EXPOSITION RETROSPECTIVE : HOMMAGE À BURTON CHENET

Exposition de ses oeuvres du 21 mars au 21 avril 2016
à Maison Dufort



RÉSUMÉ BIOGRAPHIQUE DE BURTON CHENET 

Burton Chenet est né le 22 janvier 1958 à Suffren dans l'état de New-York. De père haïtien, Rony Chenet, assureur et de mère américaine, Nancy William, décoratrice d’intérieur, Burton Chenet grandit sous l’influence de ses deux  cultures avec ses deux frères Ronald et Cédric. 
En 1960, sa famille s’installe en Haïti. Burton Chenet a été bercé par sa nourrice haïtienne des contes et histoires fantastiques du pays. En 1978, Chenet commence à fréquenter le Centre d'Art et tisse alors des liens avec les maitres de la peinture naïve, Jasmin Joseph, Rigaud Benoît et le sculpteur Murat Brierre. À partir de 1980, il reprend la direction des États-Unis pour compléter sa formation artistique au Thiel College, Liberal Arts en Pennsylvanie puis au  School of Visual Arts à New York. En 1985, il reçoit le prix Doolittle de l'Indian Mountain School dans le Connecticut.  De retour en  Haiti, il enseigne la peinture à l’Ecole Nationale des Arts (ENARTS) de Port-au-Prince, de 1985 à 1991. Parallèlement, il travaille à temps partiel et installe son atelier à la boutique Ambiance, entreprise cogérée par sa mère, Nancy Chenet. Ainsi prend naissance Ambiance Design Studio où il produit et expose. Il arrive ainsi à conserver son indépendance créatrice. Son propre style s’affirme dans un mélange d’influence culturelle haïtienne et de modernité new-yorkaise. Ses maîtres sont tout autant les Robert Saint-Brice, Georges Liautaud que les Jackson Pollock, William De Kooning ou encore Marc Rothko.
Le 3 janvier 1993, il épouse Christine Audain, architecte paysagiste avec laquelle il eut deux filles Iris et Jasmine.
Le 21 mars 2012,  la vie de Burton Chenet s'est brusquement arrêtée. Il est assassiné en pleine nuit dans sa résidence à Turgeau, le quartier qui l'a vu grandir. Il avait 54 ans.  

(Archives Le Centre d’Art et Fondation Culture Création/BMP)   
 
BURTON CHENET : LES MYTHES, LA PEUR ET LE RIRE
 
 
La Fondation Culture Création et Les Ateliers Jérôme souhaitent partager avec vous le bonheur de découvrir l’œuvre de Burton Chenet dans ses diverses composantes.
Cet imaginaire libre et ouvert est né à un moment particulier de l’histoire. D’une part, une jeunesse américaine, génération des Beatles, traumatisée par les conséquences de la guerre du Vietnam, se cherche une porte de sortie : mouvement Hippie, Faites l’amour pas la guerre, Peace and Love…
Parallèlement en Haïti, une jeunesse meurtrie par l’enracinement des méthodes de répression tente une sortie vers les mouvements d’émancipation. 
En 1960, la famille Chenet (père haïtien, Rony Chenet et mère américaine, Nancy William) quitte les États Unis et s’installe en Haïti. Burton Chenet vit une enfance nourrie par les « histoires fantastiques et les récits d’aventure imaginaires » contés par sa nourrice. Son adolescence s’écoule entre le club américain de Pétion Ville, le cercle Bellevue de Bourdon et le quartier de Turgeau, tous ces lieux fragilisés par la situation politique du moment.
En 1978, Burton Chenet commence à fréquenter le Centre d’Art où il rencontre les maîtres de l’art naïf, Rigaud Benoit, Jasmin Joseph. En 1980, il  mène des études au School of Visual Art de New York au sein des remous libertaires de l’époque.   Son œuvre, vous vous en rendrez compte, sera marquée par toutes ces expériences et le découpage de l’exposition prend en compte tous les aspects de cette œuvre dans sa diversité.
- Une œuvre complexe qui met à profit les ressources techniques des écoles américaines et soucieuse de l’importance que prenait la culture Pop aux USA : graffitis, caricature, Arts de la rue. - Une œuvre en même temps consciente de ses souches haïtiennes qui prend ses distances vis-à-vis de « l’académisme formel », qui se rapproche de la peinture populaire dite naïve ainsi que des procédés et motifs des artistes du métal.  - D’un côté, Pollock, Rothko, de Kooning et de l’autre, Robert Saint-Brice, Jasmin Joseph, Georges Liautaud, Murat Brierre… - Burton Chenet produit une œuvre  qui vaut autant par ses qualités plastiques que par sa force expressive. Francine Murat dans l’introduction au catalogue Un monde à partager, publié en 1996, note son exubérance disciplinée.   - BC c’est une grande maitrise du dessin. Une ligne nette et ferme, une touche délicate, une grande pluralité thématique. (Chapitre Simplicité du regard)  - BC c’est l’harmonie visuelle des paysages abstraits construits sur la luminosité de la couleur,  le rythme d’aplats, les effets graphiques et de texture. Dans ce cas précis, le peintre abandonne la représentation pour la mise en place de dispositifs plastiques. (Chapitre Abstraction) - BC c’est à la fois la force du trait et la candeur du regard dans les tableaux naturalistes que vous retrouverez cette fois dans le chapitre Insouciance.  
Dans son aspect figuratif, cette œuvre prend assise sur un prodigieux sens de l’humour qui lui autorise par un procédé de renversement le comportement bien haïtien d’opposer le rire à la peur. Ainsi parvient-il à donner une réalité toute particulière aux mythes et légendes de l’imaginaire collectif ainsi qu’aux personnages de carnaval qui ont marqué au vitriol la vie sociopolitique haïtienne.  (Chapitre Au-delà des masques)
Dans la série Spiritualité, l’artiste s’approprie les codes et symboles du vodou pour nous les renvoyer avec respect et recueillement (Baron Simityè, Poto-mitan, Les sept flèches). 
« Méditation sur la mort » nous révèle un artiste conscient de ses moyens et profondément remué par la proximité de cette réalité implacable.  
Burton Chenet enfin est un « créateur d’images » dont le regard opère un va-et-vient constant entre les joies simples de la vie et l’angoisse d’exister. Cette angoisse qui aujourd’hui encore nous traverse.
Nous remercions Christine Chenet et ses deux filles, Iris et Jasmine, de nous avoir donné l’opportunité de redécouvrir cette œuvre signifiante en cette date du 21 mars qui rappelle le départ absurde et brutal de Burton Chenet.
Nous remercions tout particulièrement Fondasyon Konesans ak Libète (FOKAL) pour nous avoir restitué ce beau fleuron du patrimoine architectural haïtien, la maison DUFORT qui accueille remarquablement notre exposition.   
Mireille Pérodin Jérôme 21 mars 2016

 

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