A son arrivée au pouvoir le 6 avril 2006, le Président YAYI Boni a dans la droite ligne des choses commandité des audits généralisés de l’administration, des sociétés et entreprises publiques pour faire le point de la gouvernance de ses différentes structures et asseoir sa propre gestion. Le résultat de ces audits est catastrophique. Mauvaise gestion des fonds publics,  mauvaise gouvernance des sociétés et entreprises publiques, etc...

Cette situation étant connue, il apparaît clairement que le docteur YAYI venait ainsi par le biais de ces audits de faire le diagnostic de la mal gouvernance des structures publiques et par conséquent dispose de tous les éléments indispensables pour asseoir sa propre gouvernance, en principe la meilleure. Malheureusement 8 ans après, on en est encore au statu quo sinon au pourrissement. Cette situation est marquée par des scandales financiers à profusion, suivi de limogeage spectaculaire des directeurs généraux de diverses sociétés et entreprises publiques. Tout ceci est le témoignage éloquent de l’échec de la thérapie appliquée par le docteur à la mal gouvernance dont souffre nos sociétés et entreprises publiques. Entre autres thérapies appliquées, nous pouvons citer la création de l’Inspection Générale de l’Etat, le renforcement de l’autonomie et du rôle des Inspections Générales des Ministères, la nomination des auditeurs militaires au sein des sociétés et entreprises publiques, etc... Mais le constat est là et crève les yeux, la mauvaise gestion s’est renforcée au sein de ces structures publiques.

C’est face à cet état des lieux lugubre que le gouvernement avec à sa tête le Président YAYI Boni, réuni le lundi 28 avril 2014 à la présidence de la République, les directeurs généraux des sociétés et entreprises publiques pour leur annoncer la nomination d’un conseiller spécial à la gouvernance des entreprises. Ce dernier semble t-il par un coup de baguette magique va résoudre les problèmes de gouvernance auxquels sont confrontés nos sociétés et entreprises publiques. Que c’est beau tout ça et je voudrais vraiment que cela arrive pour le bonheur de mon pays. Mais il est de notoriété publique qu’on ne peut jamais prendre du vieux pour en faire du neuf et j’ai peur que cette nouvelle trouvaille des gouvernants de mon pays qui a y voir de près est une ancienne thérapie retapée ne fasse encore flop.  

Cette thérapie du 28 avril 2014 produira à coup sûr les même résultats que celles déjà mises en place depuis 8 ans si on ne met pas en place les principes fondamentaux qui gouvernent la bonne gestion des entreprises dont je me permettrai de citer quelques-uns à savoir : 1- La nomination des cadres au profil et compétence appropriés sans interférence politique (THE RIGHT MAN IN THE RIGTH PLACE), 2- La non contribution de ces derniers au financement occulte des partis politiques, 3- Donner une lettre de mission à ces derniers par rapport à laquelle ils seront évalués et veiller à sa stricte application, 4- Dynamiser les services d’audits internes de ces structures par leur autonomisation et la formation continue des cadres auditeurs internes, 5- Célébrer par des décorations ou des promotions les directeurs généraux qui obtiennent des résultats significatifs après chaque bilan et sanctionner les mauvais. Ce sont là quelques principes, s’ils sont mis en œuvre, notamment les deux premiers, permettront de donner un nouveau souffle à nos sociétés et entreprises publiques. Des cas existent ailleurs et peuvent être cités en exemple. En effet, le Président SARKOZY n’a pas hésité un seul instant pour nommer Bernard KOUCHNER, Ministre de la République et proposer Dominique STRAUSS-KAHN à la tête du FMI, malgré leur appartenance au parti socialiste. Il l’a fait non pas pour leurs beaux yeux mais tout simplement parce qu’ils en avaient les compétences. Je suggère à notre président de suivre cette voie car c’est de son bilan qu’il en dépend.

Envoyez-moi un e-mail lorsque des commentaires sont laissés –

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !

Join Atelier des médias

Articles mis en avant