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Cheikh Modibo Diarra:"Le plus gros problème de l'Afrique, c'est l'accès à la technologie"

Dans l'émission Planète entreprises sur RFI, Jean-Marie Coat reçoit cette semaine Cheikh Modibo Diarra, actuel président de Microsoft Afrique et Moyen Orient. Malien, astrophysicien de formation (il a étudié en France et à Harvard, puis dirigé plusieurs programmes de recherche à la Nasa, dans le cadre du programme d’exploration de la planète mars), Cheikh Modibo Diarra est l’une des personnalités les plus respectée en Afrique et dans la communauté scientifique internationale. (suite sur la page de l'émission Planète entreprises)

Ecoutez l'émission (19 min. et 30 sec.)

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Commentaire de Sylla Tidiane le 28 janvier 2009 à 10:36
Mr Diarra a parfaitement raison. L'acces à la technologie en afrique reste encore une rêve à réalisé.
Commentaire de Moussa Traoré le 29 janvier 2009 à 16:41
Le fait que Cheick Modibo Diarra ait été appelé par Bill Gates pour présider aux destinés de Microsoft en Afrique et au Moyen Orient est certainement une bonne chose car il faut le souligner Monsieur Diarra et un astrophysicien issu du continent (Mali) avec un parcours académique des plus éloquent. En effet, astrophysicien de formation, il est un personnage très respecté au sein de la communauté Internationale et scientifique. Un des objectifs que s'était donné Monsieur Diarra en 2006 lorsqu'il prenait ses fonctions était de réduire la fracture ou le fameux "fossé" numérique sur le continent. Rappelons que la fracture numérique selon wikipédia est la disparité d'accès aux technologies informatiques, notamment Internet. Mais qu'en est-il exactement de l'état de l’accès à cette technologie de la part des internautes en Afrique et quelles sont les solutions préconisées par le groupe Microsoft Afrique?

En ce qui concerne l’accès à l’Internet. En 2000, on remarquait que les États-Unis d’Amérique représentaient 4.9% de la population mondiale et l’Afrique près de 12%. Cependant, le pourcentage des internautes au USA était de 43% contre moins d’un 1% en Afrique. Ce faible pourcentage en Afrique est en grande partie attribuable au coût exorbitant des tarifs de connexion et malgré l’apparition de nombreux fournisseurs d’accès et même de plusieurs satellites au dessus du continent, le temps de connexion reste encore très dispendieux. À cause certainement de l’architecture même du réseau Internet. Il n’est d’ailleurs pas rare de voire des nombreux sites web africains et même ceux de plusieurs gouvernements africains hébergés en Amérique du Nord.

Sur le plan de l’accès à l’ordinateur par les populations en Afrique, on remarquera des grandes inégalités sur le Continent. L’on sait aujourd’hui que Microsoft Afrique évalue dans un premier temps la possibilité de fabriquer des ordinateurs meilleurs marchés et toujours moins chers. Aussi, l’idée à été avancé de reconditionner des ordinateurs usagés selon les standards du groupe et ainsi y apposer le système d’exploitation Windows et la suite bureautique office, le tout pour un coût avoisinant les 3$. Génial me direz-vous ! Mais est-ce vraiment réaliste quand l’on sait que plus de 2,5 milliards de personnes dans les pays sous développés vivent avec moins de 2$ par jour.

Un autre gros handicap selon Monsieur Diarra c’est l’absence de réseau électrique en Afrique. En effet, c’est bien beau toutes ces initiatives technologiques et ambitieuses en faveur du continent, mais qu’est-ce que l’on fait avec toute cette « quincaillerie » lorsque la majeure partie des habitants en Afrique sont plongé dans l’obscurité totale ! C'est-à-dire que le réseau électrique est pratiquement absent. Monsieur Diarra, ne donne pas vraiment d’élément de réponse à ce problème dans l’interview qu’il a accordé à RFI (Radio France International ) dans l’émission planète entreprises du 23 janvier dernier et je le comprends... Autant pour moi, Je sais qu’au Mali, un ambitieux projet dénommé AMADER (Agence Malienne de Développement de l’Électricité Rurale) financé principalement par l’État malien, l’Association Internationale de Développement (IDA) et la banque mondiale vise à électrifier les zones rurales du pays en se servant de l’énergie solaire, une ressource en abondance sur le continent, il fallait juste y penser!

Une autre solution avancée pour la réduction de la fracture numérique en Afrique est la traduction du fameux système d’exploitation Windows et de la suite office de Microsoft dans plusieurs langues africaines comme le wolof et le swahili par exemple. Encore une fois, l’on sait tous que le mandarin en Chine est de loin, la première langue parlée au monde, cependant seulement 8.4% des internautes de la planète ont le mandarin pour langue maternelle. La même chose pour l’anglais et l’espagnol qui sont deux langues très populaires l'une que l'autre dans le monde et pourtant, seulement 45% des internautes parlent l’anglais pour seulement 5,4% espagnol. C’est dire que la « comparaison des langues » est donc une autre manière de constater la réalité et l'importance de la fracture numérique. En ce sens que ces facteurs viendront toujours alimenter les disparités qui existent et donc la fracture numérique.






Un dernier élément qui freine la réduction de la fracture numérique est l’absence de formation de base sur ces nouvelles technologies. Pour cela Microsoft Afrique ambitionne former tout à fait gratuitement 45 000 000 millions d’individus d’ici 2010 et il semblerait que cette objectif sera même dépassé… Ma réaction première à cette nouvelle serait de dire bravo! Mais connaissant la philosophie capitaliste de plusieurs multinationales Nord américaines, je cultive beaucoup de réserve quant à la réelle gratuité d’une telle initiative…

En 2008, les internautes branchés (connecté) même dans les pays développés ne représentaient qu’une minorité de la population mondiale. D’ailleurs selon le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), l'internaute type est « un homme de moins de 35 ans, diplômé de l'enseignement supérieur, disposant de revenus élevés, habitant en ville et parlant anglais », soit « un membre d'une élite très minoritaire ».

En terminant, selon moi, le problème de fond est le manque d’intérêt pour ces nouvelles technologies par une tranche de la population créant ainsi des disparités qui d’ailleurs existent partout dans le monde pas seulement en Afrique. Le cas de l’Afrique est certainement accentué par la pauvreté des populations. En clair, je veux dire qu’il existe une partie de la population qui n’accorde et qui n’accordera aucun intérêt à l’accès technologique, la fracture numérique ne fait donc que refléter cette distorsion. Résoudre la « fracture numérique » peut certainement contribuer à faciliter l'accès à la technologie, à l'éducation, et à aider à la transformation économique des pays du sud, mais ne pourrait certainement pas être le moteur principal d'un développement durable en Afrique sans l’instauration d’une certaine forme de « gratuité » à ces outils technologiques de la part des grandes multinationales et de certains bailleurs de fonds.

Moussa Traoré

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