A Kisangani au Nord de la RDC, faute  de service d’orientation scolaire dans les écoles, beaucoup d’élèves embrassent les options dont ils n’ont pas les capacités. Les échecs, abandon scolaire sont  nombreux.

 

"J’ai débuté par les humanités littéraires mais j’étais très faible en latin et en anglais. Les enseignants m’ont conseillé de reprendre la 3eme année en  pédagogie générale alors que j’étais déjà en 4eme année ", témoigne Alain Lutumba, élève à l’Institut Kalindula. Comme lui, de nombreux élèves opèrent des choix d’option sans tenir compte de leurs capacités intellectuelles. Des échecs et des décrochages scolaires sont enregistrés. En effet, la cellule d’orientation scolaire n’existe plus dans la majorité d’écoles. L’élève décide seul en imitant ses collègues ou ce sont les parents qui dictent leur choix. Les parents ont tendance à projeter leur histoire personnelle sur celle de leur enfant. "Je veux que tu sois médecin ou avocat",…disent-ils oubliant que chaque personne a son propre parcours. Ces choix sont souvent guidés par les seuls exemples de personnalités qui émergent. Le jeune se trouve face à sa propre ambition et à celle de ses parents. "J’ai choisi la biologie chimie parce que je rêve devenir médecin car les médecins ne chôment pas ", déclare Christèle Matisho,élève en 3eme année à l’Institut Kalindula.

A l’école, aucune cellule n’oriente l’élève vers une option par rapport à ses capacités intellectuelles. Il n’est pas rare de voir un élève avec les bulletins de deux ou trois options différentes avant de décrocher son diplôme d’Etat. "J’ai présenté trois fois sans succès les examens d’Etat en biochimie. Cette fois, je me suis inscrit en pédagogie. J’ai de difficultés dans certains cours d’option car c’est la première fois pour moi de les étudier " témoigne Honoré, ancien élève de l’Institut Anuarite, aujourd’hui au Lycée Mfaume.

 

Des élèves souvent désorientés

Rares sont les écoles qui tiennent encore cette cellule adéquatement. Au collège Maele, pour monter en troisième année, les titulaires des classes orientent les élèves selon les meilleures cotes obtenues dans les cours d’option : l’élève qui obtient plus de points en mathématique est orienté en mathématique physique et celui qui a plus de points en français en latin -philo.

Selon Sashi Kumba, inspecteur de l’enseignement," les instructions scolaires prévoient un conseil d’orientation dans les écoles. Mais certaines écoles ou coins du pays n’ont pas toutes les options requises. C’est ainsi que l’on  laisse le libre choix à  tout le monde de faire l’option disponible". Ou ne pouvant changer d’école, l’élève ne fait que l’option existante dans son école. " Nos élèves savent dés la première année qu’ils vont faire les humanités pédagogiques car c’est la seule option que nous avons ", souligne un enseignant d’une école à l’Orphelinat de Mangobo.

Les élèves s’orientent vers les options (littéraires, pédagogie, biologie chimie, math physique, commerciales) pour devenir juriste, médecin, économiste, politologue etc. Par contre, les options des métiers comme l’agriculture, menuiserie, vétérinaire, coupe et couture, électricité, plomberie, maçonnerie sont négligées. Les chômeurs sont nombreux. Mais l’actuel boom immobilier et les travaux  de réhabilitation des routes ont montré que les spécialistes des écoles des métiers étaient rares et prisés.

 

Christian UZILO

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