Vu ce matin, à partir d'un lien publicitaire de Facebook, le site CitizenSide.com. Belle vitrine, chiadée, avec tous les outils qui vont bien : rien à redire. Je l'ai déjà souligné pour les projets de type "faisons parler le non journaliste" ou "vive l'e-citoyen", mais je suis partagé sur ce concept. Je dirai même écartelé entre :- ma vie de blogueur, depuis 2003, qui ne me pose pas de problème avec la contribution en ligne passionnée : je l'ai fait moi-même, sur des tas de supports, et sans réclamer le moindre denier.- ma vie de journaliste, qui me fait percevoir le danger de projets entièrement basés sur de l'UGC (contenu généré par l'utilisateur) et un concept global d'agilité.En fait, nous arrivons à un point de convergence terrible pour les médias : là où sur-usage des réseaux en ligne, sur-équipement en appareils multimédias mobiles, assouplissement des outils de publication (CMS en ligne généralisé) convergent pour blinder, solidifier, affirmer ce "journalisme non journalistique". Est-ce une hérésie, un blasphème, un outrage? Je ne sais, je ne me situe pas au niveau philosophique. Je me placerai plutôt au niveau pratique, et observe patrons de presse et porteurs de projets (tiens, surtout des marketeux ces derniers temps, étrange non?) : tous ont le même discours, la même idée fixe. Pas de budget, pas de visibilité, mais des attentes immédiates. Une envie de créer la cash machine en ligne, la centrifugeuse à pages vues et à membres abonnés gratuits... Au début c'était marrant; maintenant, ça tourne à la ritournelle de type autiste. Ou à la "bande son des années 2000" que se mettent à écouter tous les boss et grands pavillons, même les ex-plus récalcitrants.Un détail à ce propos, est révélateur. On le trouve en page "qui sommes-nous" : où l'on lit que rentre dans l'aventure des grandes références comme rien moins que l'AFP; avec pour grosse huile rien moins que l'ancien patron de France Télévisions, Xavier Gouyou-Beauchamps. C'est à dire qu'on en est à la phase de généralisation du concept à tout le métier. Demain, un gars qui entrera dans une rédaction -quelque soit le support- et dira : "hé les gars, je suis pigiste, vous avez du travail pour moi?", risquera de se voir répondre un franc et massif rire de groupe.Car au final cela pose une violente équation budgétaire sur la table : 1 journaliste = 1 coût fixe; là où 1 UGC = 0 coût. Où croyez vous que le manager va aller chercher ses troupes alors? C'est la question à 100 balles, pardon à 15 euros (prix des futurs piges d'une feuillet en ligne?), de cette reprise de janvier 2009. De note capacité (de journalistes) à accompagner ce mouvement, comprendre les attentes des directions de groupe et de projets, dépendra finalement le sort entier de la profession. Qui n'est pas cousu de fil blanc sur un océan de coton doux et moelleux.
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