Connaissez-vous la conférence DLD ?

Je reviens de Munich où se tenait la conférence DLD, une sorte de TED à l'européenne, avec un bon mélange de technologie, de problèmes concernant le style de vie et la santé et, bien entendu, de business pur et dur. L'occasion de vous faire part des présentations et idées qui m'ont intéressées.

Digital Life Design

De la même façon que TED veut dire Technology, Entertainment Design – soit technologie, loisirs, design – DLD signifie Digital, Life ou vie, Design. Elle est co-dirigée par Hubert Burda, un magnat de la presse allemande et par Yossi Vardi l'investisseur israélien. C'est la première fois que j'y étais invité et j'ai bien aimé le fait qu'il y a moins de monde que dans d'autres conférences du même genre: autour de mille. Ça donne une atmosphère plus intime qui permet de mieux réfléchir et s'émerveiller.


L'attention au style de vie est un bon choix car il nous concerne tous. J'ai apprécié une présentation du Professeur californien Ornish pour qui une modification du style de vie comprenant exercices légers, régime plutôt végétarien, méditation ou yoga contre le stress et beaucoup d'amour permet de réduire le diabète, le cancer de la prostate et la tension artérielle. Ça peut faire sourire mais il fournit plein d'études plutôt convaincantes.


Un des moments qui m'ont le plus surpris c'est quand Esteher Dyson une des gourous digitales les plus sérieuses a sorti de son oreille, sur scène, une oreillette qui projette une lumière bleue dans ses tympans. Une technologie finlandaise qui permet, selon elle, de combattre le décalage horaire. L'entreprise s'appelle Valkee et affirme qu'en dirigeant une lumière brillante sur certaines zones sensibles du cerveau on obtient un effet comparable à celui du soleil. Il paraît que ça met de meilleure humeur l'hiver. Autant dire qu'ils ont un bel avenir et pas seulement dans les pays nordiques quand on voit le gris et le froid qu'il fait à Paris en ce moment.


Faut-il limiter les technologies?


Une des meilleures discussions de DLD s'intitulait Cybergerre, crimes et sécurité. Elle réunissait les représentants de deux des plus grosses boîtes mondiales de sécurité informatique Eugene Kaspersky, le patron de la fameuse entreprise de logiciels anti virus du même nom et Mikko Hypponen de F-Secure, une entreprise finlandaise. On a le droit d'être sceptique quand des gens qui prospèrent en nous vendant de quoi nous protéger disent que nous sommes menacés. L'ennui c'est qu'ils ne manquent pas d'arguments, même Karspersky qui s'est présenté comme l'expert en matière de cybersécurité "le plus paranoïaque du monde".

C'est Karspersky qui vient de découvrir à la mi-janvier le virus Red-October (octobre rouge) qui a opéré incognito pendant 5 ans dans 39 pays. La quantité d'information détournée d'ambassades, de laboratoires, de centrales nucléaires et autres entités d'importance géopolitique se chiffrerait en centaines de milliers de gigaoctets. Ça n'est pas de la guerre lui a rétorqué Hypponen mais de l'espionnage, une activité à laquelle se livrent tous les gouvernements depuis qu'ils existent.

Le problème – ils étaient tous les deux d'accord - est que les logiciels sont maintenant capables de détruire des machines et sont utilisés dans des activités de guerre. C'est le cas par exemple de Stuxnet qui a permis de mettre à mal les centrifugeuses Siemens de centrales atomiques iraniennes. En fait tout cet arsenal devient si compliqué que Kaspersky, pour nous le faire comprendre, a comparer les premiers virus a des bicyclettes / stuxnet à une navette spatiale et Red October à la station spatiale capable de rester des années dans l'espace.


Les deux spécialistes estiment, et c'est ça qui compte, qu'une attaque aux conséquences dramatiques est une question de temps. Karpesky se pose même la question de savoir si nous ne devrions pas mettre une limite à toutes ces technologies.

Prezi : de la présentation à la discussion


J'ai personnellement beaucoup apprécié la participation de Peter Arvai le suédois-hongrois co-fondateur de Prezi l'outil de présentation qui commence à sérieusement bousculer PowerPoint et Keynote. Il est intéressant pour deux raisons.

D'abord par son histoire. Né en Suède de parents hongrois il a lancé sa boîte à Budapest, mais, convaincu qu'il ne pourrait percer que s'il était capable de conquérir le marché américain il est allé s'installer à Silicon Valley. La logique est imparable: c'est le pays, a-t-il dit, où l'on fait le plus de présentations avec support visuel. C'est une question de masse critique. Si l'on convainc 2% du marché américain – ceux qu'on appelle les early adopters, qui adoptent une technologie dès qu'elles sort - ça fait beaucoup plus de monde que 2% de la Hongrie. Sans oublier que le développement en Europe est en outre limité du fait de la multiplicité des langues.


Et puis, dans un entretien que j'ai eu avec lui il m'a expliqué que si, pour raconter une histoire on peut passer de façon linéaire, comparable à ce qu'on fait avec PowerPoint d'un point à l'autre du grand canevas qu'est une présentation Prezi on peut aussi, montrer l'ensemble et s'en servir comme base de conversation, de discussion. C'est sur cette base qu'ils ont conçu leur nouveau service Prezi meeting un outil pour les sessions de brain storming. Il présente ça comme la nouvelle génération de tableau noir (ou vert, ou blanc) virtuel et comme "un moteur à innovation".

C'est en tous cas une jolie formule et j'ai très envie d'essayer cet outil, pas vous?

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Francis Pisani
@francispisani
Perspectives on innovation, creative cities, and smart citizens. Globe wanderer. Distributed self. Never here. Rhizomantic.

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Commentaires

  • Belle initiative!!! merci pour l'infos

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