PRÉSIDENTIELLE CAMEROUNAISE 2018 : UNE OPPOSITION POLITIQUE DE FAÇADE
Comment voulez-vous que je me taise ?
Docteur Mathieu Mbarga-Abéga, Journaliste Politique et Écrivain

Dans le microcosme politique du Cameroun d’aujourd’hui, on n’a pas besoin d’être ni un divin ni un politologue professionnel pour constater dans les faits que l’opposition politique camerounaise de 36 ans, est de façade. C’est la mort programmée du processus de démocratisation toujours encours au Cameroun.

Pourtant l’opposition politique camerounaise, née en 1990 en même temps que ses cousines du continent, après le discours du président Français François Mitterrand, à la conférence des Chefs d’État et de gouvernements à la Baule en France en 1990, avait ces années là, montrée son dynamisme en organisant des meetings de sensibilisation au Cameroun et en Europe.

Le peuple camerounais très politisé ou du moins, qui adore la palabre politicienne était, on ne peut plus satisfait, parce que les esprits se libéraient au pays du président Paul Biya. Chaque Camerounais, signe des temps, pouvait désormais dire à souhait, ce qu’il pensait sans crainte d’être conduit directement en prison, comme c‘était souvent le cas dans des années 1970. 

Mais, le peuple camerounais va vite déchanté : plus des années passent, plus de partis politiques d’opposition poussent dans de villes du Cameroun comme des champions. Aujourd'hui il y a plus d'une cinquantaine de partis politiques de l'opposition dans  le pays de Mongo Béti, célèbre opposant et écrivain de talent d’Afrique noire.

Seul problème et non des moindre, les représentants de ces partis politiques d’opposition n’ont ni formation ni une idéologie politique confirmée, ils sont opposants sans grande convictions et pensent bien battre Paul Biya, président en exercice à l’aide des phrases philosophiques et non par un projet politique ambitieux pour un Cameroun en développement. 

Une impuissance politique que le peuple camerounais constate à chaque consultation nationale et en particulier lors de l’élection présidentielle du pays. Sans le vouloir ou peut-être en cachant bien son « double jeu, c'est à dire opposant le jour et la nuit on va cherché des enveloppes d'argents au Palais ». En tout cas, l’opposition politique camerounaise, participe activement à la réélection présidentielle sans fin de Paul Biya. La présidentielle camerounaise de 2011, par exemple a montré, quelques-unes des faiblesses réelles de l’opposition camerounais à chaque élection présidentielle :

Première faiblesse : l’absence de charisme de ses chefs, aurait pu obligée ces derniers de se soumettre à une primaire, c’est-à-dire aux voix de leurs sympathisants, afin de désigner le plus présidentiable en 2011– presentable ! - d’entre eux.

-Seconde faillesse: l’absence de projet d’alternance de ces chefs, plus généralement, la confusion de leurs idées quand, elles ne sont pas contradictoires et irréalistes.

LE CANDIDAT NATUREL CONTRE CANDIDATS SYNTHÉTIQUES !

Dans ses conditions les candidats synthétiques de cette opposition camerounaise qui avaient, pendant cette campagne présidentielle 2011, réussies à se faire la guerre, d’abord contre eux-mêmes, était comparable au tissu du même nom : faux, pas naturel, fabriqué.
Le contraire de Paul Biya, dont la candidature rappelait quelques évidences: D’abord c’est un homme politique d'expérience quand bien même celle-ci ne lui a pas permis de développer fortement le Cameroun depuis trente six ans de pouvoir sans partage.

Réputé pour ses qualités dans l’adversité, président sortant et président du rdpc, son parti politique majoritaire au pays, qui s’est présenté à cette présidentielle camerounaise 2011, et non les représentants des candidats synthétiques, empesés par leurs dogmes et leurs haines intestines.

C’est ensuite un président dans l’action qui, a fait ses preuves sur la scène internationale, dans la pire tempête du conflit frontalier qui opposait, le Cameroun et le Nigéria sur l'Île de Bakassi, et non "d'impétrants"  vivant dans leurs illusions de leurs impossibles promesses politiques.

Le caractère naturel de cette présidentielle camerounaise de 2011, avait augmenté les chances de Paul Biya, président sortant.

Le sentiment que l’antibiyayïsme pouvait laisser place à des alternatives a vécu: la violence des crises internationales, a finie par doucher l’espoir des aspirants en dissidences. 

Pour faire entendre quelles differences ?

Avec quels moyens ? 

C’est pour dire clairement que l’opposition camerounaise d’aujourd’hui doit se donner les moyens, pour jouer pleinement son rôle en faveur d’une alternance politique apaisée au Cameroun en 2018.

Si tel n’est pas le cas à la présidentielle camerounaise 2018, force est de croire qu’aucun candidat synthétique de l’opposition camerounaise d’hier et d’aujourd’hui, ne pourra pas battre démocratiquement Paul Biya, qui, visiblement ambitionne de finir ses mandats futurs.

Problème, personne au Cameroun ne sait jusqu’en quelle année, les mandats futurs de Paul Biya prendront fin. Dans ces conditions, comment voulez-vous que je me taise ?
Docteur Mathieu Mbarga-Abéga, Journaliste Politique et Écrivain

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