Le Digital News Report 2013, publié le 20 juin par le Reuters Institute pour l’Etude du Journalisme auprès de l’université d’Oxford, est une étude comparative des usages des consommateurs d’informations en France, en Angleterre, Allemagne, Espagne, Italie, Danemark, aux Etats-Unis, au Brésil et au Japon.

Cette année, il dénote un paysage médiatique en mutation en révélant les spécificités nationales des consommateurs.

 

Selon l’étude menée par Nic Newman, le nombre de personnes prêtes à payer pour de l’information en ligne est en progrès. Entre 9 et 15 % de personnes supplémentaires selon les pays. En France, 13% de la population serait concernée.


La deuxième grande tendance constatée se trouve du côté de la publicité. Le marché passe de plus en plus par de nouveaux intermédiaires et particulièrement Google, Facebook, et Apple. En Italie, en France et en Allemagne, les consommateurs transitent par les moteurs de recherche pour trouver une information. Au Brésil, et en Espagne, les internautes utilisent majoritairement les réseaux sociaux pour découvrir de l’information. Les sites de journaux et de médias traditionnels n’arrivent en tête de la consommation d’information qu’au Danemark et aux Etats-Unis.


Selon les régions, il y a également des différences de comportements qui peuvent avoir un impact pour les stratégies des médias. Par exemple, le rapport souligne que les réseaux sociaux sont très puissants au Brésil contrairement à l’Allemagne où ils ne sont pas intégrés dans la culture des consommateurs d’informations. Le Huffington Post, notamment, mise sur l’intégration des commentaires Facebook et sur le partage des contenus pour développer son audience. C’est donc une technique qui peut très bien fonctionner dans certaines géographies et pas du tout dans d’autres.


Le dernier point qui m’a interpellée est un focus sur le Royaume-Uni où le paiement pour de l’information en ligne reste très faible. Les groupes de médias historiques occupent encore une place très forte. La BBC, par exemple, service public gratuit, et face à elle des médias comme le Guardian et le Daily Mail qui ont de très fortes audiences et n’ont pas mis de paywall sur leur site Internet. Ce qui en fait un pays où l’offre abondante d’informations de qualité est encore gratuite et où, par conséquents, l’adoption de modèles payants est plus difficile qu’ailleurs.


Marie-Catherine Beuth est journaliste, spécialiste des nouveaux médias au Figaro. Elle est en ce moment Knight Fellow à Stanford aux Etats-Unis, où elle travaille au développement d'une application média qui doit modifier notre manière de nous informer en fonction du temps que nous pouvons consacrer à la lecture des actualités. Elle est l'auteure du blog 
Étreintes digitales. Chaque semaine, dans l'Atelier des médias, elle s'arrête sur l'un des aspects de la r/évolution des médias actuellement en cours.

 

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