L’une des figures imposées des débuts d’années, c’est souvent la prospective ouverte. Chacun y va de ses prédictions, on se donne des airs de prophètes et on croise les doigts dans l’espoir que les choses se feront bien comme on les avait entrevues.Et en matière d’innovation médias et d’accès à l’information, l’exercice est particulièrement périlleux.

Vous me direz qu’il existe une tendance lourde :

  • le monde est traversé de flux et de données,
  • Du Sud au Nord, les écrans sont aujourd’hui partout présents grâce aux mobiles,
  • Et la métamorphose numérique de nos sociétés, on le sait désormais, c’est bien plus qu’une question de technique… C’est un enjeu culturel, politique et démocratique.

Certes. Mais ensuite, comment faire quand on veut regarder l'avenir en face ? Je me suis amusé à regarder du côté de quelques billets dits prospectifs publiés il y a un peu plus d’un an. Et qu’est-ce que j’y ai trouvé ? Eh bien d’abord, qu’il reste très difficile d’anticiper par-delà ces tendances de fond. Mais qu’il reste possible, rassurez-vous, de lire entre les lignes. Exemple. Qui avait prévu, en 2016, le succès de la fonctionnalité Facebook Live dans les médias ? Personne en particulier, mais on le pressentait, avec le frémissement autour de l’application de vidéo en direct Periscope, de Twitter.  Mais il était très diffiicle de prévoir le fait que presque tous les médias allaient tester, dès 2016, le Live sur Facebook tout en “plateformisant”, plus que jamais, leur articles, leurs vidéos.

Pour mémoire, plateformiser, c’est publier toutes ses vidéos et tous ses contenus sur les réseaux sociaux pour qu’ils soient lus sur ces mêmes réseaux sociaux. Ce qui, entre parenthèse, pose bien des questions. 

Second exemple de prédiction possible pour 2016, mais pour le coup difficile à anticiper ? L’apparition de sites dites de #FakeNews (ces fameuses "fausses informations") pullulant sur la Toile à l’occasion de l’élection présidentielle américaine.Et pour le coup, personne ne s’attendait à une telle déferlante.

Pour tenter d'y voir plus clair sur ce que 2017 nous réservait, j'ai donc reçu deux adeptes de la prospective et de l’innovation dans le domaine des médias, nous retrouverons Eric Scherer, directeur de la prospective et de l’innovation pour France Télévisions, et Benoît Thieulin, doyen de l’école de communication de Sciences Po et fondateur de l’agence La Netscouade, pour parler de la génération #NoBullShit, du projet Street Vox, du bot de Libé, ou encore du phénomène des fausses informations appliqué à l'Hexagone. 

Quelques repères pour mettre en perspective cette conversation :

Les Cahiers de tendance de Méta-Medias sont des références pour la ou les communautés francophones branchées médias, numérique et innovations. Et cette année, à lire votre 12e cahier de tendances, on sent qu’il y a un nouveau cap historique qui est franchi : Il faut apprendre à parler à la génération #NoBullShit (pour les appeler autrement : les natifs du numérique) : à lire ici !

Avec Constance Léon, on a eu envie de trouver un projet média #NoBullShit en France. Et je crois que l’on a trouvé avec notamment le projet Street Vox, lancé début janvier 2017 par l’excellent Street Press. Je vous livre le teaser.

Street Vox, c’est un mini-site qui va être lancé début janvier avec des articles fabriqués par des contributeurs invités, aka, des Voxeurs, repérés par les journalistes de Street Press, mais aussi des formats vidéos, plutôt face caméra ou montés pour le web.

On écoute Johan Weisz-Myara au micro de Constance Léon.

Street Vox, un projet Street Press 

Avec une première question. Pourquoi Street Vox, surtout à quelques mois de l’élection présidentielle en France ?

Le point de départ, on sentait que le traitement médiatique ne correspondait pas aux attentes du public. Les minorités étaient traités comme des sujets et pas comme un thème. L’idée c’est d’organiser un débat d’idées autonome et indépendant, Street vox, qui fasse sens en soi, qui produise de ‘témoignage et de la discussion. On animer le débat en ligne et sur les réseaux.

Street Vox,c’est 300 voxeurs, qui sont-ils et qui va alimenter la communauté ? Street Vox ce sont aussi bien des chercheurs qui vont sur le terrain, des activistes, des doctorants, des Youtubeurs, des entrepreneurs, des makers, des gens qui pensent la société et la créent et celle de demain, qui font partie de la nouvelle génération. Notre rôle c’est de faire le Vox avec eux pour réagir à l’actu et arriver vite à le raconter en quelques milliers de signes, ou en une courte vidéo pour les diffuser sur les réseaux sociaux et faire réagir. Dans les lieux où le débat se fait et de l’animer.

Un premier élément important pour nous, on l’entend bien dans ce témoignage : c’est qu’un média, aujourd’hui, c’est d’abord le reflet ou l’émanation d’une communauté de faiseurs, et non pas un plateau de commentateurs. Et ça se passe quasiment exclusivement sur les réseaux sociaux. On reste, si vous le voulez bien, sur votre idée de génération #NoBullShit :

Pourquoi lancer Street Vox quand on s’appelle Street Press ? Johan Weisz-Myara : "Notre objectif est que les titres des papiers soient suffisamment marquants et malins pour aller au delà du cercle des convaincus." Cette logique d’impact est déterminante : il faut peser sur les débats, sortir de l’entre-soi. Il faut que le contenu ait un sens et un effet.

Libé : bot sur Messenger qui parle (aux) Millenials

Un autre personnage est entré dans les usages et les rédactions, c’est celui du bot, c’est à dire un programme informatique permettant d’automatiser des tâches. On a parlé, en France, de robots rédacteurs, on sait que des rédactions comme Le Monde ou Les Echos ont fait appel à des machines pour produire des articles courts et factuels sur des résultats électoraux ou financiers en 2016. A l’Atelier, on s’est demandé si on pouvait trouver un bot capable d’interagir avec les “Millenials”. Et on a découvert que Libération avait mis en place un bot à quelques mois de la présidentielle.

C’est quoi le bot de Libé sur la messagerie instantanée Messenger ?

Réponse avec Gurvan Kristanadjaja, au micro de Constance Léon.

Le bot de Libé, c’est un robot qui doit servir tout au long de la présidentielle à informer les utilisateurs de Facebook et les lecteurs sur la présidentielle, C’est une boîte à outils de décryptages, les mesures phares, qui sont les candidats déclarés. C'est surtout destiné aux jeunes dont la moyenne d’âge est de 21 ans. Ce sont en général des primo-votants, c’est un outil pour les aider à mieux comprendre.

C’est comme si ma mère ou mon frère me parlait sur Facebook. Sur l’icône message, j’aurai un petit (1) quand le bot me parle, et je peux aussi engager la conversation. Et ça marche sur mobile et sur ordinateur.

Rien à voir avec les bots très sérieux de Quartz, de TechCrunch ou du NewYorkTimes.  

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Crédit image : Mike McCune (cc-by-sa-2.0)

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Réalisateur de _Tous les Internets, coproduction ARTE / Premières lignes
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