Adolfo Suárez, l'homme qui réussit à sortir l'Espagne de l'isolement en Europe en 1977, est décédé. Les funérailles furent pompeuses. Il ayant lutté pour conserver la monarchie et créer un système de partis, ne put pas voir la fin de sa création. Il était atteint d’Alzheimer. Le cynisme des maladies.

Il y a une ressemblance entre le jeu d'échec et la transition démocratique espagnole. Le cavalier a été pris. On a que le roi, la reine et le peuple que l'on peut surnommer « pions »., Les indignés réclament l'arrivée de la république. Le roi n'a plus son cavalier qui puisse défendre ses intérêts.

Fin de Suárez.. à suivre... la fin de la monarchie

Le roi assista aux funérailles de Suárez, son ex-président de gouvernement. Le seul qu' il put nommer. Les autres seront élus par le peuple, Le roi ne connaîtra jamais le sentiment d'être élu au suffrage universel. À son âge cela ne semble pas plausible. Tôt ou tard il suivra l'exemple de Suarez: s'en aller.

Le 3 juillet 1976 il chargea Adolfo Suárez de l'aider à démocratiser le pays en le nommant premier ministre. Cela lui permettra à assurer sa place sur le trône. Il fallait dissoudre l'Assemblée Nationale franquiste. Il fallait que le roi ne le fasse pas.

Suárez: la dissolution de l’indissoluble, l'Assemblée de Franco

Après que l'Assemblée, las Cortes, eut voté pour la loi pour la réforme politique le 15 décembre 1976, le peuple en majorité soutint la décision de convoquer les premières élections depuis 1936. Suárez semble être plus efficace que l'on avait imaginé. Tout se déroula tel que le roi et Torcuato Fernandez Miranda l'eurent envisagé. Mais qu'est - ce que les parlementaires franquistes reçurent en échange afin de se supprimer eux-mêmes?

Est - ce que les députés acceptèrent à perdre leurs privilèges et se faire licencier pour laisser leur place à une bande de communistes comme la Pasionara, Alberti et Carrillo? Tout a un prix dans ce monde. Suárez avait du talent pour négocier. Il appela le neveu de l'égérie de la Falange, José Antonio Primo de Rivera, pour qu'il présentât la loi aux membres de las Cortes. Bonne combine. Est – ce que quelqu'un aurait osé traiter Miguel Primo de Rivera y Urquijo de communiste?

La loi pour la Reforme Politique ne cherchait qu’établir deux partis majoritaires qui éclipseraient les "petits" partis.

Les partis principaux ayant conformé cette alliance furent le PSOE de Felipe González qui regroupait la gauche monarchiste, et son rival, un parti de droite bien maquillé qui pouvait bien abriter sous son aile à tous qui eussent voté pour cette loi que le roi voulait faire passer à tout prix. En tout cas, les députés franquistes siégeraient au Sénat afin de reprendre leurs privilèges.

Fin de las Cortes: voyage du Congrès des députés au Sénat

Par exemple, Miguel Primo de Rivera y Urquijo, qui semblait très persuadé que c'était l'heure d'élire leurs autorités au suffrage universel, fut nommé sénateur par le roi en 1977. Il ne fut pas le seul à être récompensé. Ainsi Torcuato Fernández Miranda, rédacteur de la Reforme, quatre ministres franquistes soutenant la dissolution des Cortes comme Marcelino Oreja Aguire (Affaires Étrangères), Rodolfo Martín Villa (Interieur), Landelino Lavilla (Justice) et Ignacio García López, (Secrétaire général de la Falange) et le procurateur Juan de Arespacochaga y Felipe réussirent à siéger au Sénat tel qu'il leur fut promis.  

Est -ce que ce fut un hara-kiri ou une résurrection pour se plier aux désirs démocratiques d'une Espagne exigeant un changement?

Sa majesté savait remercier les services prêtés à la Nation. Suárez avait tenu sa parole. Au contraire, Pilar Primo de Rivera, une autre franquiste, sœur du fondateur de la Falange, s'abstenant de voter pour la loi, ne fut pas réélue en 1977 et le roi ne lui donna aucun poste. Suárez lui avait prévenue. Il fallait que tous se soumissent à ce changement politique. Blas Piñar, un autre franquiste membre de las Cortes qui osa voter contre la loi sera balayé lors des premières élections du 15 juin 1977. Aucun siège au Sénat ne lui fut accordé. Aucune décoration royal non plus.

Voyage de las Cortes franquistes au parti de la droite franquiste, Alianza Popular

Par contre la droite franquiste d' Alianza Popular; fidèle au roi, réussit en 1982 à se recycler en obtenant 107 sièges au Congrès des Députés et 54, au Sénat.

Tout bien structuré. Le plan de Torcuato Fernandez Miranda, idéologue et rédacteur de ce projet démocratique, marchait à fond. En 1980 il est décédé d'une crise cardiaque mais il put se réjouir de voir son œuvre presque achevée grâce à Suárez et son astuce.

À ce point - là, Suárez demanda à son « ennemi » et son associé dans la Transition. Santiago Carrillo, le leader du Parti Communiste de le taxer d'anticommuniste dans une interview qu'il fallait qu'il soit publiée et lue par les franquistes qui détestaient le premier ministre. Il fallait feindre qu' entre Suárez et Carrillo existât une relation de méfiance. C'était claire. Juan Carlos avait recruté l'homme parfait.

Pourtant la mémoire de Suárez commença à le trahir en 2005. Tous les hommes qu'il avait fréquenté disparurent de son esprit . Même le Roi. Même la Constitution qu'il soutint lui semblait un dossier de papiers sans aucun sens. Même les visages ingrats de tous ses opposants politiques qui le trahirent et exigèrent sa démission en 1981.

On dit qu' Adolf Hitler le nazi devint aveugle après la défaite de l'Allemagne en 1919. Adolf Suarez le bon devient aveugle en quelque sorte: comme si quelqu'un avait vidé sa tête de tous les bons et méchants personnages qu' il avait croisés. C'est vrai que le roi cherchait quelqu'un de remplaçable. Tous les hommes sont à la fin remplaçables.

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