Imaginez un peu Radio France Internationale sans fréquence. Des présentateurs juchés sur le toit de la Maison de la Radio déversant leur message via haut-parleurs dans le 16ème arrondissement… Ridicule, non? Et bien pas du tout. Sur la côte équatorienne, dans le quartier de José Luis Tamayo, plus connu sous le nom de Muey, c’est justement l’histoire d’une "radio" qui n’a peut-être pas de fréquence mais de manque ni d’air ni de valeurs. Elle s'appelle "la voix des toits". C'est un reportage d'Eric Samson.

Vous pouvez lui adresser vos questions dans les commentaires de ce billet. Eric Sanson (membre de l'Atelier des médias) y répondra dans la prochaine édition de l'Atelier des médias.

Ecoutez le reportage (9 min. et 30 sec.)

[Les photos qui illustrent ce billet n'ont pas été prises en Equateur. Photos de haut-parleurs: kandyjaxx, catatronic & DeeKnow via Flickr]

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Commentaires

  • Eh bien bravo pour la "Voix des toits" ! Quelle puissance d'émission si l'on pense au rapport entre les moyens techniques mis en oeuvre et l'effet dans la population ! On rencontre ce genre de dispositif dans les rues commercantes où de petits hauts-parleurs diffusent des annonces publicitaires ou de la musique. Là encore économie de moyens pour des effets locaux. Les moyens de diffuser des messages vocaux ne manquent d'ailleurs pas ! Le porte voix en est un exemple ! Et quand le microphone n'existait pas, on utilisait la voix d'une manière spéciale comme dans le chant grégorien où les religieux, sans se fatiguer, pouvaient chanter des heures entières en utilisant l'énergie de la "voix dans la voix " ! Il est vrai qu'enterrer les morts était, en ce temps là, gratuit, enfin ... sans prix, comme toujours
    Bien cordialement
    Jean-francois Doucet
  • Un outil de communication, peut être. Mais dire que c'est une RADIO, je ne pense pas. Je pense que cet outil n'est pas "radio" non seulement parce qu'elle est sans fréquence, mais également et surtout parce qu'elle ne diffuse que des cas de décès. D'abord, je pose la question de savoir pourquoi ne diffuser que les cas de décès? Les moyens permettant de diffuser ces cas ne permettent-ils pas également de diffuser d'autres nouvelles très utiles? Je vois ça comme ceux qui passent avec les tam-tam ou dans mon pays comme on utilise le haut-parleurs des mosquées pour ces genres d'annonces.
    Tout de même, on dit ''''petit a petit l'oiseau construit son nid''''. Alors je souhaite félicitation pour cette initiative, courage aux initiateurs, tout en espérant que cet outil devienne une radio digne de son nom et soit au service de l'humanité.
  • Pour Ndiaga, l´expérience de La Voix des Toits (un média communauutaire plus qu´une radio, je suis d´accord avec vous) a été copiée à moindre échelle dans plusieurs communautés dans cette région côtière. Eric
    J´oubliais la question de Daddy: c´est effectivement le risque. Se transformer en radio risque de changer la nature du média, de le rendre moins proche et de s´éloigner d´un modèle historique que la population s´est appropiée. Sans oublier que la population entend les haut-parleurs lorsqu´ils sont branchés mais qu´ils ne seraient pas forcément à l´écoute permanente de la radio. Il me semble qu´il faudrait jumeler les deux modèles.
  • L information doit etre consideré comme une fin et non comme un moyen!
  • Des câbles, des haut-parleurs, des messages diffusés de temps en temps est-ce réalement une radio? Je pense que non. Mais peut-être oui s'il s'agit juste de voir l'existence de l'émetteur, du message et du récepteur. L'expérience est tout de même géniale. L'histoire nous renseigne qu'un peu partout en Afrique, on donnait l'information comme par exemple les décés, les grandes assemblées avec les rois à travers le tam-tam. C'est le griot qui faisait le tour des contrées sur son cheval en tapant sur son tam-tam en donnant le message. C'est presque le même procédé mais là ce sont les câbles, les haut-parleurs qui remplacent le tam-tam et le cheval. Je pense que tous les moyens dépensés pour l'achat de câbles et de haut-parleurs peuvent permettre d'acheter un poste radio et un micro pour développer une expérience comme celle du marchand burkinabé qui a sa radio le jour du marché hebdomadaire, on avait vu cet exemple dans une des émissions de l'année derniére.
    Juste une question à Eric:
    -est-ce qu'on peut avoir une idée précise sur le développement des radios communautaires dans cette zone de l'Equateur?
  • Moi c'est qui m'interresse c'est le nom "La voix des toits" très original d'où est venu ce nom? et changera t elle de nom si ses infrastructures devenaient modernes?
  • De la sécurité sociale qui ne dit pas son nom, à la diférence que les populations ne sont assujetties à aucun régime. Ce reportage en équuateur et tous les problèmes de société qu'il soulève me rappelle un peu les difficultés à mettre sur pied un système de protection sociale comme c'est le cas actuellement dans mon pays le cameroun. Notamment les dérives qui découlent des amalgames entre la sécurité sociale et l'assistant social dont il est question à Muey. Que des gens tentent de profiter de la magnanimité de leurs compatriotes n'est pas nouveau.
    C'est une bonne idée que des mesures aient été prises pour stopper ce genre d'initiatives. Que l'on devrait étendre aux autres problèmes existentiels de la localité.
    je souhaite aux promoteurs de ce projet beaucoup de courage dans cette entreprise.
  • C'est ça l'information. Nous rapprochés les uns des autres.
  • Une radio,sans fréquence n'est pas une radio.vu la façon dont les nouvelles sont difusées"la voix des toits"mérite son nom.Des hauts parleurs acrochés aux poteuax électriques,au tronc d'arbres,et celui qui parle est caché quelque part(entre un toit et un plafond),qui reçoit des nouvelles à partir d'un mobile,c'est peut-être moche ;mais pas fantastique.Il ne faut pas qu' on essaye de faire l'approche d'une chévre à un éléphant.
    En Equateur;l'Etat joue au boureau,contre la population dite faible,ou d'une certaine opposition.Bien que celà vaut un reportage.
  • Je reposte ici un message de Dramé qui m'a été adressé.

    "Bonjour M.Couve
    Quelle est la durée de la cérémonie une semaine ou deux semaines ?????
    Le chef de quartier participe t- il financierement à la cérémonie ???? "
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