GRANDE ENQUÊTE/ Santé Publique en Côte d'Ivoire

Chu de Yopougon-Y'a problème

-L'Etat endetté à plus de 7 milliards FCFA

Article publié le: 06 Mars 2012 - Auteur: SERIBA K. - Source: lebanco.net

Le service d'urgence du Centre hospitalier et universitaire de Yopougon (ChuY) situé au bas entre les bâtiments B et C, après avoir franchi le service Accueil, croule sous le poids de réels problèmes. Urgence pour une urgence de Chu.

Couchés à même les nattes au sol pour certains, et sur les brancards pour d'autres, les blessés dégagent des odeurs de blessures en putréfaction. «Nous sommes ici depuis le dimanche 26 février 2012. Les médecins s'occupent bien de nous comme ils le peuvent», s'est expliqué Gaha Simplice, beau-frère de Bationo Philippe renversé de sa moto par un véhicule au quartier Mossikro. Lui n'a pas eu de la chance, il est couché sur une natte. Outre les blessures internes, selon la radiographie, et externes, il est dans le coma, ce mercredi 29 février 2012 au moment où notre équipe de reportage arrive au service d'urgence. Ce sol dur ne peut-il pas en rajouter aux courbatures et compliquer la situation du malade qui, selon son beau-frère attend la somme de 15000 FCFA comme coût d'une opération qui leur a été recommandée par le médecin traitant ? Jonas Vêh, arrivé le lundi 27 février, des suites d'une crise rénale parle difficilement. Lui, il a de la chance d'être sur un brancard et reçoit les soins comme tous les autres patients. C'est sous nos yeux que le médecin traitant l'a fait transférer dans une autre salle pour lui faire prendre de l'oxygène. «Nous prenons les médicaments dont dispose la pharmacie des urgences gratuitement. Pour les autres ordonnances on est obligé de sortir pour aller les acheter dans les pharmacies dehors», a soutenu sa soeur qui l'accompagne. Ce mercredi matin-là, les médecins traitant courent dans tous sens. Sérum par-ci, ordonnance par-là. Il faut faire vite,«parce que c'est des cas d'urgence», nous lance un médecin-traitant. L'on sent toute la détermination et l'envie de sauver des vies par des soignants intenses, mais la norme standard d'une urgence comme celle du Chu de Yopougon n'est pas respectée.

Créer un nouveau service d'urgence

Il n'en demeure pas moins, à cela s'ajoute l'unité d'hospitalisation où les malades ne doivent passer tout au plus 48h. «Nous n'avons que huit lits, pour tous ces patients qui arrivent. Il y a deux salles de deux lits et quatre salles d'un lit chacune. On est donc obligé de libérer les malades dans ce laps de temps pour pouvoir prendre d'autres patients»,explique l'assistant du chef de clinique, Dr. Kouassi Jean. En effet, ce système permet de décongestionner le service accueil où certains patients hospitalisés à même le sol glacé par la climatisation centrale, sont traités. Mais ce n'est pas toujours évident. D'autres malades y passent plus de 48h. Or, une fois ce service est occupé par des patients, le taux de malades augmente au service accueil. Conséquence : des malades sont obligés d'être au sol.
Les initiateurs du projet du Chu de Yopougon ont-ils mesuré l'ampleur de telles dérives à la création de ce centre hospitalier ? La réponse à la question ne se fait pas attendre.«L'hôpital de Yopougon, au début, n'avait pas pour objectif d'être un Chu. C'est par la suite que cet hôpital est devenu un Chu, avec un service d'urgence qui n'est pas grand. Nous avons fait des aménagements pour que nous ayons ici dans ce type d'urgence que nous appelons «urgence-porte», qui regroupe le service des urgences de chirurgie, de médecine et de pédiatrie»,affirme le chef de service des urgences, Professeur Ehua Somian Francis.
Outre les difficultés auxquelles les patients et les médecins sont confrontées, il y a celui du transfert d'un malade dans une autre clinique. La seule ambulance immatriculée D-55399, est au garage depuis quelques semaines. De fait, pour transférer un patient des urgences à une clinique ou le malade est assuré, les parents doivent trouver eux-mêmes la solution. Comme ce fut le cas d'une dame, sergent de police Coulibaly A. (un nom que nous lui attribuons) qui a fait un accident sur l'autoroute du nord où son époux a perdu la vie. Arrivée au service d'urgence dans un état comateux, elle en est sortie 48h après. Le dimanche 26 février 2012, c'est grâce à l'aide de ses parents et amis qu'elle a été transférée dans la clinique où les agents de police sont assurés en Côte d'Ivoire. En revanche, pour des cas qui ne sont pas aussi urgents, l'hôpital fait appel au Samu ou à des ambulances «quand l'état du patient est hors de danger». Les femmes arrivées en salle d'accouchement pour des césariennes ou autres accouchements sont le plus souvent victimes du manque d'ambulance. Il y a donc urgence du côté des urgences du Chu de Yopougon.

Problème d'ascenseur pour les femmes qui ont accouchées
Après la fermeture de la salle d'accouchement du Chu de Cocody pour raison non évoquée, et « la désinfection » de celle de Treichville, le Chu de Yopougon est pris d'assaut par les femmes en couche. Seulement ici, après l'accouchement les femmes doivent être transférer au 1er étage en salle d'hospitalisation où elles doivent recevoir les premiers soins, avant d'être libérée. Malheureusement, l'ascenseur est en panne depuis plusieurs jours. Un autre problème qui en rajoute à la « souffrance » de ces femmes déjà très affaiblies par l'accouchement.

L'espoir est permis, selon le directeur de l'administration des Finances
A en croire, le directeur de l'administration des Finances, Yéo Daniel, «l'espoir est permis». Même si l'ensemble des dettes, appelées "reste à payer", c'est-à-dire ce qui a été engagé par le Chu de Yopougon s'élève à 7 milliards FCFA en ordre de grandeur, faute de trésorerie. «Chaque mois, le Chu perçoit 300 à 350 millions FCFA. Les salaires par mois font 150 millions FCFA, voire plus de la moitié de la somme perçue. Le reste nous permet de nous acquitter des dettes de ceux qui nous apportent ou maintiennent nos équipements (la stérilisation par exemple) », soutient l'argentier du Chu de Yopougon. Selon des sources proches du ministère de la Santé, les trois Chu sont dans l'attente de la commande passée de trois stérilisateurs par l'Etat. Il est aussi de plus en plus question d'une nouvelle buanderie. «Ce qui peut permettre à ces centres hospitaliers d'être au moins plus performant», a indiqué notre interlocuteur. Cependant, la direction du Chu doit à certains de ces prestataires depuis deux ans. En témoigne les dires l'un des responsables de la société, prestataire, Entreprise ivoirienne de restauration (Eicer), spécialisée dans la restauration qui a requis l'anonymat. «La direction du Chu nous doit plus de 500 millions FCFA, sans compter les passifs», a-t-il soutenu. Un réel problème qui «décourage» les employés. «Depuis deux ans, on est obligé de jouer le jeu avec nos locataires», a indiqué un travailleur de la société Eicer. A cette inquiétude qui risque faire couler la société, Yéo Daniel précise: «chaque Chu a bénéficié de 900 millions FCFA, en novembre 2011 en termes de rallonge budgétaire. Les procédures d'acquisition des biens dans les hôpitaux étant tellement compliquée et l'Etat voulant contrôler à tous les niveaux, l'argent n'est pas encore disponible».La société Eicer peut-elle bénéficier totalement de ses dettes ? Rien n'est moins sûr au regard de l'explication du directeur de l'administration des Finances. « Les autorités ont annoncé qu'ils allaient appuyer la dette intérieure. Par ailleurs les 900 millions FCFA seront répartis comme suit : une partie pour l'achat des médicaments, hors PSP. Les engagements ont été faits, le Chu attend qu'il ait quelques payements afin que la livraison soit totale (certains ont commencé à livrer déjà) et 400 millions FCFA pour l'achat de matériels et petits matériels», a rassuré Daniel Yéo. Qui reconnait que le Chu attend les moyens, pas seulement en termes de budget, mais aussi en trésorerie afin de mettre la santé au cour des préoccupations des décideurs, et faire face aux besoins réels des populations. « Cela peut soulager nos prestataires et les structures vont bien se porter. L'espoir est donc, permis d'ici deux à trois mois », a-t-il indiqué.
                                                                                                                                   SERIBA KONE

                                                                                                                                 seriba67@yahoo.fr

Encadré 1


Des soins ciblés aux contours flous
« Il n'y a pas de texte effectif d'application de la gratuité ciblée, à part la conférence de presse de Mme la ministre de la Santé », a soutenu un médecin qui a requit l'anonymat. Conséquence : les médecins sont obligés de donner des tickets manuels avec les 30% de réduction. Or, les tickets doivent donner des indications précises en conformité avec les textes. Depuis la fin de la gratuité totale « l'affluence a quelque peut baisser au bureau des entrées ; surtout aux urgences et à la salle d'accouchement », indique notre interlocuteur. Toute qui ne résout pas le problème en termes financier, selon Daniel Yéo. « C'est vraiment dérisoire. En quatre jours, le Chu de Yopougon était entre 300 à 350 000 FCFA en termes de recettes. Soit, le tiers des recettes en temps normal d'un jour », a-t-il dit.
Les besoins en lits, brancards, certains matériels de la prise en charge des malades ont emmené le ministère à créer un comité de suivie dans tous les Chu. C'est l'adjoint du chef de service de la réanimation, Prof. Soro qui en assure la responsabilité. Le point est donc, fait chaque deux à trois mois à la tutelle concernant ce qui a été pris en compte dans le cadre de la gratuité selon les les membres du comité. « Nous faisons le de ce qui a marché, et de ce qui n'a pas marché, ainsi que ce qu'il faut». Concernant les besoins en lits, brancards et autres en fin d'année 2011, le Président de la République a pu décaisser un fond spécial pour les trois Chu (Yopougon, Treichville et Cococdy) pour pouvoir s'équiper en matériels pour pouvoir faire face à la gratuité. Et ce, pour faire face aux frais engendrés par la gratuité. Les procédures ont été lancées, selon notre interlocuteur et il est confiant qu' « avec le nouveau budget, les choses doivent pouvoir "renter" dans l'ordre ». Toutefois, la gratuité ciblée doit être accompagnée de texte d'application.
                                                                                                                                           SERIBA K.


Encadré 2

Attention à la vie de plus de 200 employés !
Au moment où le gouvernement ivoirien  met l'insertion des jeunes au coeur de ses priorités, ce sont environ plus de 200 employés du Chu de Yopougon qui risquent de se retrouver à la rue si rien n'est fait. Outre la société prestataire Eicer, à laquelle l'Etat doit plus de 500 millions Fcfa, de 2006 à 2011et plus de 268 millions FCFA d'impayés avec les passifs; c'est plus d'une dizaine factures impayées, que le trésor doit cette société spécialisée dans la restauration. Ce n'est pas tout, il y a d'autres structures prestataires du Chu dont les employés ne savent plus à quel saint se vouer. Notamment les agents de Wendel Sécurité, Gossanchim pour ne citer que ces sociétés. Leurs premiers responsables qui sont chaque fois menacés par leurs employés finiront par mettre la clé sous le paillasson et ces mêmes jeunes se retrouveront à la rue.
L'Etat gagnerait à pallier ce problème au moment où il est encore temps. Pour sauver le boulot de plus de 200 jeunes travailleurs du Chu de Yopougon.
                                                                                                                                                 S. KONE

 Interview/

Ehua Somian Francis, Chef de service des urgences du Chu

« Les services d'urgence n'ont pas les moyens de prendre correctement les patients en en charge »


Auteur: Réalisée par Sériba Koné - Source: lebanco.net
Pour répondre aux mieux, et aux besoins des populations, le gouvernement doit songer à créer un second service d'urgence qui réponde aux normes standards des Centres hospitaliers. Dans cette interview, le chef de service des urgences du Chu de Yopougon Prof. Ehua Somian Francis et l'assistant du chef de clinique Dr. Kouassi Jean critiquent et proposent.


Quelle explication donnez-vous à un service d'urgence ?
Un service d'urgence est le miroir d'un hôpital. Un hôpital qui a un bon service d'urgence est un bon hôpital. Les premiers qui arrivent dans un hôpital, pour des problèmes de santé, se dirigent vers le service d'urgence. Par conséquent, ce service doit avoir pour objectif la prise en charge du patient. Cette prise en charge doit consister à faire en sorte que le patient qui vient dans un état grave qui menace sa vie puisse être sauvé. Par ailleurs, je le répète le premier objectif est la prise en charge rapide, efficace de tous les patients.

Le CHU de Yopougon a-t-il tous ces moyens dont vous faites cas ?
En respectant les normes standards, le Chu de Yopougon n'a pas ces moyens de prendre en charge de façon correcte, les patients du fait de la structure du service d'urgence. L'hôpital de Yopougon, au début n'avait pas pour objectif d'être un Chu. Malgré des aménagements le type d'urgence du CHU de Yopougon que nous appelons urgence « porte », qui regroupe le service des urgences de chirurgie, de médecine et de pédiatrie reste exigu et inadapté.

De ces trois urgences de combien de box disposez-vous ?
C'est ce que je vous ai dit tantôt, il y a un problème structurel. La structure même ne permet pas de faire en sorte qu'on ait au Chu de Yopougon un service d'urgence groupé. En médecine vous avez quatre box. Normalement dans chaque box il devrait avoir un brancard, mais il y a en deux brancards du fait de l'affluence. En chirurgie, il n y a pratiquement pas de box. C'est un hall dans lequel nous recevons les malades, les victimes d'accidents de la voie publique .En pédiatrie, il y a un box avec une table d'examen. En réalité pour que ce service puisse jouer son rôle, il serait bon de construire un autre service d'urgence, telle est la solution. Mais, pour le moment nous travaillons avec parce que nous avons un objectif de prendre en compte les patients.

De quelle maladie souffre la plupart de vos patients qui arrivent aux urgences ?
C'est selon le secteur dans lequel le patient vient. En chirurgie c'est souvent des accidentés de la voie publique, des traumatisés crâniens, des multi fracturés etc. du fait de l'autoroute du nord. En dehors de cela, il y a toutes les autres pathologies. Notamment les hémorragies digestives. En médecine, il ya les syndromes infectieux c'est-à-dire les fièvres et surtout le paludisme. Nous recevons beaucoup de malades grabataires au stade terminal d'affections chroniques tels que les cancers, le VIH sida, insuffisance rénale etc.

Y-a-t-il suffisamment de personnels soignants pour faire face en temps réel à ces patients ?
Le ratio n'est pas tout à fait respecté, mais néanmoins nous avons des équipes qui fonctionnent. Le problème n'est pas seulement au niveau du nombre, il y aussi la compétence. D'où la nécessité du renforcement des capacités. Il faut que ceux qui travaillent aux urgences aient la spécialité de la médecine d'urgence avec un profil de carrière. A la Faculté nous avons un D.U de médecine d'urgence. L'idéal est que les professionnels de la santé affectés dans les services d'urgence soient des professionnels qui ont une formation en médecine d'urgence. Les médecins affectés dans un service de gynécologie, et de pédiatrie sont titulaires du diplôme de gynécologie ou de pédiatrie ou en voie de formation. Il n'y a pas de raison qu'on continue de faire de la médecine interne, la médecine générale dans les services d'urgences alors que les urgences sont une spécialité. La médecine d'urgence est une spécialité à part entière. C'est un état d'esprit. « C'est prendre le plus grand nombre le plus rapidement possible et faire le geste efficace qui sauve le malade ». En cas de traumatisme faire un tri rapide, savoir quels sont ceux qui sont en danger de mort malgré le fait que les lésions ne soient apparentes pour les autres malades et les parents. Quels sont ceux pour lesquels l'on peut attendre c'est-à-dire différer la prise en charge, voici pourquoi, je parle d'état d'esprit.

Quelle est la moyenne des cas de décès ?
Cela varie selon les mois. Lorsqu'il y a beaucoup d'accidentés de la voie publique, le taux varie. Mais, grosso modo nous avons un taux de mortalité qui est dans l'ordre de 10%, ce qui est prohibitif. Mais depuis environ 11 mois, nous avons un taux de mortalité qui a énormément chuté jusqu'à 4%, ce qui nous donne une réelle satisfaction. Nous devons rechercher les raisons de cette chute. 

Comment expliquez-vous cela ? 
Je pense que nous devrions approfondir l'étude, pour identifier les différentes causes et ne pas nous contenter du résultat brut et des impressions. Les types de pathologies, la disponibilité des médicaments, la précocité des consultations etc. Nous pensons que la mise à disposition des médicaments pendant la période de gratuité a certainement joué un grand rôle. Même si tous les médicaments n'étaient pas disponibles. Le fait de poser des gestes rapides au lieu d'attendre que les parents des malades aillent chercher de l'argent pour acheter les médicaments a été un facteur déterminant. 

Quand on parle d'urgence, cela se confond avec l'ambulance, or celle de votre structure est en panne depuis quelques temps. Comment parvenez-vous à joindre les deux bouts ?
Dr. Kouassi Jean : Fondamentalement, l'ambulance ne peut pas se confondre avec les services d'urgence. En principe, la médecine pré-hospitalière se fait par le Samu et les autres ambulances. L'ambulance de l'hôpital n'a pas grande influence sur les patients qui arrivent. Elle intervient au moment où il y a lieu d'évacuer un patient. Mais, cela ne doit pas influencer la prise en charge des patients.

Avec cette panne comment parvenez-vous à évacuer certains malades hors du Chu ? 
Dr. Kouassi Jean : Il y a des difficultés à évacuer les malades. Mais, si vous décidez d'évacuer le malade ailleurs cela veut dire que vous avez déjà stabilisé le patient, et que sa vie est hors de danger. On peut négocier le Samu ou une autre ambulance pour venir le chercher. Quant à la prise en charge initiale du patient, l'absence de l'ambulance n'influe pas vraiment cette prise en charge
Prof Ehua. : Je pense panne de l'ambulance est un problème occasionnel qui va être résolu. Cela fait partie de la pénurie du matériel roulant. Il n'y en n'a pas suffisamment, il suffit que le seul dont nous disposons tombe en panne pour que le système se bloque. Nous pensons que la direction fera en sorte que le véhicule soit réparé.

Quelles sont selon vous les préoccupations majeures qui n'ont pas encore été évoquées ici ?
Je pense que c'est l'équipement. Il faut que le service des urgences soit équipé de telle sorte qu'on puisse prendre en charge de façon rapide et efficiente les patients et ne pas rester à courir après les barboteurs, un aspirateur, un appareil à tension, des sets à pansements et autres.

Quel a été l'impact des soins ciblés sur les urgences ?
Je pense que les choses ont évolué. Nous sommes allés de la gratuité totale à la gratuité ciblée. La gratuité a été pour les populations une aubaine. Elle a permis de ramener dans le système sanitaire la prise en charge des patients qui n'avaient aucune possibilité de se soigner dans les hôpitaux. C'est vrai que cela a entrainé une pénurie au niveau des médicaments et autres réactifs. Par exemple l'équipement des radios, les films, les réactifs de laboratoire.L'engouement a fait qu'il y a eu une pénurie au niveau de ces matériels variant avec le niveau d'approvisionnement de l'hôpital avec pour conséquence des réactions négatives voire agressives de ces mêmes patients et leurs parents vis-à-vis des professionnels de la santé. L'impact pour le personnel a été l'augmentation de la charge de travail. Parce que non préparés à recevoir autant de patients en un temps aussi court. Il fallait s'adapter à ce changement brutal pour pouvoir prendre en charge sereinement les patients. L'information et les moyens de communication auraient pu être mieux organisés pour la gratuité. Concernant la gratuité ciblée, je pense que nous nous orientons vers la prise en charge du tiers payant. La population va se rendre compte qu'elle doit participer à la prise en charge de sa santé. La mise en place de la gratuité ciblée est une bonne décision. Beaucoup de pays de l'Afrique de l'Ouest ont pris cette décision pour réduire la mortalité materno-infantile qui est encore très élevée. Nous suggérons que l'Etat ivoirien mette en place un système de tiers payant. Les soins de santé ne peuvent pas être entièrement gratuits quel que soit le pays dans lequel l'on vit.

Qu'attendez-vous concrètement du Gouvernement ivoirien ?
Nous souhaitons que le gouvernement mette en place un système de pris en charge des populations quelle que soit la dénomination. Qu'il mette à la disposition des structures sanitaires l'équipement adéquat ,qu'il améliore un temps soit peu les conditions de travail et que les structures de formation : les universités, les centres de formation des sciences de la santé, l'Infas et autres, continuent de former les professionnels de la santé en quantité et en qualité, et que le renforcement des capacités (formation continue) soit obligatoire pour tous . C'est seulement de cette manière que la prise en charge dans nos structures sanitaires sera efficiente, et que notre pays continuera sa marche vers la recherche du mieux être pour tous et le développement avec une population en bonne santé.


Réalisée par Sériba Koné
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