Le traitement journalistique de l'élection au Sénégal

Ce Vendredi, l'atelier est à Dakar. Nous enregistrons une table ronde consacrée à la couverture de l'élection présidentielle par les médias au Sénégal. Quelle couverture a été apportée à la campagne sur les médias traditionnels ou sur les nouveaux médias? Y-a-t-il eu des difficultés? Des évolutions? Des innovations ? Dès maintenant, nous vous invitons à poser vos questions à nos invités : Henriette Kandé (Sud Quotidien) , Mamoudou Ibra Kane (RFM), Karim Sy (jokkolabs), Mandiaye Pety Badji (Carrapide.com), Cheikh Fall (blogueur), Basile Niane (Mondoblog


Mise à jour avec changement de titre et ajout des sons ci-dessous


Écoutez la 1ère partie de l'émission (26 min. et 32 sec.)


Écoutez la 2ème partie de l'émission (45 min. et 25 sec.)


Écoutez le Bonus (22 min. et 31 sec.)

 

Dimanche prochain, le 26 février 2012, les Sénégalais vont se rendre aux urnes pour élire leur président. Depuis plus d'un an, la tension autour de cette échéance électorale ne cesse de croître. Les mouvements Y'en a marre et M23 font notamment entendre leurs voix dans les rues et dans les médias.

Le 27 janvier dernier, la validation de la candidature du président sortant Abdoulaye Wade et l'invalidation de celle du chanteur et patron de presse Youssou Ndour ont radicalisé la situation. Depuis cette date, les violences ont coûté la vie à au moins 5 personnes dans le pays. 

Avec une vingtaine de quotidiens et autant d'hebdos et de mensuels, une trentaine de radios et télévisions, la presse sénégalaise est une des plus dynamiques du sud du Sahara. Le pays est souvent cité en exemple pour ce qui est de la liberté d'expression même si certains journalistes sont tracassés par la justice. Une récente mission de RSF a adressé une lettre aux 14 candidats où l'on peut notamment lire ceci 

 

"Au regard du pluralisme dans le paysage médiatique et de la grande liberté de ton dont bénéficient les journalistes, Reporters sans frontières ne conteste pas que la liberté d’information existe au Sénégal. Celle-ci est cependant malmenée parfois par des saccages et brouillages d’organes de presse, des poursuites judiciaires abusives contre des professionnels des médias, et des emprisonnements de journalistes (Madiambal Diagne ou El Malick Seck par exemple). Tous ces incidents ont terni l’image de votre pays"


La mission de RSF a rencontré plusieurs acteurs des médias traditionnels qui ont expliqué leur dispositif de couverture des élections. "Sud Quotidien a effectué une semaine de mise à niveau de ses équipes avant le début de la campagne. Le groupe de presse Walfadjri a décidé de ne pas suivre les candidats, pour éviter de faire leur communication" relate l'organisation de défense de la presse, ajoutant que les tentatives de corruption de journalistes sont nombreuses.


Parallèlement à la couverture traditionnelle, les élections sont présentes en ligne. Les partis politiques et les candidats ont leurs sites internet. Le blogeur Cheikh Fall propose un excellent billet où il répertorie plusieurs plateformes. Il regrette également dans ce billet daté du 20 janvier le fait que nombre de candidats minimisent l'importance des ces nouveaux canaux de communication.

"Devrait-on se focaliser sur le taux de pénétration de Facebook au Sénégal qui tourne autour de 67,24% (des internautes sénégalais) et et se dire que l'Internet et l'explosion des médias des masses ne pourraient pas influer sur ces élections ? Devrait-on regarder les candidats continuer à utiliser les canaux de communication traditionnels et laisser en marge le monde des blogs, le développement des sites de démocratie participative, le monde et le réseau des plateformes inter-connectés pour la diffusion et le partage de l’information ?" 
À quelques jours d’une élection que certains qualifient d’historique, plus d’une vingtaine de candidats se sont déjà déclarés et parmi eux, certains n’ont même pas de traces sur Google, à défaut d’un site web professionnel ou même d’une page fan officielle Facebook capable de leur assurer une meilleure visibilité et une bonne E-réputation.


De son côté, Olivier Sagna, professeur et éditeur du site Osiris.sn remarque dans sa newsletter mensuelle Batik datée de novembre 2011 (numéro 148)

Le coup d’envoi de la mobilisation politique des Sénégalais et des Sénégalaises via Facebook a commencé à prendre de l’ampleur après les manifestations du 23 juin 2011 devant l’Assemblée nationale visant à protester contre la modification de la constitution en vue de créer un poste de vice-président et permettre l’élection du Président de la république avec 25% des voix. Plus d’une dizaine de pages Facebook, s’inscrivant dans la mouvance des « indignés sénégalais » se sont alors créées, attirant des dizaines de milliers d’internautes autour du slogan « Wade dégage ». Surfant sur cette dynamique, nombre de candidats à l’élection présidentielle ont créé des pages Facebook au point qu’un site a décidé d’établir le classement de celles-ci sur la base du nombre de « J’aime » qu’elles récoltent. Si dans le monde globalisée dans lequel nous vivons, l’utilisation des réseaux sociaux comme outil de mobilisation et de propagande se comprend tout à fait, il n’en reste pas moins que l’on peut légitimement s’interroger sur son impact réel sur le l’évolution du cours politique. En effet, le Sénégal avec ses 620 000 utilisateurs de Facebook, soit un taux de pénétration de 67,24% de la population en ligne mais de seulement 4,41% de la population totale, est loin de présenter une situation comparable à celle de la Tunisie avec ses 2 800 000 utilisateurs de Facebook soit un taux de pénétration de 26,44% de la population totale. 


Il existe en tous cas une grande vitalité sénégalaise sur internet. La qualité de la connexion est généralement bonne. De nombreux portails d'information existent déjà dans le pays. Bien entendu sites se sont montés pour proposer une couverture des élections ou un service d'information lié au scrutin.

 

Peggy Bruguière des observateurs de France 24 a réalisé une veille des projets ou des couvertures innovantes. voici quelques unes de ses sélections:

http://www.sunu2012.net/
Créé par l’Association des blogueurs du Sénégal et lancée en juin 2011. 
http://www.samabaat.com/temoignage/

Samabaat est une plateforme citoyenne d’informations et de formation à la citoyenneté. Pour cette année 2012, Sambaaat est centrée sur les enjeux des élections. C'est est une initiative de plusieurs Organisations de la Société Civile (One World UK , COSCE - Collectif des Organisations de la Société Civile pour les élections-, Enda Diapol et la plateforme des Acteurs Non Etatiques) en partenariat avec Jokkolabs.

Plateforme participative créée par deux jeunes étudiants avec pour objectif « d'informer de façon alternative sur les phénomènes sociaux au Sénégal et en Afrique tout en évitant de tomber dans le journalisme "people" à l'instar des autres sites ». 
http://carrapide.com/v1/
Web TV avec des émissions enregistrées sur le terrain, interviews des gens de la rue sur les problèmes des Sénégalais mais aussi questions des citoyens aux candidats. Qui est aussi à l'initiative de http://parolesauxsenegalais.com/
http://popsenegal.com/
Site qui référencie la côte de popularité des candidats et établie un top 5 des plus en vue. Lles internautes votent via les réseaux sociaux.

http://www.google.sn/landing/elections/2012/ : Google Sénégal Elections + chaîne YouTube (partenaire Storyful) avec vidéos reprises sur les autres plateformes.
Pour les tendances électorales, les articles de presse locale et internationale sur l’élection.


http://cesti-info.com/ Tenus pas les étudiants du CESTI


http://www.sn2twitter.com/  une application créée pour permettre aux gens de tweeter par sms et de ne pas dépendre des coupures d’électricité !

 

Il existe probablement d'autres services et initiatives qui nous ont échappé, n'hésitez pas à les relayer dans les commentaires de ce billet. Il y a également énormément de vidéos amateurs ou pro comme celle ci :



Pour parler de la couverture de la campagne par la presse sénégalaise, nous recevons :

Henriette Kandé Directrice exécutive de Sud Quotidien et chroniqueuse

Mamoudou Ibra Kane Journaliste, Directeur de RFM

Karim Sy fondateur et directeur de jokkolabs

Mandiaye Pety Badji vidéo-journaliste et co-fondateur de Carrapide.com

Cheikh Fall Chef de projet web, Blogueur et un des initiateurs de sunu2012.sn

Basile Niane journaliste et blogueur créateur de kebetu.mondoblog.org et senegalmedias.blogspot.com


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Balises : 2012, r/évolutions dans les médias, sénégal, élection, émission

Commentaire de Besingi Alexis le 22 février 2012 à 0:21

Pourquoi les vieux dirigeants africains ne veulent pas laisser leur fauteil après avoir passé des années au pouvoir? Est ce qu'ils considèrent le pouvoir de l'état comme celui de la chefferie?

Commentaire de Ziad Maalouf le 22 février 2012 à 0:30
Merci Alexis, le mieux serait de poser des questions sur le traitement journalistique.
Commentaire de Ameth Dia le 22 février 2012 à 4:41

J'ai deux question

1ére: Avec le nombre très élevé des médias au Sénégal (presse écrite radio tv sans oublier les médias en lignes) comment faites vous pour donner des informations sûres et précises des évènements qui se déroulent par exemple lors d'une manifestation dans une ville quelconque. Vu la grande concurrence qu'il y a entres les différents groupes de presse, est-ce qu'il n'y a pas un rush à l'exclusivité au risque de publier ou diffuser une info érronée? 

2eme: quels sont les rapports qu'entretiennent les groupes de presse et la CNRA (conseil national de la régulation de l'audiovisuel)? Est-ce un organisme qui régule ou plutôt qui restreint la liberté de certains d'entres vous

Commentaire de tchotan markus le 22 février 2012 à 8:03

pourquoi la presse sénégalaise ne peut pas expliquer la validation de la candidature du président sortant ?

Commentaire de BEN DHIA ABDULKARIM le 22 février 2012 à 9:09

nos journalistes d'avant la révolution -ceux de l'interrévolution -ceux d'aprés la révolution sont les mémes types et les memes geules qui s'adaptent au fur et à mesure que les évenements avancent ou stop ou reculent ...aprés ...et quand ça marche et que le dictateur s'ecroule ...là ils deviennent les héros de la plume et des libertes et le quatriéme pouvoir ...etc ...ET C'EST TOUJOURS LES MEMES GUEULES ET LES MEMES PERSONNES ET LES MEMES JOURNAUX ...ETC..en deux mots ce sont des calculateurs mesquins et c'est notre cas de journalisme aprés la révolution du jasmin en tunisie ...nous sommes trés trés déçus ..je ne souhaiterais pas que le grand peuple sénégalais connaitrait le méme sort trés amére !!!

Commentaire de Ibrahima Ben Aguibou Diallo le 22 février 2012 à 9:13

Puisque la Cour Constitutionnelle Sénégalaise a aidée Abdoulaye Wade à violer les principes de lé démocratie au Sénégal, je verrai comment un journaliste puis ne pas être victime dans la couverture d'une événement politique. Il devient vulnérable et sa vie sera en dangé. Il couvrira les évènements politiques avec un maximum de risque. Et il est à craindre le pire au  Sénégal dans les prochains jours.

Commentaire de AMOUSSOU le 22 février 2012 à 9:45

Que dit concrètement la constitution Sénégalaise à propos du mandat présidentiel et de son renouvellement?

Commentaire de KOGOE Bertrand le 22 février 2012 à 10:16

Bonjour à tous,

Une question un peu délicate ...

Ne peut-on pas reprocher à de nombreux médias sénégalais de faire une campagne négative contre le candidat WADE qualifié de tous les noms d'oiseaux et d'adjectifs anti-démocratiques ! N'y at-il pas là quelques petits dérapages ? La déontologie et le code de bonne conduite sont-ils respectés ?   

Merci et bonne chance à nos frères sénégalais ... que les élections se passent avec le moins de dégâts et le plus de transparence possible !

Commentaire de abdou fall le 22 février 2012 à 11:25

je remercie les medias senegalais notamment le groupe futur media, sud fm, walf... pour leur couverture de la campagne electorale et des manifestations. ils ont fait preuve d'engagement et d'abnégation.

Commentaire de WALLA Juste le 22 février 2012 à 11:58

La campagne électorale qui devait être une fête politique se transforme de jour en jour en un drame pour le peuple sénégalais. Je demande aux politiques sénégalais de ne pas détruire ce havre paix qu'est le Sénégal. Aux médias je demande l'objectivité, le respect de la déontologie de ce noble métier afin de ne pas être coupable du drame qui se trame dans ce beau pays.Merci à ADM pour cette opportunité.

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