La question est posée dans Le Débat sur France24:« La récurrence des conflits et des violences ethniques en Afrique ,50 après l’accession de ses Etats à l’indépendance est-elle une fatalité inhérente à la condition africaine ?

1. d’abord qu’est-ce que la violence ?

J’aurais peut-être dû passer par un dictionnaire pour une définition plus académique et universelle du concept de violence. J’ai choisi de le présenter selon mes propres mots. Selon notre compréhension, il y a violence lorsqu’une source quelconque produit une énergie de nature déterminée et la décharge intentionnelle ou non par dans une action déterminée par un canal approprié sur une cible localisée et positionnée dans un espace en vue d’atteindre quelque chose en elle et d’agir en elle de manière hostile en produisant des effets susceptibles de la faire souffrir, de la mettre ou de la maintenir dans un état déterminé, de la contrôler, de lui empêcher de mener une certaine action, de modifier son existence ou de la supprimer tout bonnement.

2. Où retrouve-t-on la violence ?

En ce sens, la violence peut s’observer chez les animaux comme chez les hommes. On peut voir en effet deux chiens qui se découvrent soudainement déployer et décharger cette énergie hostile l’un sur l’autre sans que l’on ne voie un objet concret qui pourrait être la cause de ce comportement. Dans cette situation, les deux chiens se tiennent à distance l’un de l’autre et chacun devient très menaçant. Entre les deux qu’est-ce qu’il y a s’il n’ya pas par exemple un morceau de viande à disputer ? L’espace. Chacun des deux acteurs semblent se tenir dans un territoire dont il défend l’accès à l’autre. Nous pouvons voir la même attitude entre un chien et un chat. Ce fait est aussi visible chez les moutons. Je l’ai vu entre les vaches d’un même enclos et entre des vaches et des taureaux d’enclos différents. J’ai vu cette relation conflictuelle et de violence chez les vautours : dans une meute de vautour autour d’un cadavre de vache, un grand vautour qui attaqua un vautour plus petit et l’éloigna du cadavre pendant très longtemps après plusieurs tentatives de retour du plus petit vers le banquet. Dès le bas âge on voit cet instinct de violence et de destruction s’exprimer chez l’enfant qui la décharge sur certains objets ou sur certains animaux ou sur certaines personnes de son entourage y compris ses proches parents. C’est cette phase de son développement que Freud appelle phase sadique.

On peut conclure : La violence fait donc partie des choses les mieux partagées par la nature entre les animaux et entre les hommes comme elle est dans les foudres du ciel et dans les séismes de la terre.

3. La violence est aussi culturelle chez l’homme

Ce n’est pas l’homme qui a créé donc le conflit et la violence au sein du monde, dans l’environnement naturel et dans les êtres vivants au sein de cet environnement. Mais si la violence est une chose naturellement partagée entre les animaux et les hommes, il existe une violence culturelle exclusivement humaine. Dans presque toutes les sociétés du monde, il existe en effet deux types de violence : une violence supposée condamnable et condamnée et une violence socialisée supposée légitime et acceptée. La circoncision ou l’excision et d’autres pratiques sociales sont des formes de violences socialisées et légitimées. La violence étatique fait partie de cette violence culturelle et constituerait le fondement même de tout Etat selon Max Weber à la suite de Trotski : « Tout Etat repose sur la force » et « L’Etat est le monopole de la violence légitime »

4. La question générale sur les conflits et les violences de toutes natures chez les hommes

La question du Débat de France24 mérite d’être posée et ne manque pas de pertinence dans le cadre du cinquantenaire des indépendances des Etats africains. Car au départ de la création de la société et de l’Etat selon Thomas Hobbes et même Rousseau, était, ne serait-ce que théoriquement, l’intention de gérer les conflits et les violences potentielles et effectives entre les hommes et entre les hommes et les institutions sociales et étatiques, mais aussi de gérer les violences en provenance de l’extérieur. En plus, si l’Etat est partout où il apparaît tel que le présente Max Weber et d’autres, la puissance institutionnelle qui revendique le droit de monopoliser la violence, il est partout responsable de toute violence particulière entre les individus et entre les individus et les institutions sociales. On peut donc légitimement affirmer que si les conflits et les violences n’ont pas cessé, ou n’ont pas été tempérés ou se sont aggravés en Afrique durant les 50 premières années d’indépendance des Etats de ce continent, c’est que quelque part, ils n’ont réussi une mission fondamentale. Mais s’agit-il pour autant d’une fatalité inhérente à la condition africaine ? Si l’Afrique n’est pas le seul champ des conflits et des violences de diverses natures entre les hommes, entre les hommes et leurs institutions, ne devrait-on pas plutôt se demander : la persistance voire l’aggravation la complexité des conflits et des violences entre les hommes au sein des Etats et entre Etats sont-elles une fatalité inhérente à la condition humaine ?

5.Une condition pour répondre à cette question

Pour répondre à cette question, il importe de résoudre la suivante : quelle est la condition de l’homme dans le monde en général et particulièrement celle de l’homme dans les Etats africains avant, durant et après la colonisation ?

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