CDP : Les dinosaures quittent le navire

Les ténors du parti au pouvoir ont chosi la premiere semaine de janvier pour présenter leur démission. Depuis un certains temps, ces anciens camarades de Blaise Compaoré étaient relégués au second plan au sein du parti qu’ils ont crée et nourri. Ils ont donc fini par quiter le parti en invoquant un manque de démocratie.

 

Salif DIALLO, Roch Marc Christian Kaboré,  Simon COMPAORE, Clément SAWADOGO pour ne citer ceux-là ont démissionné du parti au pouvoir, le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP). Ceux-ci ont occupé des postes de haute  responsabilité aussi bien au sein du parti de Blaise Compaoré que dans son gouvernement. Roch Marc Christian Kaboré a été premier ministre, président de l’Assemblée nationale, président du bureau national du parti. Simon Compaoré ex-membre du bureau national du CDP et ancien maire de la commune de Ouagadougou pendant 17 ans. Et que dire de Salif Diallo ancien ministre de l’agriculture, ancien homme de Blaise Compaoré et artisan du parti au pouvoir. Ces ténors ont démissionné du parti avec près de 80 autres membres. L’hémorragie va certainement continuer, dans les jours à venir, quand on la capacité de mobilisation de ces démissionnaires, et leur rôle dans la création et l’enracinement du parti au sein du peuple burkinabè. 

Cette vague de démission ne surprend pas les observateurs avisés de la scène politique burkinabè. En effet, depuis plusieurs années, le parti au pouvoir fait une épuration. Les cadres du parti sont mis au garage au profit de militants de la dernière heure. Des militants partisans de François Compaoré, le frère du président. Il était donc évident que  ces ténors ne pouvaient pas se contenter des seconds rôles que leur ont réservés les arrivistes de Fédération associative pour la paix et le progrès avec Blaise Compaoré (FEDABC).

Ce qui se tramait depuis au moins deux ans a fini par se manifester. Les leaders du parti au pouvoir démissionnent, évoquant un manque de démocratie et une déviation idéologique. Ils envisagent ainsi préserver les acquis démocratiques et économiques du pays. Mais que peut apporter ce mouvement dans le paysage politique burkinabè ?

Ces ex-ténors du parti au pouvoir peuvent-ils réellement apporter quelque chose de bien pour le pays ? Roch Marc Christian Kaboré,  qui a défendu la modification de l’article 37 de la Constitution se contente d’un mea-culpa en disant que c’était une erreur. Aujourd’hui ces mêmes personnes s’opposent à la modification de l’article 37 et à la mise en place du Sénat. Est-ce un sursaut de patriotisme ou un simple positionnement pour 2015 ?

Ces dissidents ont rencontré le président du Faso avant leur démission officielle. De ce qu’ils se sont dit, rien n’a filtré. Blaise aurait-il donné feu faire à ces anciens camarades pour créer un autre parti ? Ou ont-ils reçu l’assurance du « Blaiso » de ne pas se représenter en 2015 ? Selon Roch Marc Christian Kaboré, cela ne peut être dis aux médias.

Du côté de l’opposition, on applaudit sans chercher à sonder les réelles intentions de ce futur parti. Ces ex-leaders, qui ont mis en place le système CDP, que peuvent-ils proposer d’autre ?

Ce qui est sûr, sans applaudir ces dissidents, comme le font les partis d’opposition regroupés autour du chef de file de l’opposition, je suis certains que si ces gens se mettent au sérieux, ils peuvent modifier la hiérarchie des partis politiques au Burkina Faso. Ils envisagent même participer à la marche de protestation contre la modification de l’article 37 et la mise en place du Senat qu’organise le CFOP.

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Commentaires

  • C'est parce qu'ils ne trouvent plus leurs intérêts personnels qu'ils démissionnent maintenant. Ce n'est qu'une suite logique de la fin de leur carrière: Rock ex-président de l'Assemblée nationale; Simon ex-maire, Salif ex-ministre. Dans la politique, il n'y a que les intérêts. ils ne trouvent plus leur intérêts, donc ils se barrent, trois points de suspension (...). Même s'ils ne sont plus du CDP, ils resteront complices ou acteurs des crimes et détournements jusque là impunis et ils vont répondre un jours devant la justice. Chaque chose à son temps

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