Pas besoin d’être magicien pour connaître le résultat d’une élection présidentielle avant la fermeture de tous les bureaux de vote. Les instituts de sondage sont capables de le déterminer bien avant l’annonce officielle de 20 heures. Mais comment s’y prennent-ils pour connaître les résultats avant que tous les bulletins ne soient dépouillés? Et surtout, leurs chiffres sont-ils fiables ? Les réponses dans ce billet.
Pour être en mesure d’annoncer le nom du prochain président de la République Française, le 6 mai à 20 heures exactes, les médias font appel aux estimations des instituts de sondage. Seuls capables de donner l’ordre d’arrivée des candidats et des chiffres très proches des résultats définitifs.
Une course contre la montre
Le dimanche du vote, à 18h, dès la fermeture des premiers bureaux , des correspondants placés au quatre coins de la France collectent et transmettent au siège le nombre de suffrages exprimés et le résultat des dépouillements partiels, qui correspond aux 200 premiers bulletins dépouillés dans le bureau. Au siège, les sondeurs intègrent ces données dans le logiciel de calcul capable d’évaluer la tendance. C’est mathématique, dès 18h30, les instituts de sondage connaissent l’ordre d’arrivée des candidats. Mais pour en départager deux très proches, il faut parfois attendre 19 heures que les résultats s'affinent.
Pour l’institut de sondage Ipsos, les correspondants sont répartis dans 250 bureaux de vote à travers la France entière. Ces bureaux “témoins” ont été sélectionnés pour être le plus représentatif en termes de population, de tendance politique et d’agglomération. Pour ce dernier critère, “un tiers des bureaux est situé en zone rurale, un tiers en zone péri-urbaine et un tiers en zone urbaine”. Vincent Dusseaux, chef de groupe Ipsos, explique que les scores se précisent au fur et à mesure que les résultats arrivent au siège. Leur résultat définitif est généralement consolidé lorsque les informations des 100 premiers bureaux de vote ont été intégrées dans la base de données.
Tenir compte de la tendance
Depuis 1965, les instituts de sondages réalisent des estimations pour les présidentielles. Une des premières techniques consistait à pêcher l'information à la sortie des urnes. Mais depuis 2002, l’institut de sondage Ifop, entre autres, a mis fin à cette pratique jugée “trop onéreuse”. Aujourd’hui, la fiabilité est d’autant plus importante que les logiciels de calcul tiennent compte des tendances des premier et second tour des élections présidentielles précédentes (pour cette élection, il s'agit de la présidentielle de 2007 et des régionales en 2010).
Le tableau ci-dessous recense toutes les estimations annoncées à 20 heures depuis 1965 (source Ina.fr). A travers les années les résultats estimés deviennent de plus en plus fiables, parfois cela se joue au millième près:
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Balises : #2012, #actualités, #estimations, #politique, #présidentielles, #sondages, #vote, #élections
Commentaire de Lisa Azorin le 6 mai 2012 à 13:24 C'est tout de suite plus clair ! Merci !

Commentaire de Guejopaalgnane le 7 mai 2012 à 1:38 Avec les sondages comme avec les estimation une même question persiste. Si on peut changer de décision de vote en l'espace d'un mois, d'une semaine ou d'une journée, on ne voit pas pourquoi le doute pourrait persister jusque dans l'isoloir. Avant la manière dont le résultat se détermine relativement, ce qui pose problème c'est le déterminisme dans l'acte de vote. Pour Durkheim les électeurs comme les suicidés ne choisiraient pas leur décision mais seraient poussés par une force sociale irrésistible qui leur impose une solution de sortie de crise. Avec Durkheim, le vote serait déterminé de l'extérieur et pourrait être prévisible. Pour Max Weber par contre, l'acte de vote relèverait de déterminants psychologiques inaccessibles de l'extérieur. Si Max Weber a raison et si malgré l'intimité des électeurs ou leur prétendu intimité impénétrable,les sondeurs d'intentions de vote et estimateurs de vote parvient à s'approcher d'une certaine manière des résultats effectif d'un scrutin, il faut alors en conclure que les intimités sont nés naturellement avec un dénominateur commun ou alors un dénominateur commun très influent a été installé en eux durant leur histoire. Une liberté prévisible, c'est cela le paradoxe de l'homme mis en évidence dans la démocratie par les sondages et les estimations.
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