Plusieurs faits se posent dans nos sociétés. Des enquêtes sont immédiatement ouvertes mais les résultats demeurent un mythe. Au grand désarroi du grand public.

 

On dirait une nouvelle règle au Cameroun. Les enquêtes judiciaires se suivent et se ressemblent. Toutes sont ouvertes. Presqu’aucune n’est refermée. Si certaines mémoires oublient, les faits demeurent. On attend. On attend encore… Un peu comme dans la chanson de Cirage. Toujours rien. Au grand désarroi (très souvent) des familles concernées. D’où des blessures qui ne se cicatrisent jamais. « C’est inconcevable dans un pays comme le nôtre. Comment se fait-il qu’on n’ait jamais de résultats d’enquêtes dans les affaires importantes. Que font alors nos enquêteurs ? On jamais trouvé les véritables coupables de l’affaire Vanessa Tchatchou par exemple. Je ne parle pas des autres cas. C’est désolant », regrette Jean Luc Tamba, un sans-emploi.

Cas pratiques

Nous revenons sur deux cas qui ont marqué les esprits ces derniers mois dans la ville de Douala. L’affaire Jacques Dubuisson d’abord. Le compatriote de François Hollande avait été déclaré mort, probablement de suicide, dans sa cellule le 9 janvier 2013. Selon les nouvelles, l’on avait retrouvé près de son corps inerte, ses vêtements, des objets personnels, des comprimés (non identifiés !) et une lettre dont le contenu reste inconnu. Ces avocats et autres responsables pénitenciers avaient affirmé, sans précision aucune, que sa dépouille avait été gardée dans une morgue de la ville. Et qu’une enquête avait été ouverte par le Parquet et la Police judiciaire pour trouver les causes exactes du « décès » de Jacques Dubuisson incarcéré à la prison centrale de New-Bell pour avoir assassiné, dans la nuit du 29 au 30 décembre 2010 à Douala, son épouse Marie Thérèse Ngo Badjeck.

Dans la foulée, ces avocats et autres autorités judiciaires ont annoncé une conférence de presse pour révéler au public le contenu de la lettre laissée par le défunt. Lequel contenu pouvait expliquer les raisons de « son acte suicidaire ». Deux mois se sont écoulés. Toujours rien. Plus un mot sur l’affaire. Encore moins des résultats de l’enquête ouverte depuis lors.

Affaire Fodou

C’est le second cas de figure est celui du meurtre d’Alain François Fodou, Alain François Ndongmo ou Alain François Nda Ndem, selon ces différentes identités, propriétaire des quincailleries Fodou. On se souvient que l’homme d’affaire a été assassiné aux premières heures de la matinée du 17 septembre 2012. A quelques mètres de son domicile au quartier Banguè à Douala. Il revenait de son village où il est allé superviser la construction du bâtiment R+1 de l’école primaire de son village. Quelques jours plus-tard, l’arme du crime a été découverte par les  manœuvres d’un chantier à proximité du domicile du défunt. L’arme de fabrication artisanale, selon les informations, était enfouie dans un amas de sable où gisait le corps de la victime ; le jour du drame. Un doigt accusateur avait été pointé sur son épouse. Cette dernière a nié publiquement les accusations. L’enquête ouverte par le Commissariat du 12e arrondissement à Bonamoussadi reste infructueux six mois plus-tard. Plus de nouvelles de leur part. Le dossier est classé.

Des exemples du genre sont légion dans la ville de Douala. Même dans le Cameroun entier. Et le silence subite des enquêteurs est qualifié d’accusateur par certains. « Si on a jamais de résultats d’enquête, cela revient à dire qu’on peut poser des actes ignobles sans peur et sans gêne. Conséquence, le taux de criminalité va s’accroître dans notre ville. Les hommes en tenue doivent se mouvoir sinon, ils seront accusés ou seront considérés de complice dans ces dégâts », pense Julienne Njoh, employée à Douala. Il est donc temps de refermer, avec résultat, les enquêtes ouvertes jusque là.

Frank William BATCHOU

 

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