Femmes de cœur…femmes oubliées

Aucune page de l’histoire de ce pays ne s’est écrite sans l’implication des femmes. Pourtant, cette gent féminine ne figure dans aucune d’elles. L’heure est à la révélation.

 

Le prétexte est bien choisi. La journée internationale de la femme. Célébrée le 8 mars de chaque année. Comme une révolutionnaire des temps modernes, Diane Eteki, artiste graphiste, est venue présenter aux populations de Douala, certaines femmes qui ont écrit et continuent à écrire l’histoire de ce pays. « Ce sont des femmes qui m’inspirent et m’encouragent. Je leur rends hommage comme je veux le faire à toutes les femmes exemplaires du Cameroun dont la plupart sont encore anonymes voire déjà oubliées. Je souhaite donc leur rendre enfin justice, rendre visible leur contribution à la construction de notre pays et initier l’écriture d’une histoire du Cameroun au féminin », insiste Diane Eteki. On peut comprendre pourquoi, la majorité des visiteurs sont des femmes. Des futures décideuses ! Ce sont dix-sept portraits exposés depuis le 1er mars 2013 à l’IFC de Douala. Ces figurent nous parlent. Nous incite au travail. Au changement aussi. Dans un langage muet. Malheureusement.

Ce voyage historique se fait en trois étapes. D’abord, un clin d’œil aux « femmes ancestrales » d’avant 1700, aux militantes, dès 1940, de la lutte pour l’indépendance et aux femmes émancipées entre 1960 et 1970. Ce sont Kanya (Kaye Epée), fondatrice des Deïdo dont les enfants ont donné leur nom à plusieurs quartiers de Douala à l’exemple de Bonadjidje (les gens de Jinje) avec le premier chef Eboule Ebele (1789-1804) ; Elisabeth Kimasse, la première femme ancienne d’église ; Marthe Moumié, première militante de la décolonisation, Marie Irène Ngapeth Biyong, première présidente d’une formation politique à savoir l’Union démocratique des femmes camerounais (Udfec) associé à l’Upc ; Sita Bella, première femme journaliste, pilote d’aéronef et cinéaste, et Marie Thérèse Assiga Ahanda, première femme intronisée chef supérieur en 2000. Celles qui ont contribué à la construction nationale peignent la deuxième étape. Il s’agit de Delphine Tsanga, première femme ministre, Juliette Ketcha, 1ere femme députée à l’Assemblée nationale, Alvine Ekotto, 1ere femme déléguée provinciale à l’éducation nationale, Elisabeth Tankeu, 1ere femme à obtenir un bac scientifique, Isabelle Bassong, 1ere femme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, Alice Nkom, 1ere femme avocate et Marie Louise Eteki Otabela, 1ere femme docteur en science politique. La dernière étape revient à celles qualifiées de « la relève », représentées par Esther Endale, fondatrice de l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes (Alvf), Kah Walla, 1ere femme à participer aux élections présidentielles, Calixte Beyala, première femme à recevoir le prix du roman de l’académie française, et Françoise Mbango. Les couleurs utilisées captivent beaucoup le visiteur.

Des figures sélectives malgré la pléthore de femmes activistes connues au Cameroun. « Il faut commencer quel que part. C’est le début de la grande aventure de l’exposition des portraits de ces femmes battantes et combattantes », dixit Diane Eteki. Bref, ce sont des femmes de cœur. Des mamans qui œuvrent, chacune dans son domaine de compétence, pour une cause noble. Ce sont des femmes battantes qui impulsent à leur niveau, le changement. Mais finalement, elles sont oubliées dans l’histoire du Cameroun que l’on tente, aujourd’hui, de réécrire au féminin !

Frank William BATCHOU

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Commentaires

  • AH...........MERCI POUR LES RECTIFICATIONS.................

  • Ahahahahah; pas du tout Diane. Juste une petite confusion parce qu'en même temps, je faisais une note de lecture sur le livre de Kotto Bass écrit par Danielle Eyango. Tu comprends pourquoi. Je rectifie. Pas de soucis

  • SVP mon nom diane eteki et nom danielle eteki............

    c comen tu veux que je sois deja oubliée.

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