(Crédit photo : John Tlumacki, via @BGlobeSports)

L’explosion lundi 15 avril de deux bombes au moment de l’arrivée du marathon de Boston a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Le flot d’informations, de photos et de vidéos publiées après cet attentat soulève la question de la fiabilité des contenus mis en ligne sur les réseaux sociaux et de la réactivité des médias traditionnels.

Lundi 15 avril, alors que le marathon de Boston arrive à son terme, Twitter et Facebook sont soudain submergés par des messages effrayants : deux explosions ont eu lieu à proximité de la ligne d’arrivée.

D’un coup, une énorme traînée d’informations a afflué sur les réseaux sociaux. Des premières vidéos ont en effet commencé à circuler sur la toile : le réflexe de ceux qui suivaient cet événement à distance a donc été d’allumer leur poste pour avoir l’avis des grands médias traditionnels sur ce qui était en train de se passer à Boston.

La télévision encore en retard sur le web

Lundi, j’ai été étonnée de voir que des grandes chaînes comme CNN continuaient, en 2013, à être en retard par rapport au web. Même des informations provenant de sources sérieuses comme des agences de presse et rapidement disponibles en lignes n’ont pas été reprises sur CNN avant plusieurs dizaines de minutes.

J’ai assisté en début de semaine au même décalage que celui que j’avais déjà noté au moment de la nomination du nouveau pape François, le 12 mars dernier.

Un festival de fausses informations

Dans ce type de situations, beaucoup d’informations circulent en ligne et il est souvent difficile de distinguer ce qui est vrai de ce qui est faux. Twitter a été , comme souvent, un très bon véhicule de fausses informations : on a ainsi eu droit à des bilans de victimes extraordinaires (douze morts au lieu de trois), tandis que des suspects ont été cités ou nommés, sans avoir jamais été interrogés par les forces de police...

De nombreux tweets affirmaient par exemple que le réseau mobile avait été coupé à Boston pour empêcher tout déclenchement de bombe à distance. Au contraire, les opérateurs avaient augmenté les capacités du réseau pour permettre à des proches d'entrer en contact avec des membres de leur familles ou des amis sur les lieux du drame. Nous avons aussi assisté à un festival de rumeurs sur le nombre de bombes disséminés un peu partout dans la ville.

Le problème, c’est que les fils Twitter de médias réputés ont été pris au piège, diffusant également de fausses informations. Une erreur qui donne du grain à moudre aux détracteurs des médias sociaux, qui considèrent Twitter ou Facebook comme des machines à propager des rumeurs.

Comment distinguer les vraies informations des fausses ?

En réalité, les réseaux sociaux n’ont pas inventé la diffusion de fausses nouvelles. Dans ce type d’événements, tout le monde est pressé de diffuser une information. Et les auditeurs, spectateurs, et lecteurs qui veulent être informés sont prêt à changer de version en cours de route : l’important, c’est qu’ils sachent plus ou moins ce qui est en train de se passer.

L’histoire racontée par les médias en cas de catastrophe a toujours évolué au fil des heures : l’assassinat du président américain John Fitzgerald Kennedy en 1963 avait déjà été propice à la diffusion de fausses informations dans les premiers bulletins radio. A l’époque, les médias avançaient avec des informations partielles que la police leur transmettait. Ce tâtonnement n’est donc pas propre à internet ou aux réseaux sociaux, mais tout simplement au cycle médiatique.

Voici donc quelques conseils pour ceux qui s’informent sur Twitter et sur Facebook :

  • Dans les premières heures, nous voulons tous des informations, et nous sur-consommons ce qui nous tombe sous les yeux. Il faut traiter toutes ces données avec beaucoup de précaution, y compris lorsque cela vient de sources fiables: derrière ces sources, il y a des humains faillibles. Le problème c’est que les premières informations que nous recevons sont celles que nous avons le plus tendance à retenir.
  • Il faut donc tout prendre avec beaucoup de précaution et prendre le temps de se recréer un fil conducteur que l’on retiendra provisoirement.
  • Ensuite, il sera possible de prendre le temps, quelques jours ou quelques semaines plus tard, de lire de grandes enquêtes sur le sujet, une fois que plusieurs autres aspects auront été explorés. C'est à la lumière de ces informations relatée "à froid" que nous devrons établir notre connaissance du sujet.
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