Grande mobilisation nationale et internationale

Guillaume Soro a-t-il été oublié ?

Par Sériba Koné  envoyé spécial à Yamoussoukro

Ils étaient là, présents, les principaux chefs d’État attendus, samedi 21 à Yamoussoukro à la cérémonie d’investiture d’Alassane Ouattara, nouveau président de la Côte d’Ivoire. Ils ce sont : Goodluck Jonathan (Nigeria), président en exercice de la Communauté économique des États de l`Afrique de l`Ouest (Cédéao),Theodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale),président en exercice de l’Union africaine(UA), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Abdoulaye Wade (Sénégal), Alpha Condé (Guinée), Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie), Faure Gnassingbé (Togo), Mahamadou Issoufou (Niger), Ellen Johnson Sirleaf (Liberia), Ernest Koroma (Sierra Leone), Amadou Toumani Touré (Mali), John Atta-Mills (Ghana), Boni Yayi (Bénin), Malam Bacaï Sanha (Guinée-Bissau), Paul Biya (Cameroun), Idriss Deby (Tchad), Denis Sassou Nguesso (Congo), Ali Bongo (Gabon) et Nicolas Sarkozy (France). Outre les chefs d’États, des personnalités et dirigeants étaient au rendez-vous de l’histoire. Notamment, Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations-Unies, Kgalema Motlanthe, vice-président d’Afrique du Sud et Raila Odinga, Premier ministre du Kenya et ancien médiateur dans la crise ivoirienne. La mobilisation, un véritable succès. Depuis, la veille les militants et sympathisants du Rhdp ont investi la ville aux caïmans, village natal de l’apôtre de la paix Félix Houphouët Boigny. Ils ont dormi à la belle étoile pour ne pas perdre un seul instant de l’évènement sur place. Bien que la cérémonie soit retransmise en direct par TCI. Conséquence, la sécurité a été mise à rudes épreuves. 43 personnes tombées dans les pommes suite aux bousculades ont été traitées par le Samu, la Croix rouge, les Sapeurs pompiers et la direction des opérations médicales pour les militaires selon, le médecin lieutenant militaire Bapou Cyrille. « Le cas de la plupart de tous ceux que nous avons traités dépend de la longue fatigue combinée au e soleil de plomb qui a entraîné la fièvre », a-t-il souligné. Ce qui dénote de la réussite du rassemblement et de la mobilisation. Tant les Ivoiriens tenaient à s’amuser après la victoire du candidat du Rhdp, au second tour de la présidentielle du 28 novembre 2011. Suivie de cinq mois de guerre et de guérilla. Cette investiture historique a enregistré des ratés. Le Président Alassane Ouattara n’a pas manqué de le signifier dans son discours même, s’il ne l’a pas dit vertement. Fin des nominations par complaisance. L’heure du mérite et de la compétence a sonné.

 Soro et les Frci ont-t-ils été omis ?

 « Ce jour est pour nous un moment historique », a indiqué Alassane Ouattara, se félicitant de « la victoire de la démocratie ». « C`est un succès pour la Côte d`Ivoire et pour l`Afrique toute entière ». Par ailleurs, il a recommandé aux uns et aux autres que la Côte d’Ivoire « se réconcilie et se rassemble ». Dans son discours, le président des Ivoiriens a eu à remercier tous « ceux qui ont cru » en lui, notamment sa génitrice (disparue), sa famille biologique et politique. Il a au grand étonnement des milliers de personnes présentes, omis de remercier le Premier ministre, ministre de la Défense Guillaume Kigbafory Soro. Celui en partie, grâce à qui des élections ont eu lieu avant de prendre ses responsabilités de ministre de la Défense pour « dégager » Laurent Gbagbo afin que Ouattara retrouve le fauteuil présidentiel que le peuple lui avait donné par la voie des urnes avec 54,1% des suffrages. Tous ceux qui connaissent le nouveau chef de l’État ivoirien, le savent pointueux sur ses discours. Même rédigé par des personnes tierces, la moindre des choses aurait été que Ouattara prenne connaissance de ce discours historique avant de le lire devant les cameras du monde entier. Est-ce là le discours de rupture d’avec la Côte-d’Ivoire de l’entre 18 septembre 2002 – 21 mai 2011 ? Est-ce là l’amorce de la mise en marche du programme de gouvernement commun au RHDP, signé sans les anciennes forces nouvelles de Soro Guillaume ? Le PDCI-RDA aura-t-il droit à son Premier ministre choisi par le président Henri Konan Bédié ? Ouattara a-t-il subitement pris conscience que pour réconcilier les Ivoiriens et Ivoiriennes il faille éloigner Soro Guillaume qui, malgré tout son dévouement et sa bonne volonté symbolise la violente crise politique et armée de 2002 à 2011 ? Plusieurs hypothèses circulent sur le sort de Soro, dont la plus plausible car l’animal politique et chef de guerre y tient selon ses proches, est le poste de député de Ferkessédougou. Un poste qui pourra faire de Soro le futur président de l’assemblée nationale, donc le dauphin constitutionnel en cas d’empêchement ou de décès du chef de l’État en exercice…Un poste de député qui permettrait aussi à l’ancien chef rebelle de bénéficier de l’immunité dont jouissent les parlementaires ivoiriens, même si cette immunité ne saurait être rétroactive donc ne pourra couvrir la période de guerre de 2002 à 2011 et toutes ses atteintes aux droits de l’homme dont des crimes de sang. Avec la CPI qui probablement va bientôt enquêter tous les coups restent permis. Seul le chef de l’État Ouattara, qui a promis un gouvernement d’Union nationale dans un bref délai après cette date historique du 21 mai 2011 a les réponses aux interrogations.

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