Quartier général de la National Security Agency (NSA) à Fort Meade, Maryland (Wikimedia Commons)

 

Cette semaine, je reviens sur l’évolution du data-gate PRISM, nom donné au système de surveillance des communications électroniques, et qui a touché les grandes sociétés Internet aux États-Unis.

 

La semaine dernière, j'expliquais dans l'Atelier des médias que le quotidien britannique The Guardian avait révélé que les services secrets américains (NSA) surveillaient toutes les communications électroniques sur le territoire américain.

 

Les grandes sociétés du net concernées - Google, Microsoft et Facebook entre autres - commencent à s’inquiéter des répercussions de leur implication dans ce scandale. Dans un premier temps, elles se sont empressées de réfuter les accusations portées par un ancien de la CIA qui a remis des documents compromettants au Guardian et au Washington Post.

 

En réalité, pour récupérer un semblant de légitimité dans cette affaire, ces géants du web ont minimisé leur rôle dans cette affaire en jouant sur les mots : ils contestent notamment la notion “d’accès direct” et de “participation consciente”. Pourtant, ils ont bien partagé des informations personnelles d’internautes avec les renseignements américains. Cette semaine, pour tenter de regagner la confiance de leurs utilisateurs et de convaincre le département de la justice américaine, ils ont rendu public ce qu’elles avaient publié.

 

En jouant la carte de la transparence, ces entreprises espèrent prouver que les données des utilisateurs ont été livrées suite à une demande de la part de la NSA, et que ces informations ne concernent en fait qu'une minorité de leurs utilisateurs.

 

Quelques chiffres :

  • Sur Facebook, 18.000 à 19.000 comptes seraient concernés,
  • Microsoft : 6.000 à 7.000 demandes de renseignements, pour 30.000 comptes concernés,
  • Yahoo a du faire face à 10.000 à 12.000 requêtes des autorités,
  • Google n’a pas encore partagé ses informations.

 

D’autres secteurs commencent à s’inquiéter de l’effet boomerang du scandale. Notamment le monde publicitaire, qui, dans le numérique, base beaucoup de son business sur le traitement et la collecte de données. Le secteur de la publicité se sert des données internet des utilisateurs pour leurs proposer de la publicité ciblée. Leur inquiétude est alors plutôt du côté de la législation. Ce data-gate va-t-il pousser le législateur à sévir pour éviter que le vaste champs de données numériques soit utilisé à de mauvaises fins commerciales ?

 

Marie-Catherine Beuth est journaliste, spécialiste des nouveaux médias au Figaro. Elle est en ce moment Knight Fellow à Stanford aux Etats-Unis, où elle travaille au développement d'une application média qui doit modifier notre manière de nous informer en fonction du temps que nous pouvons consacrer à la lecture des actualités. Elle est l'auteure du blog 
Étreintes digitales. Chaque semaine, dans l'Atelier des médias, elle s'arrête sur l'un des aspects de la r/évolution des médias actuellement en cours.

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Commentaires

  • je pense que les états unis ont des ennemies et qu'il ne sert à rien de vouloir se le cacher

    à quoi servirait donc de s'octroyer autant d'énergie et de sou pour sacrifier la sécurité intérieur de son territoire.Les américains ont raisons.

  • c scandaleux cette histoire, mais peut on se passer de ces geants du net?
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