La guerre au Nord du Mali replonge le continent africain dans le désespoir malgré la volonté de l’armée malienne et de ses alliées de venir à bout des islamistes terroristes. Les récurrents soubresauts socio-politiques et religieux foisonnent un peu partout sur le continent. La plupart des jeunes africains commencent à perdre espoir en l’avenir démocratique du continent face cette avalanche de mauvaises nouvelles.

Mikaïla Issa

La saison d’abondance des coups d’Etat en Afrique, c’était au milieu des années 60 avec l’existence des partis uniques et l’absence de contre-pouvoirs. Ce qui, en situation de crise majeure, fait apparaitre l’armée tout naturellement comme l’arbitre du jeu politique qui va siffler la fin des récréations. L’Afrique souffre parfois de ses élections et de sa démocratie embryonnaire. Des élections vécues comme une mobilisation armée dans le sang et dans d’inqualifiables atrocités, comme en Côte d’Ivoire. Ceci dit les expériences démocratiques en cours, ici et là en Afrique dévoilent parfois leur lot de surprises désagréables. L’exemple du Mali a surpris beaucoup d’analystes politiques avisés. Un pays toujours cité comme exemple de démocratie en Afrique de l’ouest depuis 1990. La quasi-totalité des élections qui s’organisent sur le continent africain, tous pays confondus et à quelques exceptions près, posent plus de problèmes qu’elles n’apportent de réponses aux préoccupations des populations. L’Afrique peut-elle s’inscrire dans un vrai processus démocratique ? En interrogeant les politiques contemporaines qui sous-tendent la plupart des jeunes démocraties en Afrique, le Sénégal a le privilège d’ouvrir à au continent entier une page nouvelle. En effet, la jeunesse sénégalaise a brisé toutes tentatives de fraude massive lors des élections de 2012. Ainsi elle s’est faite le bras armé pacifique et vigilant de la démocratie. Et c’est un tel exemple que doivent cultiver les jeunes africains dans les autres pays en proie à des tensions politiques interminables. La jeunesse sénégalaise montre ainsi la voie à suivre. Les jeunes africains refusent désormais de se contenter de discours et de promesses démagogues. Elle veut fonder ses certitudes sur des faits vus, vérifiables et vérifiés. Si les Sénégalais n’étaient pas, en majorité, musulmans, les jeunes s’appelleraient tous « Thomas ». Car comme le Saint Thomas, l’un des douze apôtres de Jésus doutant de la résurrection du Christ avant de l’avoir vu, ces jeunes sénégalais ne croient ne donnent plus carte blanches à leurs hommes politique sans un minimum de vigilance. Une telle jeunesse, dans cet état d’esprit pourrait être pour le continent un atout formidable, le levier puissant de son décollage vers le développement..

Jeunesse africaine : entre espoir et inquiétude

Il est grand temps pour que les fils et filles du continent noir prennent conscience que l’Afrique seule peut se libérer elle-même de tous ses problèmes majeurs qui entravent à son développement. Les Africains doivent prendre leur destin en mains. C’est complètement irrationnel de négocier séparément avec les autres puissances économiques du monde. Il faut que les dirigeants comprennent que des citoyens libres et en sécurité sont les plus à même de défendre ses intérêts. Le salut de l’Afrique du point de vue du développement, viendra d’une génération d’hommes et de femmes qui auront compris la valeur du travail stratégique et qui auront cessé de regarder les modèles ailleurs que dans les sources de leur culture pour construire des modèles plus adaptés au contexte africain au plan économique et politique. L’Afrique a souffert certes, et souffre encore indubitablement dans un monde où les grandes puissances économiques et militaires imposent leur hégémonie. C’est regrettable un tel destin !

Benoît XV l’avait dit…

Dans son discours, le 19 novembre 2011 lors de sa visite à Cotonou au Bénin, Benoît XVI, avait plus que jamais marqué le continent africain. Le Pape dit avoir uni au mot Afrique celui d’espérance en ces termes : « Lorsque je dis que l’Afrique est le continent de l’espérance, je ne fais pas de la rhétorique facile, mais j’exprime tout simplement une conviction personnelle, qui est également celle de l’Eglise ». Faisant suite aux aspirations des peuples africains, il a déploré les nombreux conflits qui sur le continent à cause de l’aveuglement de ceux qui ont fait fi de la dignité des personnes ou de celle de la nature. Car, a dit le Pape : « La personne humaine aspire à la liberté ; elle veut vivre dignement ; elle veut de bonnes écoles et de la nourriture pour les enfants, des hôpitaux dignes pour soigner les malades ; elle veut être respectée ; elle revendique une gouvernance limpide qui ne confond pas l’intérêt privé avec l’intérêt général ; et plus que tout, elle veut la paix et la justice ». Et le Pape de dénoncer les maux qui minent le continent : « En ce moment, il y a trop de scandales et d’injustices, trop de corruption et d’avidité, trop de mépris et de mensonges, trop de violence qui conduisent à la misère et à la mort. » Et d’insister sur le fait que : « Chaque peuple veut comprendre les choix politiques et économiques qui sont faits en son nom. Il saisit la manipulation, et sa revanche est parfois violente. Aucun régime politique humain n’est idéal, aucun choix économique n’est neutre. Mais ils doivent servir le bien commun. » . C’est un vibrant appel à la responsabilité qu’avait lancé le Pape aux dirigeants africains : « Ne privez pas vos peuples de l’espérance. Ne les amputez pas de leur avenir en mutilant leur présent ! Ayez une approche éthique courageuse de vos responsabilités et, si vous êtes croyants, priez Dieu de vous accordez la sagesse. » . D’où la nécessité, pour le Pape, de promouvoir, avec les jeunes, une pédagogie du dialogue pour découvrir « que la conscience de chacun est un sanctuaire à respecter et que la dimension spirituelle construit la fraternité. ». Parlez aux peuples d’Afrique, donnez des perspectives aux jeunes, expliquez-leur leur futur, faites-les rêver.

Participation de la jeunesse au développement

Plusieurs programmes indiquent que la jeunesse dans les pays africains est un exemple d’intégration et d’engagement dans les différentes stratégies de développement. Pour réduire les crises socio-économiques, au-delà d’une « volonté politique » affichée de conjuguer avec et pour la jeunesse depuis « la haute hiérarchie », il existe plusieurs barrières au sein des appareils étatiques qui rendraient impossibles toutes consultations réelles de la jeunesse. Certes, d’excellentes mesures sont prises, mais rares sont celles qui intègrent la jeunesse, « la vraie ». Celle dont le mérite et le dynamisme ne souffrent d’aucune contestation. De plus, les jeunes eux-mêmes en sont parfois les causes, tant ils n’ont pas toujours réussi à s’unir autour d’un même objectif. Car très souvent, une désolidarisation naît dès qu’interviennent des intérêts matériels. Malgré sa réputation de jeunesse très instruite et scolarisée, c’est une jeunesse qui a été très longtemps frustrée et peine encore à se détacher des stéréotypes que certains tendent à lui coller pour mieux la manipuler. Aujourd’hui les jeunes ont manifesté une préoccupation à tous les niveaux pour exiger leur intégration et leur implication dans divers domaines de développement et de croissance du continent.

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