J'ai découvert mon invitée de la semaine, en Mars 2011, alors que nous étions nominées toutes les deux dans la catégorie meilleure blogueuse ivoirienne du concours Ivoire Blog Awards. Elle m'a permis de me rendre compte qu'il y avait de plus en plus de blogueuses ivoiriennes, assidues, pro et régulières dans leurs publications. J'ai été bluffée et elle a été sacrée Meilleure blogueuse de Côte d'Ivoire. Une excellente littéraire au style irréprochable, une jeune femme sur-douée et à l'humour savamment dosé...Une future scénariste de renom et même auteure à succès dans les 5 prochaines années à venir?..Je mise tout sur elle. Entretien ''numérique'' avec une jeune femme ivoirienne qui en a dans le cerveau (comme on n'en voit très peu depuis des années)...Je vous laisse en sa compagnie...Interview à lire sans modération.

1. Présente-toi ?
Yehni Djidji , Ingénieur en marketing et Management, blogueuse, écrivain, scénariste, et je m’essaye à l’interprétariat depuis peu. Yehni Djidji est le pseudo que j’ai choisi quand j’ai voulu me lancer plus sérieusement dans l’écriture et que j’ai utilisé pour mon blog. J’ai fini par le préférer à mon vrai nom. (rires)

2. Comment décrirais-tu ton ou tes activités pro?
Je viens de finir mon cycle ingénieur et je suis à la phase de soutenance. Je n’ai pas encore obtenu de stage pratique. J’aide donc pour le moment quelques proches sur leurs projets personnels d’entreprise. Et je travaille sur mes livres, mes scénarii, mon blog. Cet aspect de ma vie est en train de prendre une proportion inattendue, mais que j’aime bien.

3. Depuis quand as-tu démarré?
Entre la lecture et l’écriture je crois qu’il n’y a qu’un pas que j’ai franchi allègrement en classe de 4ème. Mes premières histoires étaient bien entendu des copies presque conformes des livres que je lisais à l’époque (bibliothèque verte et bibliothèque rose). Il s’agissait d’aventures, un peu tirées par les cheveux, d’adolescentes détectives, qui faisaient tantôt des chasses aux gangsters, tantôt des chasses au trésor. Il a fallu que je me frotte aux ouvrages africains pour que mon style évolue et que mes histoires collent un peu plus à ma réalité.

4. Et ton parcours.
Après le bac D obtenu au lycée Sainte marie, j’ai fait un BTS Communication d’entreprise, puis un cycle ingénieur en marketing et management.
Quand j’étais en BTS communication, j’ai été distingué meilleure élève en communication de Côte d’Ivoire. (Rires). Je ris parce qu’on m’a donné pour toute récompense un petit diplôme cartonné et je ne sais même pas où je l’ai mis.
Au niveau de la littérature, j’ai remporté en 2005 un concours de poésie et tous les poèmes gagnants auraient dû être édités en un recueil. J’avoue ne pas savoir si cela a été fait. C’est en 2010 que trois œuvres collectives, où je figure, ont été publiées à la faveur des concours : INTIMES CONFIDENCES 2ème édition, LES PLUS BELLES LETTRES D’AMOUR 2ème édition et CINQUANTE ANS D’INDEPENDANCE DE LA CÔTE D’IVOIRE EN DIX NOUVELLES.
Un jour je me suis dit que je pouvais très bien adapter certains de mes livres en films et tenter ma chance du côté des réalisateurs. Je me suis documentée et me suis rendue compte que c’était plus difficile que je le pensais mais pas impossible. Depuis deux ans donc, je me suis mise à l’écriture de scénarii et j’espère que d’ici l’année prochaine une de mes productions cinématographiques verra le jour.
Au niveau de mon blog, j’ai eu la chance d’être Lauréate du concours Ivoire Blog Awards 2011.

5. As-tu un modèle dans ce domaine ?Tous ceux qui ont eu la chance d’avoir des distinctions méritées dans leur domaine d’activité sont mes modèles !


 6. Quelles satisfactions en retires-tu ?
Ecrire, surtout des œuvres de fiction, me permet de vivre plusieurs vies, d’explorer le genre humain, d’essayer de le comprendre, de sortir du carcan de ma personnalité. L’écriture m’enseigne la tolérance. En me mettant à la place d’un personnage dans un livre ou dans un film, c’est ma propre âme que je suis obligée de sonder et de mettre à nu. Je ne dirais pas que mes œuvres sont auto biographiques, mais il y a une partie de moi dans chacune d’elles. Savoir qu’il y a des personnes qui apprécient mes écrits, particulièrement quand il s’agit de mes devanciers est une double satisfaction. Les prix littéraires que j’ai remportés sont de très belles cerises sur le gâteau.

7. Y rencontres-tu des difficultés ?
La plus grande difficulté pour l’écrivain ivoirien, c’est bien sûr le système éditorial qui souffre d’une lenteur affligeante. Là où les maisons d’édition européennes vous renvoient une réponse négative ou non en six mois maximum, ici vous pouvez facilement attendre pendant plus de trois ans, sans savoir si votre manuscrit a été lu, conservé, ou même vendu comme emballage à une commerçante de beignets. Et pourtant les mêmes grands noms de la littérature ivoirienne publient chaque année.
Nous n’avons pas suffisamment de maisons d’édition, et peu souhaitent prendre le risque de publier un auteur inconnu et ne pas récupérer leur investissement. C’est un peu comme le problème d’emploi : on vous demande une expérience professionnelle, comme si sans premier emploi vous pouvez un jour vous targuer d’une quelconque expérience.
Heureusement, toutes les maisons d’éditions ne souffrent pas de ce mal, certaines sortent du lot. Mais je ne souhaite indexer personne. Et puis les difficultés nous rendent plus forts et plus inventifs, aujourd’hui l’écrivain a à sa disposition plusieurs autres moyens pour faire connaître son travail grâce à internet notamment. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquels j’ai décidé de créer un blog. Le mois de Juillet sera d’ailleurs dédié à une série d’articles sur la littérature ivoirienne, un dossier, presque complet pour essayer de comprendre et trouver des solutions aux maux qui la minent.

8. Honnêtement, décris-toi en trois mots.
Complexe, Précoce, unique.

9. Tes activités quotidiennes sur à travers Internet et en particulier, la gestion de ton blog, impactent-elle ta vie réelle? Si oui, comment ?
J’ai fait de très belles rencontres grâces à internet et à mon blog. Même si elles n’ont pas encore remplies toutes les promesses qui en étaient attendues, j’en garde un bilan positif. J’ai aussi eu la chance de figurer dans un magazine colombien et d’être associée à plusieurs projets de magazine en ligne.

10. Personnellement, que représente le web pour toi?
C’est un peu « la porte des étoiles » de la série Stargate. Le web nous permet de voyager partout dans le monde en quelques clics. C’est une source inépuisable de connaissance mais aussi de perte de temps quand on l’utilise mal.

11. C’est quoi ta routine quotidienne ?
Ma routine est dépourvue de tout intérêt. En général sur mon ordinateur du matin au soir. Mais là comme j’ai repris activement la recherche d’emploi, il se peut que ma routine devienne « sous le soleil du plateau, un paquet de CV sous les bras ». Je plaisante.

12. Honnêtement penses-tu être accro à Facebook et/ou twitter ?Je n’ai pas de compte twitter. Y être accro relèverait donc de la magie. (rires). Facebook m’aide pour la diffusion des articles de mon blog mais je ne pense pas être accro.

13. Quels sont les 3 produits high-tech dont tu ne peux pas te passer ?
Une question très difficile car les produits les plus high-tech dont je dispose sont en fait très « low-tech » ou « old-tech », si je puis me permettre. Mon vieux téléphone portable, mon fidèle ordinateur, ma clé USB sans tête.

14. Quels sont tes 3 sites Internet préférés ?Si le terme préféré se réfère à un site que j’aime et que je suis heureuse de consulter je dirais, Bella Naija, Le blog de Linda Ikeji , et bien entendu le blog de yehni Djidji.
Bella Naija est le blog d’une jeune nigériane qui travaillait dans une banque. Elle l’a lancé en 2006 quand ce mode d’expression était encore peu connu. Devant le succès de ses écrits, elle a quitté son travail et mué le Blog en webmagazine, un peu comme AYANA ! C’est une vraie success-story partie d’un petit blog et j’aspire à cela.
Le blog de Linda Ikeji est celui d’un mannequin nigérian qui a été inspirée par Bella Naija. Elle est aujourd’hui une femme d’affaires et son blog l’a rendue très populaire. C’est après l’avoir lu que j’ai eu envie de créer le mien. (rires). 
Ce qui me plait ce sont les cartes d’invitation VIP qu’elles reçoivent gratuitement pour des évènements afin qu’elles en fassent la promotion sur leur blog. J’attends mes invitations. (rires)
15. Une semaine sans Internet pour toi, est-ce possible?
Tout à fait, je l’ai découvert malgré moi, pendant la crise post-électoral. Un grand merci à la CIE et à tous ceux qui de près ou de loin m’ont permis de prendre conscience de cet état de fait.

16. Quels sont tes projets ?Dans l’immédiat, trouver un travail ayant un lien avec le marketing, le journalisme, la littérature ou le cinéma.
Mais j’espère plus que tout voir enfin mes œuvres littéraires trouver la faveur des éditeurs et devenir des best-sellers, rédiger des scénarii de films qui deviendront des blockbusters et à long terme avoir une maison d’édition et une compagnie de production de films. Les autres projets en cours sont liés au web et je préfère les garder secret pour l’instant. Ils écloront dans un futur proche, si Dieu le veut !

17. Que voulais-tu faire quand tu étais encore enfant ?
Enfant je voulais être médecin, astronaute, actrice, chanteuse, journaliste, écrivain...Je crois que j’ai encore suffisamment de temps pour réaliser quelques-uns de ses rêves. En tout cas ils figurent en bonne place sur ma liste des choses à faire.

18. Dernière question taquine pour la rédac': si tu n'étais pas une femme, à quoi aimerais-tu ressembler?
Je me vois très mal en objet ou en animal. Je vais faire comme si tu as dit « qui » et répondre : Un bel homme intelligent qui a la crainte de Dieu (rires).
Le Blog de Yehni Djidji
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