Et si nous repensions la salle de classe ?

Je sais que tout le monde parle de rythmes scolaires et que ça compte mais les lieux d'apprentissage sont tout aussi importants. Nous ne pouvons pas oublier que nous sommes sensibles à la lumière dans la cuisine, au confort du bureau. Nous voulons tous que nos enfants apprennent dans les meilleures conditions possibles. Mais trop peu font le lien entre l'espace de la salle de classe, son organisation, son mobilier et leur impact sur l'apprentissage.

On sait pourtant que le cadre influe sur le travail comme sur l’innovation. J’aimerais prendre au moins deux exemples :

  • Les bureaux flexibles de Google encouragent la créativité. Couleurs, espaces modifiables, panneaux blancs, tout y contribue. Si l’on en croit ce qu’ a déclaré un des cadres à FastCompany >>> « Ce qui fait vraiment que les gens travaillent mieux ensembles c’est un sens du fun, de non-compétitivité et de non-hiérarchie ».
  • Autre exemple, Ideo, la célèbre entreprise de design qui a longtemps travaillé avec Apple, propose des espaces de travail qui sont à la fois « tranquilles et collaboratifs ».

L’importance des espaces pour les écoles

J’en suis convaincu et j’en veux pour preuve le fait qu’ailleurs, des éducateurs commencent à modifier les espaces dans lesquels les enfants apprennent.

  • A l'école Telefonplan de Stockholm les salles traditionnelles sont remplacées par
  • des lieux pour des lieux pour se concentrer (la cave),
  • des lieux pour expérimenter (le lab),
  • des lieux pour travailler en groupe (le feu de camp)
  • des lieux pour interagir (le puits)
  • et, des lieux pour montrer ce qu'on a fait (la frime).

En France, les discussions sur les modes d’enseignement abondent.

  • On parle de plus en plus // je ne peux pas m’empîecher de dire « enfin » // des outils numériques qu'il faut mettre à la disposition des enfants et / un peu / de la culture que ça implique. "Le digital c'est maintenant" écrit en tous cas Bruno Grossi sur le HuffingtonPost.
  • Les questionnements sur la pédagogie ne manquent pas dont certains sur la "classe inversée" qui consiste à faire regarder des vidéos et des documents aux élèves, avant d'en parler à l'école, au lieu de les faire travailler dessus après les cours.

Mais l’aménagement des salles de classe est rarement évoqué malgré des expériences intéressantes.

Quelques exemples

On en trouve, bien sûr, mais ils ne sont pas très nombreux. J’en ai retenu deux :

  • La salle dans laquelle enseigne Antoine Taly, professeur de biologie à la Faculté de médecine de Cochin, est ainsi décrite par un de ses collègues :
    "Elle conviviale, aux murs couverts de schémas et de post-its multicolores, aux tables à roulettes disposées en demi-rectangle de manière à ce que tout le monde puisse se voir et interagir efficacement. Le prof est dans un coin à côté des étudiants qui s’approprient l’espace de manière tout à fait naturelle."
  • L'ESSCA (École Supérieure des Sciences Commerciales d’Angers) propose des salles de classe « modulables » dans laquelle les étudiants, assis sur des chaises à roulettes munies de tables, peuvent organiser l’espace comme ils l’entendent.
  • J’ajoute qu’une partie des cours que j’ai donné l’an dernier à la Web School Factory s’organisait sur la même base.

Ce qui est dommage c’est qu’un tel sujet n’a guère de chances de mobiliser ni la droite ni la gauche Alors qu’il pourrait sérieusement contribuer à rendre les enfants plus passionnés par l’école et plus créatifs. C’est, comme toujours, à nous de choisir.

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Francis Pisani
@francispisani
Perspectives on innovation, creative cities, and smart citizens. Globe wanderer. Distributed self. Never here. Rhizomantic.

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Commentaires

  • Je viens d'écouter une partie de l'entretien de Ziad avec Francis Pisani sur RFI, par hasard. J'ai écouté parce que je suis enseignant ET ensuite parce que tous les observateurs sincères, élèves,étudiants, enseignants, ministre et président sont tous conscients de la décadence de l'école sénégalaise et elle n'est pas assurée d'être sauvée de la décadence par des ASSISES, et le pays des énormes et fâcheuses conséquences qui découler directement du déficit intellectuel, surtout du déficit scientifique et technique dans l’État industriel qui partout, selon John Kenneth GALBRAITH, exige une technostructure capable de voir clair pour diriger la marche de l'histoire et la seule capable d'assurer l'avenir sur des bases sûres même si elle ne sont pas infaillibles, notamment,le chômage et le pauvreté, la délinquance, le banditisme, la criminalité, la clochardisation de l'existence individuelle et de l'existence collective.
    Comment cultiver la passion pour le savoir positif et la créativité chez l'enfant dans une école, dans une salle de classe, dans la rue, en plein air dans un village, c'est une question que j'ai entendue et que j'ai bien retenu et si j'avais quelque voix significative dans mon pays, je ne chercherais qu'à répondre à cette question vitale. Il semble que Albert Einstein aurait dit qu'on gagne des élections démocratiquement par des amis, mais qu'il es toujours nécessaire de gouverner par des hommes et des femmes qui ont le pouvoir de voir clair dans les pouvoirs extensibles et compressible de l'existence. L'autre jour j'ai entendu parler de nano organisme. Celui qui peut voir ce qui est aussi grand qu'un mètre divisé par un milliard, c'est à celui-la qu'appartient le monde. 40 milliards de francs CFA pour forer des philosophes ou des professeurs de philosophie, des poètes, des avocat, des arabisant. Heureusement, le président actuel du Sénégal a dit aux ASSISES" Si vous oubliez encore la priorité des sciences et des techniques, vous pouvez être sûrs de passer à côté" et ce serait une catastrophe plus grande que la mort accidentelle ou naturelle d'un étudiant, parce que c'est pourquoi il faut aller jusqu'en France pour répondre scientifiquement à la question QUI A TUE L’ÉTUDIANT BASSIROU BIRAM FAYE( mathématicien et physicien) DE L’UNIVERSITÉ CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR?
    Les sciences et les techniques, mais comment cultiver la passion chez l'enfant le plus pauvre?

  • Il serait temps, quels attardés nous sommes !!

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