Cette semaine, trois infos successives ont rappelé que le rôle des réseaux sociaux dans les médias aux Etats Unis ne cesse de grandir. Retour sur ces actus édifiantes dans ma chronique hebdomadaire pour l'Atelier des médias et sur mon blog.

Le New York Times cède à la pression de Twitter


Samedi, le grand quotidien new-yorkais a publié la nécrologie d'une scientifique, Yvonne Brill. Le journaliste ouvrait son article en mettant en avant les talents culinaires et la dévotion maternelle de la chercheuse. Le réseau social Twitter, choqué par cette attaque aux allures sexistes, s'enrage comme le montre cette collection Storify. Face à l'ampleur des critiques, le New York Times a cédé et corrigé son article en coupant cette phrase malheureuse. Un joli coup pour Twitter qui vient de "collectivement jouer le secrétaire de rédaction" du quotidien de la côte Est.

 

Instagram devient l'outil de travail des professionnels 

Dans la même période, le New York Times prouvait une nouvelle fois qu'il est très présent sur les réseaux sociaux en publiant la photo d'un joueur de baseball prise et éditée sur Instagram, la plateforme de partage d'images de Facebook. Ce clichéest signé par un photographe du journal et non par un amateur ou "journaliste-citoyen". Celui-ci explique qu'à choisir entre aller en studio avec le joueur ou se servir de son iPhone, il a préféré faire avec les moyens du bord. 
Ce n'est pas la première fois qu'une photo Instagram fait la "une" d'un grand média. Ce qui amène les journalistes à se poser plusieurs questions. D'abord, un certain nombre de professionnels s'interrogent sur l'avenir de la photographie traditionnelle. D'autres, au contraire, n'y voient aucune menace. Pour eux, il n'y a pas de raison de se priver des nouveaux outils technologiques. Enfin, la question des droits d'auteurs resurgit. Sur des services comme Twitter et Instagram, la plupart des contenus publiés sont en partie la propriété des plateformes qui les hébergent.  

 

L'autorité des marchés financiers autorise le partage d'infos sur les réseaux sociaux

C'est peut être l'ultime preuve que, pour les institutions américaines, désormais les médias sociaux "c'est du sérieux". La SEC, l'autorité américaine des marchés financiers, a annoncé autoriser les entreprises à diffuser des informations financières sur les réseaux sociaux. Cette question avait déjà été soulevée par le patron de Netflix, une entreprise proposant de la vidéo en flux continu sur Internet. Il avait annoncé  sur Facebook que son site avait franchi le cap du milliard d'heures visionnées. 
L'enjeu était donc de garantir un accès équitable des investisseurs à l'information financière. 

On avait l'impression que les réseaux sociaux étaient omniprésents, et que finalement tous les champs avaient été conquis. Ces trois exemples montrent bien qu'il y a encore de la place pour que ces plateformes s'installent dans nos usages quotidiens. Les institutions traditionnelles ne cherchent plus à résister à ces services.

Alors, quelles frontières reste-t-il à conquérir pour prouver que les réseaux sociaux ont décidément infiltré tous les étages de notre société ?

Marie-Catherine Beuth est journaliste, spécialiste des nouveaux médias au Figaro. Elle passe en ce moment une année aux Etats-Unis en tant que Knight Fellow à Stanford. Elle est l'auteure du blog 
Étreintes digitales. Chaque semaine, dans l'Atelier des médias, elle s'arrête sur l'un des aspects de la r/évolution des médias actuellement en cours.

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Commentaires

  • Billet très intéressant de Marie-Catherine Beuth. Je crois que l'influence des réseaux sociaux se révèle progressivement, notamment dans le domaine de la presse. On ne peut plus par exemple se passer aussi de ces réseaux comme source d'info, tout le monde s'improvisant journaliste. Le danger est peut-être que cette influence menace même le statut de journaliste, surtout les journaliste-web. 

  • UNE FORTE OBSERVATION
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