Google veut des journalistes entrepreneurs

 

De YouTube à Google News, les flirts entre Google et les médias ne sont pas nouveaux. Mais il était intéressant de découvrir, lors de l'évènement Google for Media summit à San Francisco (mardi 4 mars) à quel point le moteur de recherche est déterminé à mettre ses outils dans les mains de journalistes...

 

A cette occasion, Daniel Sieberg, le responsable des relations avec les médias chez Google, a proclamé rien de moins que "l'âge du journaliste entrepreneur" ou, peut-être plus justement, le"journaliste entreprenant". C'est un âge où les journalistes et éditeurs cohabitent avec des designers web, des graphistes, créateurs d'art multimédia, community managers, étudiants...

 

 

Qu'est-ce qu'un journaliste-entrepreneur selon Google ?

 

Il sait faire des recherches, écouter, raconter, vérifier, communiquer. Rien de neuf ici. Mais il est aussi "media literate", il a une éducation aux médias et ne fait pas juste "utiliser les médias, il les comprend". Enfin, le journaliste selon Google "n'a pas peur des technologies, il les domine".

 

L'équipe de Daniel Sieberg est chargée de renforcer ce dernier point. "Donner des moyens aux journalistes, distiller de l'optimisme". "Donner les moyens de toucher n'importe qui sur le web, en mesurant tout cela". Tel est leur projet. Pour ce faire, Google donne des outils - cartes, API, extraction et traitement de données, plateformes de publication, analytics - mais aussi des formations... Et Google croit beaucoup dans le partage d'expériences entre journalistes.

 

Mais la vraie question est pourquoi Google a tant besoin des journalistes ?
Ils doivent adopter ses outils et réfléchir à des usages. Le site Google.com/mediatools sert à "regarder chaque produit Google à travers l’œil du journaliste". Il ne s'agit pas uniquement de "production et de consommation" de contenus. Mais aussi de création d'usages.

La prochaine frontière pour Google est ainsi de mettre les Google Glass dans les mains et sur le nez de journalistes. "C'est pratique pour couvrir des événements comme les manifestations en Turquie", notait sans ironie le responsable du groupe Internet.

"Nous voulons éduquer par l'exemple", résume Google.

 

 


Marie-Catherine Beuth est journaliste, spécialiste des nouveaux médias au Figaro.

Elle vit depuis 2013 aux Etats-Unis où elle a été Knight Fellow à Stanford.
Elle est l'auteure du blog 
Étreintes digitales.
Chaque semaine, dans l'Atelier des médias, elle s'arrête sur l'un des aspects de la r/évolution des médias actuellement en cours.

M'envoyer un e-mail lorsque des personnes publient un commentaire –

Twitter : @M_C_B
News Concierge | Co-founder @getnod | 2013 @JSKStanford fellow | Correspondent @Le_Figaro @Atelier_Medias

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !

Join Atelier des médias

Commentaires

  • je suis 100% d'accord pour les journalistes entreprenants, fini la presse qui "suit le mouvement" et emboite le pas de l'Afp, mais avec les nouveaux outils mis à disposition par Google comme les Glass, Google ne tente-t-il pas de rendre chaque citoyen journaliste à son tour... N'y a-t-il pas là un piège pour la presse professionnelle...????

  • Certes, mais je pense qu'un journaliste a quelque chose à gagner à avoir une approche entrepreneuriale de son job : il faut identifier les opportunités et se donner les moyens de les saisir, plutôt que de juste rester assis sur ses acquis. C'est pourquoi je préfère parler de "journaliste entreprenant" que de "journaliste-entrepreneur". 

  • Je trouve que google demande trop, un journaliste reste journaliste et un entrepreneur reste un entrepreneur.
This reply was deleted.

Articles mis en avant