E24 : J-6

Le journal économique en ligne E24, vient d'annoncer le licenciement de 6 journalistes de son équipe restreinte.

Lancée le 13 octobre 2008, avec une équipe de 13 journalistes, l'édition française d'e24.fr est une déclinaison des magazines économiques e24 Norvège, Suède et Pays-Bas -initialement sous le nom n24-, édités par le groupe de presse norvégien Schibsted, notamment connu en France pour avoir lancé le quotidien 20Minutes, avec le groupe Sofiouest (groupe Ouest-France).Le site e24.fr, qui continue d'exister avec une équipe restreinte, bénéficie pourtant de nombreux atouts :- coût technologique nul : déclinaison de la plateforme technique des autres sites e24,- synergie de groupe avec des liens directs depuis le site 20 Minutes,- régie pub externalisée, là encore en bénéficiant de la synergie avec 20 MinutesPour reprendre Sophie Vernet-Caillat, journaliste chez Eco89 et ancienne de 20 Minutes -comme moi-, "Le site bénéficie de son partenariat avec 20 Minutes, actionnaire à 30% et pourvoyeur de trafic puisque 60% des visites (300 000 visiteurs uniques en janvier 2009) d'E24 provenaient de 20Minutes.fr".Si le site d'information e24 a été mis en ligne à un moment propice -les citoyens s'interrogeaient sur le début de la crise financière, les subprimes, le pic des valeurs énergétiques-, il a également souffert du repli des annonceurs (la publicité étant la principale source de revenus d'un site gratuit d'information en ligne) et de la concurrence des sites établis, à l'instar des Echos, et des nouveaux entrants comme Eco89.A la différence de son environnement concurrentiel, Le titre e24.fr n'est pas adossé, dans la psyché collective, à un titre papier ou à un titre web dont il aurait partiellement repris le nom. Il aura été fragilisé par son aspect "pure player" (marque existant uniquement en ligne) et par le contexte accélérateur de la crise.Espérons qu'il ne s'agit là que d'un repli stratégique, en attendant une reprise. Il n'empêche, cet épisode marque plus que jamais la nécessité de la mise en place de modèles économiques pérennes pour les titres en ligne.J'ai une pensée pour mes amis journalistes en ligne (et papier/radio/tv) dans ce contexte difficile.NB : Pour rappel, certains titres ont des espérances de rentrées publicitaires exponentielles. J'avais fait un calcul rapide lors du lancement de Slate.fr, pour commenter l'article de Laurent Dupin. On est parfois proche de la misère humaine en milieu publicitaire...
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