Espagne : la monarchie en crise

Par Charline Vasseur

Pour la famille royale espagnole, 2013 ne s’annonce pas meilleure que 2012, qualifiée d’annus horribilis. Les scandales n’en finissent pas d’éclabousser la couronne. Le 23 février 2013, les Espagnols ont manifesté massivement contre l’austérité et la corruption. A juste titre puisque Iñaki Urdangarin, gendre du roi Juan Carlos, comparaissait le même jour devant la justice... pour une vaste affaire de corruption !



C’est le plus grand scandale que les Bourbons d’Espagne aient jamais connu en 37 ans de règne. Depuis fin 2011, Iñaki Urdangarin, époux de l’infante Cristina et ancien champion olympique de handball, est soupçonné d’avoir détourné des millions d’euros d’argent public via une société privée. C’est un coup de massue pour la famille royale.
En effet, depuis la mort de Franco en 1975, Juan Carlos incarne pour la société espagnole la transition démocratique réussie.

 

Mais aujourd’hui, les Espagnols ne tolèrent plus les faveurs accordées à la Casa Real. Rappelez-vous, en avril 2012, on apprenait que Juan Carlos aimait chasser l’éléphant au Botswana. Un loisir onéreux qui fait très mauvais genre en période de crise. C’est de nouveau le scandale. Le consensus national autour de Juan Carlos commence alors à vaciller... Un chroniqueur réputé du quotidien El País ose même conseiller au roi de démissionner.



Le weekend dernier, le deuxième rendez-vous d’Iñaki Urdangarin avec la justice a relancé les critiques à l’encontre de la monarchie. En tête les socialistes catalans du PSC et les socialistes basques du PNV. Deux partis très républicains et nationalistes mais pas franchement révolutionnaires non plus… Des modérés donc, qui attaquent l’institution la plus protégée d'Espagne. Preuve que le soutien général à la famille royale s’effrite encore un peu plus. Devant l’assemblée parlementaire, le porte-parole du PNV, Aitor Esteban, a quant à lui émis l’idée d’une réforme de la monarchie.


Il est vrai que le mauvais état de santé de Juan Carlos dû à son grand âge et les multiples scandales ont alimenté des rumeurs de départ, au profit de son fils Felipe. Pourtant, le 22 février 2013, la Casa real a publié un démenti. Dans la foulée, le parti conservateur au pouvoir, le PP, a martelé que le roi est et reste le garant de la stabilité politique.

En Espagne, le chômage touche actuellement un quart de la population, soit environ 6 millions de personnes dont de nombreux jeunes. Acculés, étranglés, étouffés par la crise, les Espagnols supportent de moins en moins les frasques de ceux qui les gouvernent.

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Chaque semaine, le Buzz du Carrefour de l'Europe est repris et diffusé sur l'Atelier des médias. Cette chronique explore les vidéos et les histoires décalées qui ont fait le Ramdam en Europe et qui, souvent, sont passées inaperçues en France et dans le reste du monde.

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