Ce que je pense de la Coton Tchad

En cette saison des pluies, il est bon de projeter une réflexion sur la destinée et l’avenir de la CotonTchad, Société nouvelle.Presque un an après la réforme de la Coton Tchad pour la sortir de l’impasse, on remarque qu’il n’y a pas de changement majeur. Cette énième tentative pour sortir cette société de son marasme économique semble ne rien apporter. Alors qu’on constate que les cotonculteurs tchadiens souffrent cruellement dans leur quotidien pour labourer le coton, jadis imposé par le colonisateur. Des milliards de francs cfa ont été injectés pour tenter l’ultime sauvetage d’une société d’Etat en goguette chronique. Continuer à injecter de l’argent dans cette société n’est-ce pas continuer à dilapider les maigres ressources nationales au profit d’une structure qui a brillé par la mal gouvernance? Quand on sait que l’ancienne société, la Coton Tchad, monte souvent au créneau par des cas avérés de malversation financière, on comprend mal l’empressement des autorités, à lui redonner une nouvelle vie. A bien y réfléchir, sauver coûte que coûte cette «brebis galeuse» pour la ramener «au bercail» en dépensant à hue et à dia, est fort inopportun.Faut-il continuer à sauver la Coton Tchad, Société Nouvelle? Oui, mais avec prudence car la conjoncture nationale actuelle se prête peu à une générosité qui prend des airs de prodigalité. Le pays n’a pas les moyens d’un tel vice, loin s’en faut! Ne se rappelle-t-on pas que pour une maigre augmentation de salaire des fonctionnaires, il a fallu des mois pour que le gouvernement lâche du lest pour trouver une solution à la crise? Mais, évidemment on me demandera que faut-il faire avec la CotonTchad, Société nouvelle? Je répondrai: délester l’Etat d’une charge qui le plombe; regarder du côté de certains repreneurs privés qui ne demandent qu’à récupérer une société à potentiel certain, mais qui souffre d’une culture de gestion désastreuse dont tout laisse à penser qu’elle est héréditaire. Car l’Etat, par les temps qui courent, a bien d’autres chats à fouetter: la sécurité qui demande des moyens de plus en plus importants car dit-on, Boko haram est à N’Djaména; la pauvreté des populations qui appelle une intervention d’urgence non sans une certaine approche providentielle car la crise et l’insécurité alimentaire au sahel s’annoncent rudes et de l’autre côté, la cherté de la vie; l’énergie dont le déficit condamne irrémédiablement notre économie au surplace…
Beaucoup de domaines où l’Etat penserait mieux investir pour qu’il y ait un développement réel que la Coton Tchad qui a englouti de fonds mais dont la destinée et l’avenir restent sombres. Ce n’est pas dans la résurrection artificielle d’une entreprise déjà mille fois morte et mille fois ressuscitée qu’on trouvera la panacée à des penchants fondamentalement mortifères. Sauvons la Coton Tchad Société Nouvelle, oui mais d’un sauvetage définitif que d’une résurrection vers la morte lente.Sabre Na-ideyam
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