Hello, happy friends !!! Godivoire est de retour (enfin presque). Après ma dernière entrevue avec le sémillant et footeux, Serge-Eric Aguié, me revoilà. Ne vous attendez pas à un chapelet de nouveaux articles. Mais je m'attèlerai quand même, à vous satisfaire chaque semaine. Alors! Je vous ai manqué? Oui? Non? Ben, vous m'en direz tant...Pour un retour, j'ai ressorti mon joli ''divan numérique'' (tout rouge, pour ceux et celles que le détail intéresse)et je vous ai dégoté un ''jeune mâle'' web-entrepreneur, très ''smarty" au profil très androïde et technicolor. Vous ne voyez pas encore bien à qui on aura faire cette fois?...On y va alors pour une séance ''sans fausse note''!!!
PS: Ça pourra vous paraître légèrement long mais croyez-moi, vous n'aurez aucun regret après avoir lu cet interview ''très intime''. Vous allez même bien rire dans certains passages.

  1. Présente-toi ?
Je suis William Tedje Ahouma, un ivoirien qui a découvert le web en 1998. J’ai eu mon premier PC avec une connexion 56K en 1999, quelques jours avant le coup d’état. Cette expérience m’a permis de mesurer la puissance d’Internet, dans ma quête effrénée d’informations sur la situation politique de mon pays. J’ai aussi découvert les joies de NAPTSER (lol). A ce moment, je ne savais pas exactement ce que je voulais faire dans ma vie mais je savais que la micro-informatique et Internet seraient dans le tableau.
  1. Comment décrirais-tu ton métier ?
Le piège, c’est que j’en ai plusieurs. Le développement web, la publicité et la production audiovisuelle. Je compte en ajouter d’autres à ma besace mais par la grâce divine, mon statut de web entrepreneur me permet de les allier tous. Bientôt, les internautes du monde entier pourront « voir » ce que je fais. Sur le côté, je fais quelques travaux d’infographie mais ce n’est pas vraiment mon « core business »comme on le dit.
  1. Depuis quand l’exerce tu ?
Hormis les travaux notés dans le cadre scolaire, j’ai fait mon premier site en 2003, quelques mois après la fin de ma formation. Je venais de finir mon programme de « web design, programmation et bases de données » et j’avais 5 ou 6 mois de libre alors je me suis engagé dans l’animation d’un site communautaire appelé noxstudios. J’ai pu ainsi grappiller quelques centaines de membres aux forums d’Abidjan.net. J’exerce donc depuis 7 ans maintenant et beaucoup de mes vieux amis du net m’ont connu à travers ce site.
  1. Et ton parcours professionnel.
Très atypique. Je dirais même chaotique car j’ai fait beaucoup de choses et rien à la fois. Après ma formation initiale, j’ai opté pour un programme en génie logiciel plutôt que d’aller dans le monde du travail où on me prêtait un avenir brillant car j’étais assez doué côté Oracle, SQL et PL/SQL. Au lieu de cela, je suis retourné à l’université, dans un programme qui n’allait pas tarder à me « gifler » à cause des mathématiques, discipline qui constitue ma kryptonite personnel (rires). En 2004, je suis rentré en Côte d’Ivoire et je n’ai pas tardé à lancer Farotage.com qui fut un succès populaire mais un échec financier, faute de business model. J’ai donc appris de mes erreurs et après une formation en communication publicitaire, je revêts ma tunique de web entrepreneur, paré pour de nouvelles aventures.
  1. Selon toi, les métiers du web sont-ils valorisés en Côte d’Ivoire ?
J’ai envie de demander « valoriser par qui ? ». Une fois en rentrant chez moi, j’ai vu une pancarte qui disait « votre site web pour 50.000FCFA ». A Montréal, une compagnie était prête à nous verser $6000 pour un site alors que nous étions encore étudiants. Imaginez la dévalorisation du service rendu autant par les clients qui te disent « nous avons 100.000F » que par certains confrères ( ?) qui bradent des templates à 50.000FCFA. Ajouté à cela, on remarque une très forte méconnaissance des métiers du web car tout le monde est confondu dans le terme « webmaster » pour les plus chanceux, sinon on parle juste d’ « informaticien ».
  1. As-tu un modèle dans ce domaine ?
Pas vraiment. Je suis admiratif de certains « business models » comme celui demint.com, de certaines évolutions comme par exemple celle de tutplus.com qui est passé d’un site de tutoriels pour Photoshop à un véritable réseau qui regroupe plusieurs domaines. Mon seul modèle reste et demeure Jésus Christ, même dans les métiers du web (rires)
  1. Quelles satisfactions en retires-tu ?
La même que Marck Zuckerberg quand il se rend compte que 400 millions de personnes ressentirait un vide si Facebook fermait en une nuit. Le fait de voir que les gens sont heureux que mon site existe et qu’ils se demandent comment ils faisaient avant. C’est priceless ! C’est ce genre d’expérience que je veux créer avectelevizo.com, mon site qui est en bêta privé actuellement. Allez-vous inscrire pour avoir une chance de participer au programme.

  1. Rencontres-tu des difficultés ?
Oui et je pense que beaucoup d’acteurs du web en ont fait l’expérience. Je peux citer pêle-mêle le taux de pénétration d’Internet qui est encore trop faible, le manque de vision des structures dirigeantes mais aussi des entreprises privées qui tendent vers l’écrémage plutôt que vers une pénétration du marché, les œillères que portent les structures financières car comment penser à du commerce en ligne quand le taux de bancarisation flirte avec les 3% ? Mais malgré ça, on demande toujours un registre de commerce pour ouvrir un compte chèque en Côte d’Ivoire…. Le mal est profond et la racine est large.
  1. Ça nourrit son homme ?
Non. Le développement web uniquement ne nourrit pas son homme. Pas parce que les clients ne sont pas prêts à payer le million pour un site mais parce qu’ils sont trop peu.
  1. Qu’est ce que tu voulais faire quand tu étais encore enfant ?
Chef cuisinier ! C’était mon rêve de créer quelque chose qu’une autre personne allait consommer et en retirer une satisfaction unique. Hélas, comme je le dis souvent, les « dida » ont tué ce rêve là ! J’avais 12 ans et tout le monde me disait que c’était une folie, qu’on ne pouvait pas aller à l’école pour devenir cuisinier, c’était la voie royale vers la pauvreté, etc. Tout un ramassis d’inepties ! Les africains ont arrêté de rêver et c’est vraiment triste pour cette jeunesse. On ne peut pas avoir un pays de comptables, de magistrats, de professeurs ou de fonctionnaires. Pourquoi un jeune ivoirien ne dirait pas « Moi quand je grandirai, je veux ouvrir une chaîne d’hôtels » ou « Moi quand je grandirai, je veux être un auteur de livres pour enfants» ? En ce qui me concerne, je suppose que mon rêve ne fût pas complètement perdu puisque je continue toujours d’apprendre des recettes, notamment en pâtisserie.
  1. C’est quoi ta routine quotidienne ?
Prière, Facebook en début de journée. Facebook, Prière en fin de soirée. Le reste est au feeling lol !
  1. A ce jour, quel regard portes-tu sur l’état de l’industrie du web en Côte d’ivoire ?
Il n’y a pas d’industrie du web en Côte d’Ivoire. Il y a des individus qui se battent et heureusement maintenant, il y a une organisation telle qu’Akendewa dont je suis membre, qui est dans un état d’esprit de « Make It Happen ». Nous avons arrêté de nous plaindre. Il reste maintenant à générer beaucoup de fonds et à installer un modèle de réussite propre au web ivoirien comme on en trouve dans la Silicon Valley. Ça vient et je suis content que maintenant il y ait beaucoup plus de bloggeurs et de sites qui ne soient pas exclusivement dédiés à la musique urbaine ou à l’agrégation d’articles de presse. Nous voulons être accompagnés dans cet effort et nous le serons. Nous le sommes déjà.
  1. Quels sont tes 3 produits high-tech préférés dont tu ne peux pas te passer ?
Mon browser Chrome, Skype et mon Samsung Omnia mais je vais bientôt le remplacer soit par un iPhone, soit par le Nexus One de Google.
  1. Quels sont tes 3 sites Internet préférés ?
Ils ne le sont pas tant au niveau de leur design et/ou de leurs fonctionnalités mais plutôt au niveau de la fréquence de mes visites :
  1. Quels sont tes projets ?
Immédiatement là, je veux construire la première grande compagnie Internet ivoirienne. Aussi simple que ça.


A la semaine prochaine, pour une autre séance enrichissante sur mon Divan ''numérique'' rouge...Godivoire.
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Commentaires

  • Merci, c'était enrichissant !!! Bonne chance pour la suite...
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