Même si l’ancien régime s’en prévalait et en prenait prétexte pour dire qu’il a tant fait pour les journalistes, sans avoir rien obtenu en retour ; et que pour ce fait il n’y a avait aucune raison d’en faire plus et davantage, personne ne peut faire la fine bouche devant cet acquis important que représente l’absence d’emprisonnement pour les délits de presse, concernant les journalistes. Il s’agit d’une avancée importante, qui protège la liberté de la presse, tout en appelant le journaliste à plus de responsabilités. Désormais le journaliste ivoirien travaille avec une grande tranquillité morale parce qu’il sait que pour tout écrit ou acte posé dans le cadre de sa profession, et par voie de presse il ne fera pas la prison. C’est vrai que malgré cela, il n’est pas à l’abri d’un assassinat à la Jean Helène, d’un enlèvement, d’une disparition à la Kieffer, ou d’une cabale aux allures de délit de droit commun ? C’est vrai que certains procureurs, des citoyens et des juristes tentent quelques fois de contourner la loi, et essaient de faire requalifier en délit de droit commun, les délits de presse. C’est également vrai qu’il faut rester vigilant pour éviter les pièges ; mais le fait que la loi précise que la peine privative de liberté n’existe pas, est un grand acquis à mettre à l’actif de l’ensemble de la classe politique, qui a voté ces dispositions en 2004, après des débats houleux au cours desquels le principe a même failli être remis en cause. Peut-on penser que c’est cette forme d’impunité et d’intouchabilité dont bénéficie le journaliste, qui fait qu’en retour, on exige tant de lui dans la défense des libertés publiques et dans la promotion de l’action des politiques ? Mais n’est-ce pas aussi cela qui pousse, presque tout le monde, à faire le choix de la facilité et à tenter de laisser les journalistes porter seuls le poids des malheurs du monde et de la Côte d’Ivoire ? Le combat est noble ; le métier est noble. Mais les privilèges ne sont pas acceptables, si on foule aux pieds le respect des règles de la profession, et si on perd le sens de la responsabilité. Comme tout pouvoir, le quatrième des pouvoirs peut faire mal quand il rentre dans l’abus et dans l’excès. Le pouvoir exécutif est encadré. Le pouvoir législatif est également encadré. Le pouvoir judicaire est encadré. Tous ces pouvoirs subissent la critique et la vigilance de la presse et du quatrième des pouvoirs. Le quatrième pouvoir, le pouvoir des médias serait-il un pouvoir sans limites ? Il ne faut pas. Même si à un moment donné, on a fini par croire et penser qu’en vérité la presse n’est pas un pouvoir, tant elle avait décidé de servir les autres pouvoirs, de se lier et de se mettre à la solde des politiques. Le quatrième pouvoir qui résiste au pouvoir économique et à la puissance financière des hommes d’affaires, a-t-il le droit accepter curieusement de subir de son plein gré, l’influence des hommes politiques?
C.K et P.P
(in L'Intelligent d'Abidjan du 17/05/11)
Envoyez-moi un e-mail lorsque des commentaires sont laissés –

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !

Join Atelier des médias

Articles mis en avant

Récemment sur l'atelier

mapote gaye posted blog posts
4 févr.
Mélissa Barra posted a blog post
La Côte d’Ivoire veut s’attaquer aux dysfonctionnements que connaît l’enseignement supérieur public…
18 janv.
Plus...