Des médias pour dire l’exil

Voilà bientôt dix ans que les médias couvrent ce que l’on appelle la “crise migratoire”. Pourtant, une voix manque souvent au traitement de ce phénomène : celle des premiers concernés. Cette semaine, l’Atelier des Médias s’intéresse à différents médias dont le but est de faire entendre les personnes réfugiées.

Dessins Sans Papiers

En juin 2016, Audrey C. apporte du papier et des crayons sur le camp de réfugiés installé devant la Halle Pajol, au Nord de Paris. Le temps d’un après-midi, ceux qui le souhaitent viennent dessiner leur parcours, leurs espoirs ou leurs rêves. Le lendemain, ces oeuvres sont affichées autour du camp. L’effet est immédiat : les passants, qui n’osaient pas nécessairement s’arrêter auparavant, viennent regarder et commencent à échanger avec les dessinateurs.

Devant le succès de l’expérience, Audrey fonde le collectif Dessins Sans Papiers. L’association organise de nouveaux ateliers dans des camps installés à Paris, à Nantes ou à Marseille. Au bout d’un an, elle publie un premier recueil de 200 dessins, Dessins Sans Papiers (désormais épuisé). Puis se lance dans une nouvelle aventure : celle de la publication du récit d’un seul migrant. C’est ainsi que sont édités Le voyage de Hafiz el Sudani et Le Journal de Mickey le Vieux. Avant de nous parler de son projet, Audrey nous a décrit l'un des dessins qu'elle a recueilli : 

 

 

De très nombreux dessins sont visibles sur le groupe Facebook de Dessins Sans Papiers.

Une cagnotte est ouverte pour acheter Le Journal de Mickey Le vieux et soutenir son auteur, Mohammed Ndepe Tahar. Ce jeune camerounais arrivé à 16 ans en france n'a pas été reconnu majeur par l'administration. Aujourd’hui majeur, il n’a plus que quelques mois pour faire valoir son (encore) jeune âge et trouver une école, et obtenir son titre de séjour

 

Stalingrad Connection

Stalingrad Connection est une émission née près du camp de Stalingrad, en dessous de la station de métro du même nom. Emanation de Radio Debout, qui avait été fondée pendant les manifestations de Nuit Debout à Paris, ce projet-ci donne la parole aux personnes réfugiées, leur fournit des conseils pratiques, et traite de l’actualité qui les concerne.

Stalingrad Connection, c’est donc une émission faite par les migrants, pour les migrants. Et pour permettre à un maximum de personnes de profiter de son programme, elle est diffusée en quatre langues : le français, l’anglais, l’arabe et le dari (parlé surtout en Afghanistan). Diffusée sur la radio associative Fréquence Paris Plurielle (106.3 fm) chaque lundi à 11h, Stalingrad Connection est aussi disponible en ligne, sur un audioblog d’Arte Radio.

 

Tous les épisodes de Stalingrad Connection

Stalingrad Connection sur Fréquence Paris Plurielle

 

MicroCamp

MicroCamp Radio est un atelier radio proposé par l’association Radio Activité. Le but : faire réaliser une émission de radio à ses participants, en 3 ou 4 heures. Comment ? Comme ils le veulent. MicroCamp leur fournit le matériel, les bénévoles servent de facilitateurs, et puis c’est parti : aux personnes présentes de décider quels thèmes seront abordés et de veiller à ce que tout le monde puisse participer. Le tout est diffusé en live sur Facebook, puis à retrouver sur le site de l’association.

Depuis sa création, Radio Activité a réalisé une centaine d’ateliers dans des écoles, des prisons, des théâtres ou des camps de réfugiés. Pour MicroCamp Radio, l’association a prêté ses micros à des personnes migrantes en France, en Irak, au Liban et en Géorgie. Et au fil des sessions, elle a vu certains sujets ressortir : la question de l’éducation, notamment, qui inquiète les parents, celle de la vie dans des camps de fortune, ou simplement la volonté d’enregistrer des chants et des poèmes.

Le site de Radio Activité et la page Facebook de MicroCamp

Les émissions de Radio Activité sur Soundcloud

Les Ondes de l’exil, sur RFI, où sont diffusés des extraits des ateliers de MicroCamp. 

 

Mediafugees

Au-delà de la vie dans les camps de réfugiés, l’exil se poursuit aussi lorsqu’on obtient un statut administratif stable. La plateforme Mediafugees s’est donnée pour mission de faire porter la voix de ceux qui vivent loin de leur pays d’origine quelle que soit leur situation, et, grâce à leurs témoignages, de montrer un maximum de facettes de la vie des personnes migrantes.

 

Camille Teste et Nassim Sari ont lancé le site Mediafugees en avril 2018. Depuis, un article d’actualité, un récit ou une carte blanche (texte littéraire, vidéo, essai, etc) est publié chaque semaine. Les auteurs, qu’ils soient simples citoyens, artistes, activistes ou journalistes, vivent tous une situation d’exil. Une manière, pour les fondateurs de Mediafugees, de s’assurer que ceux qui parlent de migration savent de quoi ils parlent.

 

Le site de Mediafugees

La page Facebook de Mediafugees

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Journaliste à l'Atelier des médias de RFI, coach Mondoblog, alternante à l'Ecole de Journalisme de Sciences Po

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