Et l'homme créa... les escort (Facebook) girls

Une fois n'est pas coutume, je vais vous parler de ma pratique et mes aventures sur Facebook, personnelles. Déjà, sachez que je pars du principe que mes réseaux sociaux sont ouverts, non privatisés, ni même partiellement. Je considère aussi que les réseaux sont faits pour rencontrer un maximum de personnes, bonnes ou pas, comme dans la vraie vie. Je ne freine rien sur ces écrans, ni ne filtre. Il faut jouer le jeu du 2.0.

Ceci étant dit, j'observe aussi les pratiques de mes contemporains connectés, et notamment leur excès et dérives. Sur Facebook, ces derniers mois, la drague direct y bat son plein, de mon point de vue. Mais pas seulement, à lire ces méthodes de drague sur Facebook ou même sur Twitter, qu'on croise aisément sur le web.

Une sorte de "marketing direct" du "pecho", de gestion 2.0 de "l'emballage". Suis-je une cible repérée et attirante ? Toujours est-il que quatre "nanas" ont tenté de m'alpaguer sur FB, à travers la messagerie instantanée et avant cela par les demandes "en amitié". A travers ces quatre expériences assez rapprochées, un certain fil conducteur se dessine. Il comporte notamment :

  • une photo sexy : prise pour attirer le chaland, suggestive mais pas trop. On ne tombe pas dans la pornographie ni dans le scabreux;
  • des profils jeunes et seuls : dans les 20/25 ans, pas plus, toutes célibataires;
  • des localisations hors de France : l'une en Afrique centrale, l'autre en Tunisie... 
  • une orthographe aléatoire : les filles alpaguent certes, mais écrivent comme en language SMS ou comme des non françaises de langue. Veut-on ici faire cool ?
  • l'envie de sortir : du cadre du seul réseau Fcebook, et de vous emmener ailleurs, sur une messagerie privée, un autre écran, un autre mode, etc. On sent ce sujet très vite présent à leur esprit. Il ne faut pas perdre de temps...

Guide de survie en milieu "draguouillant"

Les sollicitations étant pressantes, voici ce que j'ai opéré, que je vous livre comme une modeste méthode de survie, pour ne pas être trop importuné, sans pour autant fermer tous ses réseaux (ce qui serait un comble). Vous verrez, c'est très formateur et on en apprend au passage.

  1. je réponds par des questions : ces dames veulent tous savoir (âge, profession, ville...). Retournez leur les questions, vous verrez, elles vont peu à peu se refermer, se lasser;
  2. je prends mon temps : pas de réponse tac au tac, ralentissez la cadence, et pensez à ce que l'on veut vous faire faire. Ca vous évitera des bêtises, en se laissant prendre à la vitesse;
  3. je reste volontairement froid : elles tentent de personnaliser les questions, d'aller à l'intime, au sentiment... Restez factuel, cordial, curieux mais sobre. Comme si vous rencontriez quelqu'un pour la première fois dans la rue, qui vous aborde. Il serait inapproprié de la laisser vous sauter dessus de suite; hé bien penser pareil en mode numérique;
  4. j'affiche mieux ma "couplitude" : j'ai depuis peu mis à jour mon profil FB en indiquant mon statut d'homme marié clairement (auparavant, ma femme n'était pas sur FB et puis une fois dedans, elle souhaitait y rester discrète sans connexion entre nos 2 comptes). Nous avons changé cela depuis lors. Et dans la conversation, je dis rapidement que je suis en couple, avec des enfants. Là aussi, la questionnite excitée se calme rapidement... et fait parfois place à une coupure totale. Vous n'êtes plus dans la cible, vous n'intéressez plus, on vous zappe pour fixer un autre pigeon.
  5. apprenez-en aussi : en retournant les questions, vous pouvez aussi apprendre de l'autre et de ces pratiques voire motivations. J'ai joué à ce jeu avec la dernière personne qui m'a "connecté", en la questionnant sur ses propres pratiques web et 2.0. Comme si j'étais un sondeur, un "marketeux" en enquête active. In fine, j'adorerai savoir pour quels réseaux elles bossent, sont-elles coordonnées, ou pas, quel est l'objectif final, etc ?

Une offre alternative aux sites de rencontre

Bref, vous l'avez compris, que cela soit organisé ou pas, Facebook semble être devenu un terrain de chasse aux gogos qui se laissent attraper. Pourquoi ? Est-ce parce que les réseaux classiques de rencontre saturent (comme les Meetic) ? Parce qu'ils manquent de subtilité ? Parce que Facebook a une taille critique supérieure ? On a établi par exemple que "ce ne sont pas moins de 100 millions de célibataires qui s'y bousculent à l'échelle mondiale" (in Les Echos).

Nul doute que ces escort girls d'un nouveau genre, veulent attirer vers du service payant, voire plus si affinités. Ce n'est pas un crime certes, c'est juste exaspérant. Mais tout comme l'est le racolage sur la voie publique, les call centers de conquête agressifs par téléphone, ou tout simplement les personnes lourdes qu'on croise contraint forcé.

Encore une fois ce n'est pas l'outil qui fait la mauvaise pratique, mais l'intention et le délire qu'on y met. Que ces vastes places de profils soient abordés par des gens mercantiles et piégeurs, ce n'est pas une surprise. C'est même à la limite rassurant car terriblement humain. Il eut été inquiétant que par essence, un réseau ou un média social, puissent seulement être vertueux et sans tache qui dérange. Une sorte de "modèle supérieure de relation sociale", qui se serait imposé au reste de la société. Stérile.

Et encore une fois, sans règlementation ni coup de poing, la seule bonne réponse demeure celle du discernement et du choix individuel. Sur ce que l'on est prêt à accepter, sur ce qui relève d'une intrusion dans sa sphère privée, fusse t-elle numériquement exposée en réseau.

Avez-vous constaté, subi ce genre de pratiques ? Sur Facebook ou via d'autres réseaux sociaux ?

Pour prolonger : le sujet peut prendre une autre dimension, avec la prostitution sur Facebook; la pornographie au boulot

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