Trois tendances médias à suivre en 2015

2015 vient de démarrer. Que nous prépare cette année ? Dur à prédire, sans doute, mais voici trois sujets qu'il semble intéressant à suivre d'emblée : les investissements dans les médias en ligne, la fin de la télévision et les objets connectés.

  • Les investissements dans les médias en ligne

En 2014 on a vu beaucoup d’argent, beaucoup de capital-risque, aller vers des médias en ligne. Cette année, plus que l’arrivée de nouvelles levées de fonds, il faudra voir si les investissements de l’an passé vont payer. Quelques noms pour vous rafraichir la mémoire : on a vu des sites comme Vox, Buzzfeed, Upworthy, Mic, séduire les investisseurs et lever des sommes des dizaines de millions de dollars l’an passé. Leurs nouveaux argentiers voudront voir des résultats et pourront influencer les stratégies des sites médias en 2015.

  • La fin de la télévision à la papa et les nouveaux maîtres des réseaux.

Au cours des derniers mois, on a vu beaucoup de changement dans les usages des consommateurs mais aussi les traditions audiovisuelles, comme les cérémonies de prix à la télévision et au cinéma qui récompensent désormais des acteurs de la vidéo en ligne. Des services comme Netflix, HuluAmazon sont en train de faire rapidement évoluer les usages de consommation - et de production - dans le domaine de l’audiovisuel. Une question est soulevée par cette montée en puissance très visible aux Etats-Unis : comment cela va-t-il impacter le débat en cours sur la neutralité du Net ? Va-t-on préserver la liberté de consommer à volonté des flux de vidéo sur Internet ? Ou bien, les opérateurs des réseaux, des tuyaux, vont-ils obtenir gain de cause et pouvoir facturer davantage les consommateurs gourmands en bande passante ? Le rapport de force pourrait changer avec une influence grandissante de Netflix et consorts à d’autres endroits de la chaîne.

  • Objets connectés et vie privée

Le développement d’objets connectés continue à avoir un succès important chez les entrepreneurs de la Silicon Valley. Nombre d’investisseurs ont placé l’Internet des objets sur leur liste des tendances 2015. Mais une fois qu’on a tous des objets chez nous ou sur nous qui captent des données sur nos habitudes, comportements, déplacements, voilà une nouvelle mine d’or d’informations qui relèvent du privé qui sont confiées à des sociétés privés. Le consommateur va-t-il s’en inquiéter ? Va-t-il au contraire être de plus en plus détendu en matière de « vie privée » et de « données personnelles » ? Qui va vouloir réguler cela, s’il fallait le réguler ? Europe et Etats-Unis risquent de proposer des approches différentes…

M'envoyer un e-mail lorsque des personnes publient un commentaire –

Twitter : @M_C_B
News Concierge | Co-founder @getnod | 2013 @JSKStanford fellow | Correspondent @Le_Figaro @Atelier_Medias

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !

Join Atelier des médias

Commentaires

  • Vigilance de tous? Sommes-nous donc figée  dans cette société inégale, pourtant combattue par les paternalistes d'une société dite de l'information et plus tard celle de la société de communication? Je suis un tout petit peu confuse, si la régulation devient nécessaire. Cela veut dire que la société de l'information a échoué. La question humaine ne peut se régler au travers des machines. Au fur et à mesure que les années passent, cette assertion me trotte de plus en plus dans la tête. Certes ils nous facilitent la vie ces nouveaux medias, cependant ils l’aliènent tout autant ...et plus. Parce que tout est objet à la consommation. Or au départ, il s'agissait de rompre les liens sociaux. Aujourd'hui, non seulement les nouveaux medias nous construisent une réalité totalement à l'opposé de la vie. Elle nous la propose, puis rompt le lien social. Dites-moi Marie-Catherine, pourrait-on encore croire à l'apport des nouveaux medias dans les rapports humains? Car, Tout est sujet à la commercialisation. 

  • Vous avez raison Marie Danielle : l'exploitation des données personnelles est tout l'enjeu. A mon avis, une régulation s'avère nécessaire quand "l'auto-régulation" à travers les conditions générales d'utilisation des services privés, ne protège plus le citoyen numérique. Demain, si Google veut changer ses CGU, il peut le faire comme il veut, et par exemple décider soudain d'utiliser toutes vos données sans vous en informer. C'est là qu'une régulation peut être utile, pour éviter des excès. Bien sûr, le législateur est humain et donc pas à l'abri d'imperfections également... La seule solution est une vigilance de tous les instants du citoyen, de l'internaute, de l'utilisateur, qui a obligation de questionner ses usages comme ses élus. 

  • J'aime vraiment votre analyse des nouveaux medias.. Mais c'est la tendance des objets de plus en plus connectés qui attire mon attention. La consommation de nos données personnelles m'inquiète... Je ne suis pas parano, mais lorsque google m'informe sur un rendez-vous oublié, je suis bien contente. Cependant, lorsqu'il géolocalise et me propose des services, je deviens de plus en plus sceptique face à la consommation de ces produits.. J'ai une question: est-ce qu'une regulation s'avère nécessaire? Ne s'agit-il pas des contrats d'utilisations. C'est une propriété dont il ne devrait se servir. Ne devrait-il pas le mentionner? La régulation a déjà prouvé ses limites.. Les libertés des uns aux autres finissent en conflit avec le Patriot act ou la récente loi anti-terroriste au Cameroun. Anyway!

This reply was deleted.

Récemment sur l'atelier

Atelier des Médias - RFI via Facebook

Rendez-vous à 9h10 TU (10h10 à Paris) sur RFI pour un numéro de…

Atelier des Médias - RFI via Facebook

Atelier des Médias - RFI via Facebook

Machine Learning, Deep Learning, Informatique Cognitive, réseau de neurones,…

Atelier des Médias - RFI via Facebook

Une galaxie de "refuzniks" appellent à contrer l'hégémonie…

Plus...