Vous êtes d'accord avec moi que le  nombre des immolations, des suicides et des meurtres étranges s’est multiplié ces derniers mois en Mauritanie, traduisant nettement l’existence d’un réel malaise socioéconomique qui couve et qui pourrait atteindre des niveaux incontrôlables si la situation reste inchangée.

Le premier constat que je pourrais affirmer  ici c’est que ces immolations, suicides et meurtres ne sont pas d’origine politique comme se plaisent parfois les autorités à le dire pour tirer leur épingle des drames.

D'ailleurs après l’immolation de l’enseignant  Mohamed Abderrahmane Ould Bezeid  devant le palais présidentiel, le suicide d’un infirmier à la plage de Nouakchott  puis ce meurtre horrible commis par un autre fonctionnaire infirmier vendredi matin à Arafat, qui a emporté la vie de 4 enfants d’une même famille égorgés de sang froid par leur père, il est désormais difficile pour l’opinion sidérée et choquée d’admettre les mobiles souvent invoqués privilégiant des crises de folie ou de jalousie.

Ces tragiques actes sont plutôt le résultat logique de la situation catastrophique des fonctionnaires notamment dans les milieux enseignant et sanitaire qui touchent des émoluments insignifiants ne leur permettant pas d’assurer correctement leur mission et de vivre dignement.

Lors d’un entretien que j'ai eu avec le ministre de la santé, Ba Housseinou Hamadi, celui-ci  a clairement exprimé le grand danger que représentent les conditions difficiles des fonctionnaires de son département, précisant que sa grande inquiétude ne réside pas dans les élans de protestations de l’opposition, mais plutôt dans celle des fonctionnaires qui vivent dans la précarité en raison du cumul des erreurs des régimes successifs.

Ainsi, après l’atroce crime d’Arafat commis un infirmier qui a tué de sang froid ses 4 enfants, l’opinion refuse d’admettre les mobiles évoquant un acte perpétré sous la pulsion d'une dépression ou des troubles psychiques  que la vraie cause de ce drame me semble plutôt d’ordre socio-économique.

Cependant, l’opinion ne manque d’argument pour défendre ses convictions, indiquant que l’accueil réservé par l’infirmier tout sourire à son épouse pour l’informer qui l’a débarrassée de tous les soucis de l’Aid El Fitr( allusion aux habits des enfants qu’il n’a pas les moyens de payer) montre que ce tragique acte a des mobiles sociaux puisque bien payé l’infirmier aurait pu habiller ses enfants.

Mais comme il ne peut pays, que ses fils leur harcèlent pour s’habiller comme tous les enfants,  que la femme ne comprenne pas forcément le dénuement de son mari malgré ses excuses, abandonnant même le lit conjugal  pour jouer des pressions sur lui pour faire ce qui dépasse ses moyens, je pense à qu’elles idées folles peuvent tourner dans sa tête, surtout quand cette épouse qui peut lui manquer de respect, sortir et rentrer comme elle veut.

C’est donc un problème socioéconomique par excellence qui pourra toujours connaître des évolutions dangereuses devant la flambée des prix et la stagnation des salaires dans un milieu social qui ne pardonne pas où les femmes ont une grande responsabilité dans des situations dépensières excessives contraires à l’Islam et qui sont sources de beaucoup d’humiliation et d’abattement pour les fonctionnaires démunis.

Ahmed Ould Bettar

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