Des commerces chinois fermés à Douala

Les propriétaires évoquent l’excès de vol de leurs marchandises ainsi que des agressions à répétitions. La date de réouvertures des magasins n’est pas encore connue.

 

C’est un fait inhabituel. Celui de voir les magasins chinois fermés. Pas pour un ou deux jours seulement. Mais toute une semaine. Pas bon signe. Une situation qui a fait disparaître les embouteillages quotidiens au lieu dit « Douche municipale » à Douala. Un endroit rebaptisé « China Town » à cause de la forte présence de la communauté chinoise. L’impact commercial s’est vite fait ressentir. Ce samedi 30 mars 2013, les revendeurs des produits chinois rencontrés ne disent pas le contraire. « C’est vrai que nous un peu de stocks. Mais quand les clients et se rendent compte qu’aucun magasin n’est ouvert, ils repartent comme si nous n’étions pas aussi des commerçants. Nous faisons le tiers de la recette qu’on faisait avant leur fermeture parce qu’on « taclait » les clients qui venaient prendre dans ces boutiques chinoises », reconnait Jean, détaillant dans le secteur. Sans aucune information, les clients se retrouvent face au fait. Et bonjour la déception. « Je venais chercher une chaussure pour le baptême de ma petite sœur. Ils vendent les chaussures moins chères ici. C’est quand j’arrive que je constate que toutes les boutiques sont fermées. Les revendeurs là n’ont pas la qualité de chaussure que je voulais. J’avais vu ça le magasin là l’autre jour. Je suis maintenant obligé d’aller prendre une chaussure plus chère. On n’a même pas parlé de cette grève à la radio », se plaint dame Assiga, ménagère.

Sur les portes des magasins minutieusement fermés, il n’y a aucune inscription. Ils ne sont pas scellés pour non paiement d’impact par la Communauté urbaine de Douala. Comme cela se disait au quartier. Loin de là. Au sein de la communauté chinoise, c’est la grande muette. Personne ne parle au reporter. Comme s’ils se sont passés le mot ici. « Je n’ai rien à dire ! », lance un commerçant chinois rencontré sur les lieux. C’est Victorine, agent dans le magasin chinois dont-elle a bien voulu taire le nom, de nous informer que « les chinois ont fermé parce qu’ils disent être victimes, au quotidien et de manière abusive, de vols et d’agressions. Qu’ils sont en insécurité à tout moment. C’est leur façon d’interpeller la police qui a deux postes ici mais qui ne fait rien ». Jean de renchérir : « Ils font comme si nous étions aussi en sécurité. Je ne peux pas vous dire combien de fois j’ai été victime de vol ici. C’est permanent ici et les policiers qu’on envoie dans les postes de police ici passent le temps à dormir. Qui va alors travailler ? On est obligé de faire avec ».

Dans le poste de police sis au niveau des agences de voyages établit dans ce lieu, on s’intéresse moins à cette situation. « S’ils ferment c’est leur problème. Quand ils auront faim, ils reviendront ouvrir. Nous ne sommes pas les robots hein. On travaille comme on peut pour sécuriser les lieux », souligne, furieux, l’homme en tenue retrouvé au poste. On ose croire que ce problème de sécurité sera très vite résolu. Que nos frères chinois rouvriront leurs commerces pour leur bonheur des personnes « à faible bourse ».

Frank William BATCHOU

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