Il faut qu'un "pro" le dise pour qu'on le comprenne et qu'on l'intègre? Selon Dominique Delport, patron d'Havas Média France, invité du Buzz Média du Figaro.fr, "les annonceurs n'aiment pas tellement que les règles changent". Comprendre : deux changements de règles majeurs viennent perturber les entreprises dans leur stratégie publicitaire, et par extension le marché des "happy people" qui ont des supports et des stratégies à leur vendre :* la crise économique : qui explose les "règles" mais surtout vide les porte-monnaies et allège la puissance des chéquiers; on est là clairement dans une économie de baisse de prix généralisée;* la fin de la pub sur France Télévisions : qui modifie les habitudes de travail des acheteurs/vendeurs de "réclames"; et n'a pas donné les transferts attendus (ou pas);

Il y a aussi les tendances chiffrées, explicite. Havas a fait mouliner ses supers outils de calcul et ses analystes. Et tombe le chiffre qui fait mal au tableau Excel de résultats, ou plutôt au logiciel en ligne de gestion de campagne (c'est plus tendance) : -6% sur le marché de la pub pour le début d'année 2009, sur l'ensemble des médias, en moyenne. Mais c'est le détail qui va en calmer plus d'un, avec ce -12% prévu sur la presse écrite. Reste un +8% sur le web quand même, seule bulle d'espoir dans ce monde de brutes et de décroissance : "le net ralentit" avertit cependant Delport, en fin limier. Terminé en effet les croissances à 2 chiffres qui excitaient tant marketeux et commerciaux du net depuis 2005... Et faisaient tourner la tête des patrons de presse et de médias, aveuglés comme des lapins dans les phares d'une Ferrari. Ce qui va remettre aussi les pendules à l'heure de ce côté, et éviter pas mal de concepts "foireux" et idées creuses, qu'essayaient de faire passer ces mêmes marketeux et commerciaux auprès de ces mêmes patrons avides de croissance. N'aviez-vous pas remarqué? Beaucoup de projets de développement web étaient conduits ces derniers temps, non par des "gens du journalisme", mais par leurs voisins du marketing et du commercial.Et le recentrage va aussi se passer sur un autre domaine : celui de la convergence. Où en est le concept du "bi-pub" (décliné du bi-média), évoqué d'ailleurs avec D.Delport, en novembre dernier (durant une conférence Havas/Google)? Cette idée qu'il faut concevoir le consommateur, comme branché désormais en parallèle sur plusieurs écrans, notamment celui de son ordinateur et de sa télévision. On sent l'affinement de cet axe audacieux, et que l'on a gratté un peu le sujet pour lui donner du corps. Pour Delport : "Tous les médias se digitalisent. Il ne faut pas opposer anciens et nouveaux médias, et puis casser les murs : chez Havas ont a fait bouger physiquement ainsi 700 personnes dans l'agence, sans en parler". Ce qui nécessite aussi de clarifier le propos et l'offre, et donc de former les équipes à cette nouvelle vision intégrée : "Il faut une vision unique pour le client et sa marque, de la consistance, de la simplicité. Les médias historiques doivent se former au digital, et les métiers du digital se former à la culture des marques". De tel propos, 10 ans après la naissance du web, laissent songeurs sur les retards, quiproquos, refus d'évoluer... accumulés dans les équipes.Delport termine sur un double cap qui sonne comme le pitch d'une politique de développement pour 2009 : "Intégration et industrialisation". Qui se vivra tant dans les entreprises communiquant, que dans les médias les accueillant. "Tous les médias sont touchés par la crise et devront repenser leurs modèles économiques" posait D. Delport durant cette interview. On en reparlera suite au débat tenu mercredi soir 4/2, dans le cadre du Social Media Club, sur ce thème précis (vidéocasts à suivre). A propos du SMC, voir ce vidéocast avec son fondateur Chris Heuer.
Envoyez-moi un e-mail lorsque des commentaires sont laissés –

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !

Join Atelier des médias

Récemment sur l'atelier