Cette liberté d’expression de deux poids, deux mesures

La liberté d’expression, voilà bien un concept qui me tourmente l’esprit. Si les experts en donnent des significations extravagantes, la liberté d’expression se résume au simple fait de s’exprimer librement en tout état de conscience et de responsabilité.  Mais si aujourd’hui je me demande ce que signifie réellement cette liberté d’expression, c’est parce que des événements fâcheux remettent en cause ce principe. La liberté d’expression autant que d’autres formes de liberté n’est pas absolue. En France, l’article 11 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen est précis sur le sujet. Outre la définition de cette liberté d’expression, il a également limité principalement cette liberté aux points qui suivent :

  • Cette liberté ne doit pas porter atteinte à la vie privée et au droit à l’image d’autrui

  • Elle ne doit pas tenir certains propos interdits par la loi : (l’incitation à la haine raciale, ethnique ou religieuse, l’apologie de crimes de guerre, les propos discriminatoires à raison d'orientations sexuelles ou d'un handicap)
  • Elle ne doit pas tenir de propos diffamatoires 
  • Elle ne doit pas tenir de propos injurieux 

 

Pour en venir au cas Charlie, cette liberté d’expression devient outrageuse. En ce sens, serions-nous libres de profaner les choses les plus sacrés de l’humanité, y compris la démocratie ?

Mais tout récemment lorsque l’humoriste Dieudonné a publié sur son compte « Je suis Charlie Coulibaly », cela lui a valu une belle enquête de soupçon illogique qu’il encouragerait l’acte terroriste. Autant que lui, beaucoup d’autres cas similaires ont fait l’objet d’enquêtes ou d’arrestations. A mon entendement, Charlie lui aussi, s’exprime sur les jalons de l’humour.

En toute franchise, cher lecteur, je vous demande : en quoi peut-on différencier « Je suis Charlie Coulibaly », de « L’islam c’est de la merde » proféré par le journal Charlie Hebdo ?

Dieudonné n’est pas plus polémique que Charlie Hebdo.

Finalement, soit cette liberté d’expression n’a aucun sens, soit elle est une arme pour désarmer et corrompre toute l’humanité. Alors on marche, on marche au nom de cette soi-disant liberté d’expression ! J’aurais marché pour ces morts, pour la France, pour les français mais pas au nom de ce vil théâtre, qui s’est d’ailleurs caractérisé par la présence de quelques moutons, venus de lointains pâturages, mêler leurs voix aux huées de la jungle.

Au nom de cette même liberté, Charlie Hebdo s’adresse aux musulmans, en publiant à 3 millions d’exemplaires, une caricature du prophète Mouhammad (PSL), portant une pancarte, « Je suis Charlie ». Cette réponse, je dis bien s’adresse aux musulmans et non pas au monde. Sinon pour s’adresser à l’humanité, et éviter des offenses ou toute controverse religieuse (Parce que l’Islam n’accepte pas les caricatures du prophète), il aurait mieux valu publier un véritable message de paix, d’amour et d’unité. Cette unité que cherche aujourd’hui la France. Mais cette réponse publiée, à vrai dire, n’est pas différente de : « L’islam c’est de la merde ». Voilà pourquoi l’autorité musulmane égyptienne dénonce cette caricature. En vérité, Charlie peut bien valoriser sa liberté d’expression, mais dans le respect des confessions religieuses, des limites de cette même liberté, et dans le respect des hommes.

Ce billet, qu’on se le dise, ne vise point ce journal mais a pour fin de dénoncer cette liberté d’expression de deux poids deux mesures. Traduisons ce concept en acte ou effaçons-le à jamais, et ce en toute humilité.

Oumar

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Oumar Aboubacar Sidibé, né le 21 février 1995 à Bamako, est l'un des plus jeunes leaders maliens et écrivains africains. Pour plus d'information sur Oumar Aboubacar : http://about.me/omersidibe

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