Je rebondis sur des tweets que je lisais ce mercredi soir, tous orientés sur des projections visant 2030 comme une nouvelle frontière du futur pour les applications et le digital. Je repense à mes années de jeunesse (vécues dans les années 70/80) et à mes propres projections d'alors. Celles qui visaient plutôt le passage de l'an 2000... Las, nous y sommes et rien de "bouleversifiant" n'est visible autour de nous.

Quelle leçon en tirer ? Que le futur réel est toujours en deça de ce que l'on imagine. Que le trivial l'emporte sur l'imaginaire. Que le banal occupe l'espace devant l'original. Plus précisément on peut envisager différemment la notion de rupture technologique et d'époque. Ce que l'on voit par la science-fiction comme "rupturiste" et radical, s'avère souvent fluide et progressif. Les époques et les innovations se superposent en fait, plutôt qu'elles ne se remplacent.

Pour les frontières du web et du social media, vérifions 2 tendances lourdes qui semblent gagner la course en ce moment :

  • le cerveau commande : finit les claviers et même le tactile, on veut que l'input nerveux du cerveau soit immédiatement interprété par l'interface et que la machine obéisse derrière. Dès lors la seule question est technique : sera t-elle d'implanter un élément bionique dans le cerveau, ou d'interpréter sur des lecteurs externes ses outputs nerveux... ?
  • la contribution dépassée : déjà, lors de l'apparition des réseaux sociaux, les blogs paraissaient ringards à animer... Dites vous que ça va continuer. Le réseau social ne sera plus écran de collecte de statuts et d'avis, mais matrice. Le réseau se voudra de plus en plus meute, évolutive tant dans ses membres que ses desseins, et fonctionnera à l'efficacité.

Le vrai futur, ce sera...

Un échange sur Twitter m'a refait aussi pensé dernièrement à feu le magazine Future(s) édité en France au début des années 2000... Une sorte de Wired local, qui n'a pas duré. Des projets qui nous ont entretenu dans l'idée que futur, progrès, communication marchaient forcément sur le même pas, avançaient dans la même logique.

Pour le reste, une chose est sûre : on aura jamais tout à fait le futur technologique qu'on a imaginé... La Lune n'est pas colonisée ni encore moins Mars. Les robots autonomes au format androïdes n'existent pas encore. Les pistolets lasers ne sont pas au point et prêt à fuser... Ceci dit, nous avons en revanche la géolocalisation, les réseaux sociaux, les machines auto-communicantes, etc. Gageons donc que l'on aura une année 2030 non pas révolutionnaire, mais sans doute inattendue, au sens littéral du terme.

Le futur communicant sera t-il celui dessiné par Minority Report, ou esquissé par The Postman ? Personnellement, je ne vois ni l'un ni l'autre... mais plutôt une troisième voie. Celle de la dématérialisation, de la virtualisation poussée à son paroxysme. Ou l'information, la donnée deviendra tellement optimisée (en stockage, rendu, échange) qu'elle se comportera comme la particule unitaire des nanotechnologies : autonome, fluide et se reconfigurant à l'infini selon le besoin immédiat.

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