Article mis à jour le 18 janvier 2013.

Observateur attentif de l’évolution des médias, Eric Scherer vient de publier son dernier Cahier de Tendances [pdf] qui décrypte les nouveaux usages de consommation et production de l’information. Cette publication semestrielle est un des grands rendez-vous de la prospection média. Elle est toujours très attendue de tous les spécialistes et tous les passionnés de la révolution numérique. Cette semaine, L’Atelier des Médias reçoit Eric Scherer, le grand spécialiste des nouvelles technologies.

Eric Scherer est directeur de la prospective à France Télévisions. Il joue un rôle de tête chercheuse et d’éclaireur, qui suit les innovations, les tendances, les évolutions et les révolutions qui touchent l’écosystème médiatique. Son blog Meta-media retranscrit son travail. Il est également professeur à l’école de journalisme de Sciences Po Paris.

Ce quatrième numéro, intitulé “Médias : le low cost passe en mode industriel”, met l’accent sur le phénomène d’industrialisation des modes de production et de distribution low cost. Le but de ce travail est de comprendre les changements des usages du public. C’est-à-dire, la façon dont le citoyen consomme l’information, se divertit, se cultive. Ce Cahier s’attarde sur les nouvelles pratiques du journalisme, toujours en mutation, dans l'espoir d’offrir une “boîte à outils numériques”.
La mode est à la mobilité via les smartphones et les tablettes. Cette évolution touche notamment la télévision, soumise à de nouveaux rythmes, de nouvelles interfaces, de nouveaux formats.

Les grands sujets du Cahier de Tendances

Cité au début du Cahier de Tendances, Bruno Patino, directeur général délégué au développement numérique et à la stratégie de France Télévisions, explique que les nouveaux consommateurs d’informations réinventent la télévision. Aujourd’hui, on ne se contente plus de regarder son écran. Le téléspectateur veut interagir avec ce qu’il voit. En fait, il réinvente et enrichit l’expérience télévisuelle. “Aujourd’hui, smartphones et tablettes sont les écrans essentiels où contenus et oeuvres sont commentés et partagés, remixés et coproduits, seul ou à plusieurs”.

Parallèlement à ces bouleversements, des processus moins onéreux de création et de diffusion de contenus animés sur Internet se démocratisent. Selon Eric Scherer, nous entrons dans le seconde étape de la révolution numérique avec l’Internet mobile, le rôle du second écran, la TV connectée, le cloud et l’exploitation des données. “Aujourd’hui, les nouveaux médias low cost sont passés à la phase industrielle”. L'un des éléments majeurs de cette révolution qui secouent les médias traditionnels, c’est le fait qu’on puisse produire et distribuer des contenus informatifs beaucoup moins cher qu’avant. Les barrières économiques se sont effondrées dans un univers où chacun peut devenir un média.

Le low cost numérique
Grâce au passage au numérique, les nouveaux médias se sont appropriés le low cost (à bas coût) pour le redéfinir. Désormais, ils produisent “plus, mieux et moins cher”. Par ailleurs, le format du contenu numérique offre une multitude de services supplémentaires peu coûteux : il est connecté, social, distribuable, modifiable... Et c’est l’utilisation qu’en fait le consommateur qui donne sa valeur. Eric Scherer prend plusieurs exemples pour illustrer ces propos : le blog est un journal sans les charges d’une imprimerie, le smartphone est une caméra et une télévision connectée, Twitter est devenu une agence de presse mondiale et gratuite, un espace de conversations.  

L’auto-édition, l’auto-distribution
Aujourd’hui, les internautes utilisent les mêmes outils que les journalistes. Ils produisent, publient, commentent. Internet a favorisé la diffusion des créations, notamment au moyen des réseaux sociaux. Désormais, un amateur peut concurrencer un professionnel sur des réseaux tels que Twitter, Instagram, Youtube. Parallèlement aux nouvelles créations, de nouveaux modes de financement émergent. La co-création et la co-production sont deux tendances qui passent par un appel au public (crowdfunding). Cette technique favorise le mélange d’outils, de compétences puisqu’elle repose sur le participatif.

YouTube, un média à part
Cette plateforme sociale de vidéos est accessible à tous et dans le monde entier. Les amateurs y sont les nouveaux-pro, créant ainsi un nouvel écosystème professionnel-amateur. En France, YouTube est devenu le 1er site d’entertainment. Eric Scherer démontre qu’aujourd’hui, il cherche à s’industrialiser : chaînes éditorialisées, playlists personnalisées, système de recommandations, audience mobile privilégiée.

La TV réinventée par le public
La télévision est certainement le média qui a le plus de retard en matière d’innovation numérique. “Cette transformation passe, comme ailleurs, par des modifications radicales des modes de consommation, des usages et des habitudes, facilités par la pénétration du haut débit et des terminaux mobiles”. Le consommateur d'informations est devenu omnivore, il se nourrit de beaucoup de contenus qu’il va lui-même choisir sur différents médias et en temps réel.

Selon Eric Scherer, la télévision a quitté le téléviseur. Aujourd'hui, elle est disponible partout, en direct comme en différé. "Le taux de pénétration des smartphones et des tablettes est foudroyant", le second écran est en train de devenir le premier. finalement, le télénaute réinvente l'expérience télévisuelle.

Vous pouvez écouter les bonus de l'émission ici.

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Balises : Eric Scherer, emission, internet, low cost, medias, r/évolutions dans les médias, émission

Commentaire de ivan zempleni le 16 janvier 2013 à 10:33
La France, c'est un fait, a pris la décision d'intervenir au Mali...
Commentaire de Youki Ze-dog le 16 janvier 2013 à 10:56

C'est bien, interactif et tout... (low cost?... non...je pense pas), mais:
>>Vos questions à Eric Scherer sur son cahier de Tendances médias

on les pose où ces questions ? ici dans les commentaires? en haut en cliquant sur "envoyer un message" (qui est adressé à Raphaelle Constant)? manque d'ergonomie: trop d'interactivité tue la compréhension !...
>>le smartphone est une caméra et une télévision connectée
oui au prix souvent d'une telle baisse de qualité (images fortements pixellisées et son aproximatif) qu'on ne comprend pas grand-chose... je pense que le langage "low cost" a ses limites qui cependant parfois peut inviter à la créativité: rédiger intelligemment sur twitter par exemple... Un monde est à inventer, faut pas se contenter ce concurrencer!

Commentaire de Raphaelle Constant le 16 janvier 2013 à 11:14

Bonjour Youki Ze-dog, 

Tout d'abord, merci pour votre participation, nous tiendrons compte de vos remarques. Pour poser vos questions à Eric Scherer, il suffit en effet de rédiger un commentaire à la fin du billet. Nous reprendrons les questions des membres au cours de l'émission enregistrée jeudi.  

Bonne journée !

Commentaire de Gaïus Vagheni Kowene le 16 janvier 2013 à 12:02

Bien, Merci

Ma question est en rapport avec les nouveaux medias et le low cost: Que conseille-t-il aux jeunes Africains qui n'ont pas assez de moyens pour s'acheter du materiel sophistiqué et qui ont besoin d'une qualité superieure? Y-a-t-il des applications (gratuites, bien sur) qu'il pourrait conseiller pour regler ce probleme.

Selon lui, quel est l'avenir des nouveaux medias en Afrique et de quelles opportunités devraient se saisir les Africains pour émerger dans ce domaine.

Merci.(J'ai un clavier Anglais) 

Commentaire de Fofana Bagnoumana Bazo le 16 janvier 2013 à 12:33

merci pour ces questions, il faut dire que les inquiétudes soulevées par Vagheni et youki

en fait la qualité des images reçues sur les smart phones, mais ce qui est important pour moi, c'est de pouvoir saisir l'information qui est véhiculée au travers de ces médias. tant que l'information est captable, pour moi c'est bon.

mais mon inquiétude, se trouve au niveau du métier du journalisme, que deviendra ce métier si tout le monde est capable de créer du contenu avec un blog ou sur twitter, comment savoir si une information est juste ou pas?

est-ce qu'avec toutes ces informations qui circulent on ne risque pas d'être "désinformer" au lieu d'être informer?

par exemple, j'ai arrêter d'utiliser wikipedia parce que j'ai appris que tout le monde peut ajouter du contenu concernant un domaine, sans être spécialiste du domaine en question.

Commentaire de Youki Ze-dog le 16 janvier 2013 à 12:38

utiliser du "low cost" ne doit pas être synonyme du "n'importe quoi" vérification des informations + qualité = professionnalisme

Commentaire de Nzie Mourmfih Paul Omer le 16 janvier 2013 à 13:08

Ne pensez vous pas qu'a cet allure d'évolution du low cost, l’accès ne devienne pas totalement gratuite à moins d'innover dans le dans son modèle économique.

Commentaire de Ann-Louise de La Poype le 16 janvier 2013 à 13:25

Re co-creation et crowdfunding: l'idée qu'on va vers le participatif, n'est-il pas éphémère?  Nous avons vu le "facebook revolution" (selon les medias anglo-saxon) dans les pays Arabes et d'Afrique du Nord, mais où sont les outils enligne pour construire d'autres formes du gouvernance après l'euphorie?

Re low cost:  qui verifie les infos?  Exemple le blog "Syrian Girl in Damascus" qui était faux.  Des milliers de personnes y avaient cru.  http://www.bbc.co.uk/news/world-middle-east-13744980

 

Re le consommateur omnivore:  que pensez-vous de l'idée que cette personne ne devore que les infos qui l'interesse (Eli Pariser et son concept de la bulle filtrant).  Ca nous mene où si je ne veux  (et que google me propose selon mes choix précédents) que les infos sur le tourisme par exemple?  N'avons-nous pas une boucle qui se renforce? 

http://www.ted.com/talks/eli_pariser_beware_online_filter_bubbles.html

Commentaire de Privat Tiburce MASSANGA le 16 janvier 2013 à 15:50
Bonjour, pour moi le low cost ne se limite pas aux usages évoqués par Eric Scherer. il peut se définir aussi par l'utilisation des outils comme Skype et les sites de transfert de fichiers pour les professionnels. On peut réaliser des interviews par skype gratuitement ou envoyer à la station son reportage sans utiliser le téléphone. c'est moins cher ou presque gratuit.
>
> Eric Scherer a plus insisté sur le volet production, distribution et diffusion des contenus (radio, tv, internet). A mon sens , dans le concept low cost, on peut aussi regarder le volet réception.
> Aujourd'hui il y a des postes récepteurs sans piles électriques. Ils fonctionnent avec un petit panneau solaire ou une dynamo activée par une petite manivelle. N'est ce pas là aussi du low Cost vu du point de vue de la réception du signal?

Au Congo dans les forêts du nord, j'ai été manager d'une radio communautaire appelée Biso na Biso à Pokola. Les principaux auditeurs de cette station sont les communautés Pygmées auxquelles on avait distribué des postes récepteurs de ce genre pour suivre les programmes de la radio. Là aussi à mon sens c'est du low cost. Qu'est ce qu'il en pense?

Privat Tiburce Massanga. Responsable de Radio MUCODEC à Brazzaville.
Auditeur au cours de Master 2 en ligne en Management des médias de l'Université de Lille.
Commentaire de serge katembera rhukuzage le 11 février 2013 à 22:41

encore une belle émission.

quelques remarques:

1. l'abonnement et le payement des contenues des grands journaux en ligne me dérange, je me demande si c'est viable. les gens vont finir par fuire. 

2. une petite vision critique sur l'epansion de Apple serait essentielle, non?

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