conformité avec la loi. Le directeur général d’Elecam n’est pas en conformité avec la loi qui stipule que lors de la refonte, les listes sont ouvertes du 1er janvier au 31 août. Et qui précise que jusqu’à la convocation du corps électoral, les camerounais ont la capacité de s’inscrire. Cette nouvelle prorogation indique à suffisance que le calendrier électoral est opacifié par le Rdpc par le biais de son chef qui est le président national. Il ne pense qu’à leur avantage, en créant des surprises pour l’opposition et en mettant en ordre de bataille le Rdpc. Cette situation ne passera pas parce que les camerounais sont suffisamment lettrés puisque le nombre d’électeur qui semble être autour de quatre millions n’est pas assez suffisant pour ce que nous recherchons. Le chiffre que nous recherchons, oscille autour de dix millions. Mais, on peut déjà se rassurer de ce nombre là. Ils sont conscients qu’ils ne pourront pas atteindre le chiffre de sept millions avancés. Mais, ils ne marchent pas à visage découvert. Mais, ce n’est que partie remise. On a pas de soucis à se faire, l’engouement et la démocratie va finir par s’enraciner chez nous au Cameroun. Et les jeunes pour l’heure ont pris conscience que le nombre de sept millions est favorable. C’est l’occasion pour eux de changer cette donne. Car, le seul souci pour la jeunesse c’est l’emploi et rien que l’emploi. Et il n’attende qu’un projet pour l’emploi.

Entretien réalisé par Hervé Villard Njiélé

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