Djibouti, une jeune République ambitieuse

Djibouti: le port de l'espoir

 

Djibouti : 22000km2 pour un hub naturel au cœur du commerce mondial,  entre Afrique, Asie et Europe[i]. C'est l'un des pouls de la planète : il bat au rythme des échanges et souffre des excès. Alors l'état djiboutien voudrait bien donner la paix à son petit million d'industrieux citoyens. La paix et le droit, ça veut dire la démocratie et la liberté : déjà plus qu'une aspiration, un projet stratégique avec toutes les nations libres de la corne de l'Afrique face à la terreur, l'ignorance et les trafics.

La clé de l’Afrique orientale, n'est plus le préside d'une époque coloniale à laquelle elle a mis un terme paisible, mais une métropole de 500000 âmes, à la croissance maîtrisée par un gouvernement stable, un port moderne et sur, dans une région troublée que parcourt une part importante du commerce mondial.

C'est pourquoi l'état djiboutien se donne les armes de la paix : la démocratie qui se construit malgré les attentats, la liberté d'expression au risque de la calomnie ou de la déstabilisation, la sécurité des biens et des personnes par la lutte anti-terroriste en synergie avec les attentes de la société internationale. Avec déjà des effets politiques tangibles comme en atteste le récent rapport du CEDEF (Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes) qui salue la volonté politique manifeste de Djibouti de promouvoir l'égalité des sexes[ii].

 

Protéger la démocratie : le défi djiboutien

 

Djibouti est un port et son énergie complexe a besoin de stabilité. Ismael Omar Guelleh (IOG) est un homme d'état classique aux avant-postes de l'Afrique contemporaine. Depuis son arrivée au pouvoir il traduit en termes modernes une tradition séculaire d'échanges et de contacts avec l'Asie, l'Europe et, dès la fin du 19e avec les Etats-Unis. La force de Djibouti c'est d'avoir su rester un partenaire crédible des occidentaux comme des états émergents, pourvoyeurs de progrès ; IOG a créé et maintenu les conditions de transferts continus de technologie de services, pour que le port reste le pivot du développement de la République. Contre lui, l'horreur d’al shabaab et l'obscurantisme politique et social. Si la présence américaine demeure un levier économique majeur, sa pérennité paraît toujours sujette à remise en cause pour des raisons budgétaires notamment. Ce scenario, pour improbable qu'il soit, IOG en fait un levier d'une indépendance nationale renforcée, face à des partenaires occidentaux satisfaits et respectueux, comme à l'égard des appétits indiens et chinois[iii] qui apparaissent à plus d'un observateur comme un indice supplémentaire de la vitalité et de la fiabilité du partenaire djiboutien.                                                                                                            

Alors, bien sur IOG inquiète : la Venise de l'océan indien, que les plus rétrogrades des potentats du golfe voudraient bien vassaliser,  poursuit à la satisfaction de l'ONU sa marche vers la démocratie et la transparence. De quoi rendre fous ses détracteurs :   des affairistes marrons, aux services de monarques dépassés et réduits à jouer les apprentis sorciers avec les terroristes les plus sanguinaires de la région. Dans cette dialectique de la transparence et de la calomnie IOG joue gagnant sur un échiquier où s'imposent les convergences de valeurs et d’intérêts entre les grandes puissances et la jeune République.    

 

 

Djibouti, porte du monde, porte de l'Afrique  

 

Le 5 mai 2014, Barack Obama réaffirmait devant nos confrères du Washington Post et du New-York Times la nécessité "d’accroître l'aide financière, l’entraînement militaire, l'assistance aux populations civiles et l'aide internationale à Djibouti, au-delà des accords actuels". Conséquence de cette politique, le loyer du Camp Lemonnier a été porté de 36 à 63 millions de dollars[iv], et une aide financière supplémentaire de 7 millions de dollars a été octroyée pour favoriser le développement des infrastructures du pays. Un satisfecit pour IOG qui s'attache à asseoir l'indépendance de son pays sur la sécurité et sur la modernisation de ses infrastructures économiques. Déjà le  port de Djibouti - le plus grand et le plus avancé technologiquement des terminaux portuaires du continent africain développé en partenariat avec Dubaï port Authority - a permis l'ouverture de la Corne de l'Afrique au commerce mondial. Il assure à ce jour le transit international de l'essentiel des importations à destination de l'Ethiopie et ses 100 millions d'habitants.     

                                                                  

Et ça marche! Les investissements étrangers affluent ! Le 27 octobre 2014, peu après l'annonce d'un financement d'1,8 milliard de dollars accordé à la région de la Corne de l'Afrique par le Groupe de la Banque mondiale[v], l'Union européenne s'est à son tour engagée à soutenir les pays de la région à hauteur de 3,7 milliards de dollars d'ici 2020, dont 10% doivent être attribués au développement des activités transfrontalières dans la région. La Banque africaine de développement a, à son tour, offert sa garantie pour 1,8 milliards étalés sur les trois années à venir. Enfin, la Banque islamique de développement compte apporter un nouveau financement de près d'un milliard de dollars en faveur de ses quatre pays membres de la Corne de l'Afrique (Djibouti, de la Somalie, du Soudan et de l'Ouganda). Une enveloppe supplémentaire de 2 milliards de dollars pourrait être allouée par le Groupe de Coordination des institutions arabes de développement sur la période 2015-2017. 

 

Eaux claires  et mains propres: coup d'arrêt à la corruption 

 

Depuis son arrivée au pouvoir le président Ismaïl Omar Guelleh a prôné et mis en œuvre une " politique de tolérance zéro vis-à-vis de tout acte de corruption ". Une ligne claire, qu'il a réaffirmée en décembre 2012, à l'occasion du Séminaire national de réflexion sur le renforcement de l'intégrité et la lutte contre la corruption, en rappelant que " toute forme de corruption est perversion. Les passe-droits, le trafic d'influence, les conflits d'intérêts ou certaines petites faveurs, qui peuvent paraitre tellement bénignes et insignifiantes sont tout simplement inacceptables. Ce qui veut dire qu'il faut admettre qu'il n'existe aucun acte de corruption inoffensif et par cela, accepter la légitimité de la sanction." [vi]

Autant pour  la bonne gouvernance et la transparence dans la gestion des fonds publics. Une preuve encore s'il en était besoin du renforcement de l'état de droit ! IOG met ainsi en place un médiateur de la République, une Cour des comptes, et une inspection générale d'Etat[vii], chargée de la lutte contre la corruption, du contrôle administratif et de la bonne gestion des fonds publics

Cette même IGE a depuis rejoint et contribué à fonder plusieurs organisations régionales africaines et internationales dédiée à la lutte contre la corruption. Ainsi l'IGE participe-t-elle au Projet Régional du PNUD[viii] pour l'Intégrité et la Lutte contre la Corruption dans les Pays Arabes depuis mars 2011. A son initiative, Djibouti a organisé un Séminaire national de réflexion sur le renforcement de l'intégrité et la lutte contre la corruption, en décembre 2012 et assume le secrétariat permanent de l'institution au niveau du continent. 

 

Pédagogie par l'exemple

 

A Djibouti le temps des sanctuaires est révolu. En 2008, l'administration fiscale s'intéresse à un proche du pouvoir, Abdourahman Boreh: « l'homme le plus influent de Djibouti », selon les diplomates et observateurs. Industriel, homme d'affaires, diplomate, ami d'enfance, cousin et conseiller du Président, il est au cœur du pouvoir et affiche une réputation sans tâche. L'enquête, bientôt, révèle une fraude massive au détriment des finances de l'état djiboutien. Et pourtant l'homme est richissime : en 15 ans il prive les finances de la république de plusieurs dizaines de millions d'euros sortis de Djibouti par une ingénierie fiscale élaborée.  Pris la main dans le sac Boreh refuse de régulariser la situation et d'honorer ses dettes. Mais Djibouti est devenue…. une démocratie moderne, et au nom de l'état de droit, de l'intérêt général, le Chef de l'Etat engage des poursuites internationales à l'encontre de son familier. Pour Boreh, la cavale commence.

Corruption, détournement, concussion 

En 2008, l'implication de Boreh dans des détournements de fonds de plusieurs millions de dollars d'aide humanitaire à Djibouti et en Somalie est révélée par les autorités américaines[ix]. Cette même année l'administration fiscale djiboutienne inflige un redressement fiscal de deux milliards DJF (environ 11 millions USD) à sa société Soprim. Boreh s'exile alors à Londres, en Espagne puis à Dubaï.

Dans une interview récente, passée presque inaperçue, en réponse à un blog hébergé par The Hill[x], Monsieur Roble Olhaye, représentant permanent de Djibouti aux Nations Unies et Ambassadeur de Djibouti aux Etats-Unis depuis 1988, expose la manière dont l'enquête gouvernementale dévoile le montant colossal du préjudice matériel et moral infligé au peuple djiboutien par Abdourahman Boreh. Fort de sa position de directeur des Ports et de la zone franche de Djibouti, il met en place et pilote, entre 2004 et 2008, le pillage systématique des intérêts du peuple djiboutien, en collusion avec la multinationale Dubai Ports World International. Une firme dont le CA pèse 2 fois le PIB de Djibouti ….....Des constats corroborés par la Cour des Comptes de Djibouti.

En Abdourahman Boreh, DP World trouve l'allié qui lui manque pour siphonner les finances du port et le rendre plus dépendant encore de son puissant partenaire ; 2 accords léonins, en 2004 et 2006 scellent l'entente entre  Mohammed Sharaf, le très trouble Directeur exécutif local de DP World, et Abdourahman Boreh. Pour Bpreh, c'est le jackpot ! 30% des profits générés par l'exploitation du terminal de conteneurs de Doraleh lui reviennent.......au détriment de.....l'Etat dont la part est négociée par Boreh. La portion congrue plutôt, au mépris des usages en ces types de transactions. 

 

Le banquier du sang

Le 27 novembre 2009, Boreh est démis de la présidence de l'autorité des ports et des zones franches de Djibouti par décret. Mais son argent travaille pour lui et s'investit dans le terrorisme. Sanguinaires et déterminés, les terroristes al shabaabs manquent d'expertise logistique et financière …? Le providentiel Boreh est là, avec ses réseaux, de renseignement, de transport et de financement : l'homme qui tutoyait les princes du golfe s'assied à présent à la table des assassins.                       

 Le 24 juin 2010, suite à la mise au jour des enregistrements[xi] démontrant son implication active et sa responsabilité dans l'instigation de deux attentats à la grenade perpétrés par le groupe terroriste Al Shebab, il est condamné par contumace par la Cour Criminelle de Djibouti à 15 ans de réclusion pour instigation d'actes terroristes.[xii] Ce qu'il faut bien appeler, le pacte de corruption Boreh/DPW, porte sur le transfert de plusieurs dizaines de millions de dollars, via un maillage de sociétés écrans. Une fois révélé, l'accord de 2006 avec DP World  devient caduque, et tout règlement diplomatique impossible. Pourtant les médias internationaux continuent de traiter Djibouti en dictature arriérée. Comme si la mise au jour de l'affaire Boreh n'avait pas eu lieu, comme si Boreh était une victime et non un criminel.  Mais un criminel riche capable de s'offrir les couteux services d'officines de lobbying et de propagande aussi aveugles à l'éthique qu'incapables de sentir, que décidément Boreh n'est pas fréquentable. 

Les propos et infos de cet article n'engagent que son auteur.

 



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