Le cas IB, la réouverture des écoles, la presse de l’opposition

Le cas du commando invisible de Ibrahim Coulibaly dit IB, l’école ivoirienne : le cas de la commune dortoir de Yopougon et la presse de l’opposition sont les trois grands dangers qui guettent le pouvoir du Président Alassane Dramane Ouattara.

L’obtention de l’exercice du pouvoir par Alassane Dramane Ouattara aura été par césarienne, du fait de son rival qui ne voulait pas céder le pouvoir à tant. Du 28 novembre 2010, date du 2nd tour de la présidentielle où il a été proclamé vainqueur par la Cei avec 54,1 %  contre 45,9% pour son rival politique, Laurent Gbagbo, au 11 avril 2011 date à laquelle le Président sortant a été déchu, trop de sang a coulé sous le pont. Sans ignorer pour un oiu ou pour non, le sang versé des Ivoiriens pendant les dix ans de pouvoir de Laurent Gbagbo. Et surtout, celui de septembre 2002 par la rébellion armée. Si le pouvoir de Laurent Gbagbo est tombé, il n’en demeure pas moins des poches de résistances et non des moindres qu’il faille régler avec sagesse et amour ; au risque de tomber dans des erreurs compromettantes.  

 Le cas IB, un poison pour les populations  

« J’ai parlé de paix dans ma conférence de presse. J’ai parlé d’unité totale dans toutes les armées mais, à notre grande surprise nous sommes victimes d’une attaque. Nous tenons nos positions habituelles, depuis le début. Nous sommes attaqués aujourd’hui par les Frci voilà, la situation ». Tels sont les propos tenus par Ibrahim Coilibaly dit IB, quand « sa position » a été attaquée à Abobo par les Frci mercredi 20 avril dernier. Il n’en fallait pas plus pour que Méité Sindou, porte-parole du Premier ministre, ministre de la Défense donne la réplique : « Ibrahim Coulibaly n’a pas à tenir de positions. Si d’aventure il tient des positions ces positions sont illégales. Il avait fait notamment une déclaration qui disait qu’il s’inscrivait parfaitement dans le processus de réconciliation nationale. A partir de ce moment là, il s’avère parfaitement illogique qu’il tienne ou des barrages ou des positions à quelques endroits sur un quelconque territoire national ». C’est dans cette confusion que le cabinet de IB a annoncé à la presse sa rencontre avec le Président Alassane Dramane Ouattara lundi 25 avril 2011 à 11h. Grande fut notre surprise d’entendre que la rencontre n’a pas eu lieu pour des raisons de sécurité que, « l’Onuci devrait assurer » jusqu’au Golf. Pis le porte-parole du commando invisible, le capitaine Aka Méyo a fait cas de « barrages et d’embuscades » par les Frci.

Question. Quelles démarches ont été entreprises par les premiers responsables qui gravitent autour du Président Alassane Dramane Ouattara afin de rencontrer IB, depuis l’avènement du commando invisible à Anyama puis Abobo? Sachant bien qu’il un problème d’égo entre le premier cité et Soro Kigbafory Guillaume par ailleurs Premier ministre et ministre de la Défense. IB, pour le moins qu’on puisse dire a toujours réclamé la paternité de l’ex-rébellion. Et ce,  pour ses positions radicales. C’est cette guerre larvée qui est exposée sur la place publique à Abidjan. Même si de loin, IB se réclame proche d’Alassane, il est inconcevable selon des sources proches de son cabinet de voir assis devant Guillaume Soro.  Conséquence, ce sont les populations qui paient le lourd tribut de cette guéguerre Soro-IB. Et les tirs à l’arme lourde continuent à tonner dans l’une des plus grandes communes de l’Afrique de l’Ouest, Yopougon. Au moment où il est de plus en plus question de rentrée des classes. Et que les Ivoiriens aspirent à la paix et à la réconciliation véritable. Ce qu’il convient d’appeler « le cas IB » est un kyste qu’il faut résoudre.

Rentrée des classes du 26 avril 2011

Après la chute de Laurent Gbagbo, la Côte d’Ivoire va aborder un nouveau virage basé  sur la compétence, la transparence, la bonne gouvernance etc. Un programme qui ne peut s’exécuter que dans la paix et la sérénité et surtout la sécurité pour tous les Ivoiriens. Malheureusement, le gouvernement annonce la reprise des cours à Abidjan au moment où la plus grande commune, dite commune dortoir est sous la rampe des feux des armes lourdes. Qu’est-ce qui  fait courir la ministre de l’Education Candia Camara au point de ne même pas prendre en compte les réalités de la guerre que vit cette commune de Yopougon infestées de mercenaires et de miliciens ? Va-t-on tomber dans les mêmes erreurs du passés en accusant les populations de cette commune d’être de connivence avec cette rébellion ? La ministre a-t-elle une idée exacte de la fin de cette guerre urbaine qui ne date pas de ce jour, au point de vouloir sauver une année blanche sans prendre en compte les réalités qui vit cette commune ? En tout état de cause, une chose est de commencer à aller à l’école, et une autre est de savoir à quand la fin de la guerre dans la commune de Yopougon.

Combien sont les enseignants qui veulent aller enseigner et sont bloqués dans les maisons ou leurs cachettes hors d’Abidjan, du fait de la guerre ? Combien sont les élèves qui ont hâte de prendre le chemin de l’école mais, vivent encore la guerre ? Ces derniers n’ont-ils pas besoin de savoir au même titre que les autres enfants ? Si Alassane Dramane Ouattara a vécu martyrisé, humilié etc. pendant plus de quinze années  pourquoi imposer à son gouvernement une course de fonds inutile. Il est le choix du peuple. Un peuple qui doit évoluer dans le temps et non contre le temps. Il n y a-t-il pas d’institutions en Côte d’Ivoire ou des hommes capables d’examiner le temps perdu inutilement ? Rien ne sert de courir, il faut aller à point. Car ces enfants sont l’avenir d’une Côte d’Ivoire de  demain unie et reconciliée.

La presse de l’opposition dans la tourmente

Tout changement de régime agit sur la presse au pouvoir. Laurent Koudou Gbagbo et son régime sont tombés. Les confrères de la presse communément appelée « journaux bleus », anciennement au pouvoir paie le prix. Il s’agit entre autres de « Notre Voie », « Le Temps », « Le Quotidien », « Le Nouveau Courrier». La plupart de leurs locaux ont été saccagés, le matériel pillé pendant la guerre ouverte à Abidjan. Quel leur avenir et celui des journalistes ? C’est ici que le ministre de la Communication doit prendre des dispositions qui s’imposent afin que la lutte pour la démocratie vraie se ressente. César Etou, Directeur de publication de « Notre Voie » a, au cours d’un entretien accordé à un confrère, évoqué les difficultés liées à la parution des journaux proches de l’opposition. L’Unjci, le Cnp, le Gepci…toutes ses organisations des journalistes ont  été interpellées. Mais, à en croire le confrère, son cri du cœur reste lettre morte. La presse de l’opposition est donc, dans la tourmente et ne sait à quel saint se vouer au moment où les journalistes ont besoin de travailler pour apporter pourquoi pas, un plus à la démocratie et à la reconstruction de la Côte d’Ivoire, selon l’éthique et la déontologie qui régissent notre corps de métier. Il faut taire les querelles de personnes et emmener les journalistes à exercer sereinement leur métier. Doit-on rester dans une Côte d’Ivoire où l’Etat de droit avait foutu le camp ? Cela est loin de la vision d’Alassane Dramane Ouattarara qui a toujours prôné l’union, l’entente et surtout l’amour du prochain. Il suffit de feuilleter son programme de gouvernement pour être édifié et convaincu.

Le père de la Nation est interpellé

Depuis  l’arrestation de Laurent Gbagbo lundi 11 avril 2011, Alassane Dramane Ouattara est le Président des Ivoiriens. Il ne reste que son investiture par le président du Conseil Constitutionnel pour lui donner tous les attributs. Le plus dur commence pour celui qui doit unir le peuple ivoirien, déchiré par plus de dix ans de violence et de haine. L’héritier de Félix Houphouët Boigny aura-t-il les coudées franches ? Il est trop de l’infirmer ou l’affirmer. Par ailleurs, il a des Hommes (dans l’opposition, la société civile et au Rhdp) qui peuvent ramener la Côte d’Ivoire à de meilleurs sentiments s’ils le veulent.

 

                                                          Sériba Koné

                                                        seriba67@yahoo.fr

 

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Commentaires

  • Anfi la Cote d'Ivoire au main de Ouattara. Dieu est merveilleux !!!!!
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