CAP sur l’illégalité

  Si, de l’avis général, les états africains souffrent trop souvent d’un certain vide juridique, voire d’un déficit de droit, ce n’est certes plus le cas du Togo : depuis 10 ans la communauté internationale, jamais tendre avec le successeur du général Eyadema, salue les avancées de l’état de droit dans le pays, qu’il s’agisse de la mise en place d’un socle de règlements pour encadrer les affaires, l’économie et les échanges commerciaux, des Droits de l’Homme, de la protection du statut de la femme ou,  « last but not least » du code électoral et des structures indispensables à son bon fonctionnement.

Liberté d’expression et de ton : une campagne exemplaire

 A la veille d’une consultation que chacun du Cap à Alger et de Nairobi à Nouakchott, s’accorde à qualifier d’élection libre et transparente, les appels à l’illégalité et à la rue, lancés par Jean-Pierre Fabre, candidat de cap2015, ont quelque chose de stupéfiant au-delà même des graves dangers que cette surenchère verbale, pourrait faire peser sur la sécurité des biens et des personnes dans le pays. Plus grave, des ONG qui passent pour des parangons de vertu, et un journal parisien du soir, en perte de lecteurs et de crédibilité, mais toujours considéré comme une publication de référence, relayent des messages de haine et de mépris à l’égard du gouvernement et au-delà, de la nation togolaise dans son ensemble.

Propos incendiaires et pompiers pyromanes

 Le plus étrange est que ces mêmes publications, ces mêmes personnes physiques et morales se sont autoproclamées championnes de l’état de droit et dépositaires de La Vertu. Quelle vertu ? Celle qui consiste à provoquer l’émeute, là où le consensus politique et social s’installe patiemment et surement ? Celle du soutien inconditionnel et terriblement infantile aux plus violents des opposants dont les discours confus et revanchards ne trouvent aucun écho dans la société togolaise ? On peut s’attrister ou se gausser des propos irresponsables tenus par les enfants des colonisateurs, qui ne connaissent rien au Togo ou à l’Afrique. On peut surtout les ignorer : leur opinion ne vaut que dans leurs petits cercles bien-pensants.

Jean-Pierre Fabre : un anarchiste brigue la présidence

 Plus difficile à admettre est la négation de l’état de droit, l’appel à la force et le recours à la menace de la part d’un candidat qui veut se faire passer pour l’homme du rassemblement et de la réconciliation. Jean-Pierre Fabre parle comme un anarchiste, ce qui fait désordre lorsqu’on se présente à la magistrature suprême. Autrement dit, au nom de l’état de droit et de la modernisation des institutions, il met le cap sur l’illégalité et les erreurs sanglantes du passé : drôle de candidat.

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